Magda Fusaro au CORIM

La rectrice a prononcé un discours sur l'UQAM, un acteur incontournable à l'international.

6 Avril 2018 à 9H49

La rectrice a prononcé un discours sur l'UQAM, un acteur incontournable à l'international.
Photo :Nathalie St-Pierre

La rectrice de l'UQAM, Magda Fusaro, a prononcé un discours à l'invitation du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) devant quelque 300 personnes réunies pour l'occasion, le 5 avril, à l'hôtel Bonaventure. Présentée par Bernard Derome, président de l'Institut d'études internationales de Montréal et ancien chef d'antenne à Radio-Canada, la rectrice a défendu avec chaleur et dynamisme le rôle de l'Université dans un discours intitulé «L'UQAM, un acteur incontournable à l'international. Enjeux prospectifs du local vers le mondial». Avec une présentation assistée par ordinateur haute en couleur, des témoignages vidéo d'étudiants et même une transmission en direct de chercheurs et d’une cadre qui ont illustré l'apport de l'UQAM au développement international, on peut dire que la rectrice en a mis plein la vue.

De nombreuses personnalités s'étaient déplacées pour l'entendre, dont M. Pierre Lemonde, p.d.g. du CORIM, Mme Maria Mourani, déléguée du Québec à l'UNESCO, Mme Nathalie Maillé, présidente du C.A. de l'UQAM, M. Jean-Marc Eustache, chef de la direction de Transat et président du C.A. de la Fondation de l'UQAM, M. Rémi Quirion, Scientifique en chef du Québec, et les chefs d'établissement ou hauts dirigeants de nombreuses universités et entreprises québécoises.

La rectrice a prononcé un discours en trois temps, «à l'image d'une valse», comme elle l'a elle-même noté avec humour. Dans un premier temps, elle a parlé de la mobilité étudiante. Elle a ensuite abordé la contribution de l'UQAM au rayonnement de Montréal comme ville universitaire et cité internationale, à travers de nombreux exemples sur le plan du développement économique, culturel ou scientifique. Finalement, la rectrice, ancienne titulaire de la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement, a rappelé  les objectifs de développement durable de l'UNESCO pour 2030, en soulignant l'important travail accompli par les universités, dont l'UQAM, pour atteindre ces objectifs.

Premier temps de la valse: la mobilité étudiante

«J'ai eu l'immense bonheur d'arriver au Québec comme ces étudiants étrangers dont nous allons parler aujourd'hui», a confié Magda Fusaro à son auditoire. Si certains perçoivent surtout l'UQAM comme une université locale et francophone, l'Université se distingue aussi par son accueil des étudiants étrangers, a insisté la rectrice, observant qu'ils sont plusieurs milliers à étudier sur le campus cette année. «Après les Français, devinez quelle est la nationalité la plus représentée à l'UQAM? a demandé Magda Fusaro à son auditoire. Cela va vous étonner: ce sont les Chinois qui arrivent en deuxième position.» Une capsule vidéo d'étudiants étrangers qui fréquentent le campus est venue appuyer son propos. Par leurs témoignages, ces étudiants d'origine africaine, latino-américaine, asiatique ou européenne montraient à la fois la diversité de la communauté étudiante uqamienne et la force d'attraction de l'UQAM à l'étranger, que celle-ci soit fondée sur la qualité de ses programmes, de son accueil personnalisé ou sur la situation de son campus au centre-ville.

« Après les Français, devinez quelle est la nationalité la plus représentée à l'UQAM? Cela va vous étonner: ce sont les Chinois qui arrivent en deuxième position.»

«L'UQAM se distingue aussi par le nombre de ses partenariats internationaux», a fait valoir Magda Fusaro, citant les quelque 400 ententes que l'Université a conclues avec des établissements dans plus de 60 pays. «L'UQAM a aussi mis de l'avant des initiatives originales pour attirer et soutenir les étudiants étrangers, a ajouté la rectrice, notamment son programme d'exemption des frais de scolarité majorés pour les étudiants au doctorat étrangers, mais aussi des activités de découverte de Montréal, de jumelage et de parrainage du temps des Fêtes.»

Si l'UQAM accueille des étudiants étrangers en grand nombre, elle contribue également à leur formation par ses programmes exportés à l'international. «Le programme de MBA pour cadres de l'ESG est aujourd'hui diffusé dans plus de 10 pays et contribue au rayonnement de l'UQAM, a souligné la rectrice. Le Canadian Executive MBA en Pologne est l'un des plus réputés en Europe centrale et orientale.»

Au chapitre de la mobilité étudiante, Magda Fusaro a aussi parlé des écoles d'été que l'UQAM organise sur quatre continents et de la mobilité de groupe, qui permet à des classes d'étudiants de se rendre en Finlande et en Suède pour mieux comprendre le développement durable, au Brésil pour étudier le fonctionnement des écosystèmes ou encore en Chine pour améliorer leurs compétences en gestion de projet. Elle a aussi mentionné le programme Kakehashi, grâce auquel des étudiants de l'UQAM ont pu aller étudier dans de grandes universités nippones et qui a permis de recevoir ici des étudiants japonais.

