Chef designer

Claude Auchu a contribué à faire de lg2 l'une des agences de création les plus primées au Canada.

9 Avril 2018 à 15H31

Série «Sur le terrain»
Des diplômés de l'UQAM qui ont fait leurs preuves répondent à 10 questions sur leur univers professionnel.

Le designer Claude Auchu. Photo: Geneviève Caron

Depuis 25 ans, Claude Auchu (B.A. design graphique, 1992) se passionne pour tout ce qui touche la création en design. Chargé de cours à l'École de design, il est président exécutif du Conseil d'administration et chef du studio de design de lg2, la plus grande agence indépendante de création au Canada, avec des bureaux à Montréal, Toronto et Québec. Créée en 1991 et comptant aujourd'hui quelque 250 employés, lg2 offre des services intégrés de communication-marketing: design, publicité, architecture, productions numériques, etc.

Claude Auchu a reçu plusieurs prix lors de compétitions nord-américaines et internationales. En 2017, le magazine Infopresse l'a nommé l'une des 10 personnalités de l'année et le magazine canadien Strategy l'a désigné comme l'un des meilleurs directeurs de création au pays. Il a agi à titre de président et membre du jury dans le cadre de nombreux événements, comme les Marketing Awards et le Festival international de créativité de Cannes.

Sous sa supervision, l'équipe de design de lg2 a recueilli plus de 400 prix, tant à l'échelle nationale qu'internationale, incluant 3 Lions à Cannes et  de nombreux prestigieux prix Clio Design. Elle a aussi été reconnue comme le meilleur studio de design canadien pour l'année 2017 par l'Advertising and Design Club of Canada (ADCC). Depuis les cinq dernières années, lg2 est l'agence la plus primée au concours de design graphique Grafika.

Quelle est la plus grande qualité pour être heureux dans votre domaine?

Il faut faire preuve d'empathie pour être capable de travailler en équipe et pour comprendre les besoins des clients et des consommateurs. Il faut aussi être créatif, présenter des idées différentes, originales, quitte à faire sortir les gens de leur zone de confort. Et pour défendre ces idées, on a besoin d'une bonne dose de courage.

Votre plus grande réussite?

Ça peut sembler niaiseux, mais c'est d'être heureux de venir chaque matin travailler au bureau. Même après 25 ans, je continue d'apprendre. Malgré la pression et le stress associés à mon métier, nous sommes parvenus à lg2 à créer un environnement de travail plaisant, susceptible d'attirer les meilleurs talents au Québec.

Un faux pas qui vous a servi de leçon?

Des faux pas, j'en ai commis quelques-uns. Je me souviens d'avoir fait des présentations à des clients sans être certain d'avoir une bonne solution à leur proposer. Résultat: je n'ai pas réussi à les convaincre. Cela m'a appris l'importance de suivre son instinct.

Un bon coup d'un compétiteur que vous auriez aimé faire?

Je pense à la sculpture baptisée Fearless Girl, conçue par l'agence McCann New York, en collaboration avec State Street Global Advisors. Cette œuvre audacieuse a été installée l'an dernier dans  le quartier de Wall Street, dans le cadre de la Journée internationale des femmes. La sculpture, qui représente une fillette, mains sur les hanches et la tête haute, fait face à la statue du Charging Bull (taureau en train de charger). Exprimant une attitude de défi à l'égard des bonzes de la finance, elle vise à interpeller les passants et à réclamer la présence d'un plus grand nombre de femmes au sein des conseils d'administration des entreprises.

La dernière tendance dans votre secteur?

L'innovation, basée sur la co-création et la collaboration. Cela concerne non seulement les produits, mais aussi le service à la clientèle et l'environnement de travail. À lg2, nous avons même créé une cellule innovation que dirige Anne-Marie Leclair. Son rôle consiste à conjuguer les différentes expertises au sein de l'agence.

Et ce qui est définitivement dépassé?

Penser en silo, croire que l'on peut être le seul propriétaire d'une idée. Il n'existe pas de recette unique ou préfabriquée. En design et en communication, le passé n'est pas nécessairement garant de l'avenir.

Sur la scène nationale ou internationale, qui est l'influenceur de l'heure?

Plusieurs personnes m'inspirent pour leur esprit avant-gardiste et leur énergie. Je pense, par exemple, à Sophie Kleber, directrice exécutive à l'agence Huge de New York, ou à Tim Cook, directeur général d'Apple.

Nommez une étoile montante qui vous inspire

J'ai eu la chance de rencontrer Tim Allen, aujourd'hui associé de Microsoft, qui a été le président de Wolff Olins North America, une boîte réputée en design. Pour le magazine d'affaires américain Fast Company, il  a été l'un des créateurs les plus en vue sur la scène du design en 2017.

Quel est le livre qu'il faut lire en ce moment?

Je lis beaucoup de magazines spécialisés en design et en communication, comme Monocle, qui parle aussi bien d'affaires internationales, de design que de culture. Mais quand j'ai besoin de décrocher, je me tourne vers des essais. En ce moment, je lis Le peuple rieur de l'anthropologue Serge Bouchard, un hommage à ses amis innus.

Les deux principaux conseils que vous donneriez à un jeune qui commence sa carrière?

Quand on envisage une carrière dans le monde où j'évolue, le choix le plus important est celui du cœur. On doit se tourner vers les projets qui nous intéressent, vers les boîtes et les créateurs qui nous inspirent. Puis, il faut être tenace, cogner aux portes, recommencer, recommencer… et y croire!

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