Décès d'une pionnière

Martine Époque a apporté une contribution inestimable à la danse contemporaine.

24 Janvier 2018 à 11H15

Martine Époque est à l'origine d'importantes réalisations tant dans le milieu professionnel de la danse que dans les sphères universitaire et technologique.Photo: Archives, Journal L'UQAM (2001)

Martine Époque, professeure émérite au Département de danse, est décédée le 19 janvier dernier à l’âge de 76 ans. Femme de projets, elle est à l’origine d'importantes réalisations tant dans le milieu professionnel de la danse que dans les sphères universitaire et technologique.

Diplômée du Conservatoire de musique, de danse et d’art dramatique de Toulon (1956) et de la Schola Cantorum de Paris (1965), Martine Époque s’établit au Québec en 1967 afin de créer une mineure en danse et rythmique à l'Université de Montréal. L’année suivante, elle fonde Groupe Nouvelle Aire, l’une des premières compagnies de danse contemporaine au Québec. De 1968 à 1981, elle signe une trentaine d'œuvres dont Amiboïsmes (1970), De Profundis (1971), Diallèle (1975), Fil d’images (1979) et La trilogie de la montagne (1980). Groupe Nouvelle Aire constitue une pépinière de créateurs et d'interprètes qui marquent la danse contemporaine tels que Louise Lecavalier,  qui vient de recevoir un doctorat honorifique de l'UQAM, Ginette Laurin (B.A. danse, 1993), Paul-André Fortier, Daniel Léveillé et Édouard Lock. «Ce groupe a donné une structure à la danse contemporaine au Québec, affirme Manon Levac, directrice du Département de danse. C’était un lieu d’effervescence pour la danse à une époque effervescente.»

En 1980, Martine Époque se joint au Regroupement théâtre et danse de l’UQAM à titre de professeure. Elle y fonde le Département de danse en 1985 et joue également un rôle déterminant dans la création du programme de maîtrise en danse, dans la fondation de l'Agora de la danse et dans la conversion de l'ancien Pavillon Latourelle en lieu dédié exclusivement à la danse. Elle fonde également la Passerelle 840, un laboratoire-galerie de recherche et de création destiné aux étudiants en danse de l'Université. 

À partir des années 1990, la démarche chorégraphique de Martine Époque se greffe à une recherche technologique. Elle crée alors une série d'œuvres intégrant des images analogiques et numériques à l'action scénique et développe un concept de projection sur décors-écrans. Avec son mari, le réalisateur et infochorégraphe Denis Poulin, elle fonde, en 1999, le Laboratoire de recherche-création en technochorégraphie (LARTech). Elle met ensuite à profit le développement d’un logiciel de traitement du geste pour créer la pièce Tabula Rasa, première danse numérique 3 D interprétée par une danseuse virtuelle. Son film CODA: le final du Sacre du printemps 3D a été primé à de nombreuses reprises au Québec et à l'étranger.

Au cours de sa carrière, Martine Époque a reçu de nombreux prix et distinctions, dont le Prix Denise-Pelletier en arts d'interprétation et le Prix de la création de l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Elle a été nommée professeure émérite de l’UQAM en 2008. «C’était une femme d’idées, de cœur et de tête, souligne Manon Levac. Elle a su donner forme à ses rêves et à ses visions. Sa contribution à la création chorégraphique, à la recherche et aux créations numérique est inestimable.»

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