«Notre talon d'Achille demeure la mobilité sortante, a toutefois admis la rectrice. Ce n'est pas propre à l'UQAM puisque seulement 2,3% des étudiants canadiens vont à l'étranger. Les universités doivent travailler pour améliorer cette situation et, pour cela, l'aide des gouvernements est très importante.»

Deuxième temps: Montréal, ville universitaire et cité internationale

«Où se trouve le premier incubateur en tourisme, culture et divertissement à Montréal?» a interrogé Magda Fusaro, faisant référence au MT Lab situé à l'UQAM. Continuant sur cette lancée, la rectrice a évoqué des réalisations telles que l'illumination du pont Jacques-Cartier, les spectacles du cirque Les 7 doigts de la main ou l'installation Bleu de bleu, auxquelles ont contribué des Uqamiens et qui participent au rayonnement international de Montréal.

La rectrice a poursuivi son discours en mentionnant les nombreux honneurs reçus par des Uqamiens sur la scène internationale. Elle a aussi souligné les partenariats que l'UQAM a tissés avec des organismes tels que C2 Montréal, l'OACI, le PQDS, BAnQ, le Quartier de l'innovation ou Tourisme Montréal. «L'UQAM, a-t-elle rappelé, est l'hôte de l'Institut d'études internationales de Montréal, qui fête ses 15 ans cette année, ce qui montre l'importance que notre institution accorde à l'international. Elle abrite aussi l'Institut des sciences de l'environnement, dont les recherches, ancrées dans le local, rayonnent vers l'international.»

«L'intelligence artificielle comporte des aspects humains, sociaux, éthiques et économiques très importants, auxquels les chercheurs de l'UQAM s'intéressent de près.»

Parmi les initiatives stratégiques auxquelles participe l'UQAM et qui renforcent son positionnement par rapport aux grands enjeux internationaux, Magda Fusaro a cité le Réseau de recherches sur le numérique et HumanIA, qui se consacre à l'intelligence artificielle. «L'intelligence artificielle comporte des aspects humains, sociaux, éthiques et économiques très importants, auxquels les chercheurs de l'UQAM s'intéressent de près», a fait valoir la rectrice. Elle a aussi évoqué le rôle du Centre de recherche et d'expertise interdisciplinaire sur la résilience, les risques et les catastrophes, lequel conduit des recherches cruciales au regard des changements climatiques.

Troisième temps: objectifs de développement durable de l'UNESCO

Les objectifs de développement durable (ODD) de l'UNESCO  pour 2030 couvrent de vastes domaines, a observé Magda Fusaro: de la santé à l'éducation de qualité, en passant, entre autres, par l'égalité entre les sexes, la réduction de la pauvreté, l'énergie, la consommation responsable, les villes et les communautés durables, la paix et la justice. «Nous avons à peine 15 ans pour traiter de ces 17 objectifs, a fait remarquer la rectrice. Pourquoi les universités doivent-elles jouer un rôle? Parce que c'est nous qui avons les expertises pour trouver des solutions à ces enjeux.»

L'UQAM est un partenaire majeur de l'UNESCO, et cela depuis les années 1990, a indiqué la rectrice. «Nous sommes d'ailleurs l'université qui abrite le plus de chaires UNESCO.» L’étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique, les systèmes éducatifs en contextes d’urgence, de reconstruction et de développement, la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents ne sont que quelques-uns des sujets touchés par ces chaires. L'UQAM, a-t-elle rappelé, est aussi le siège d'ORBICOM, le réseau des chaires UNESCO en communication, qui regroupe des dizaines de chercheurs à travers le monde.

« Tout part du local. C'est à l'échelle locale que nous lançons les initiatives qui se développent ensuite vers le national, puis vers l'international.»

Pour intervenir sur des enjeux aussi vastes que ceux couverts par les ODD de l'UNESCO, Magda Fusaro estime qu'il faut partir du local. «Tout part du local, a-t-elle dit. C'est à l'échelle locale que nous lançons les initiatives qui se développent ensuite vers le national, puis vers l'international. Ainsi, les travaux de Line Chamberland sur les communautés LGBTQ, entrepris avec des organismes du milieu, ont maintenant des répercussions dans le Nord du Québec. Les recherches de Brian Mishara sur la prévention du suicide ont des ramifications jusqu'en Chine. Les services gratuits que nos étudiants en droit offrent à travers la Clinique internationale de défense des droits humains (CIDDHU) permettent de venir en aide à des victimes à travers le monde.»

Pour illustrer encore davantage ce que l'Université peut faire pour contribuer à l'atteinte des objectifs de développement durable, la rectrice a mis à contribution, grâce à la magie du direct, deux chercheurs et une cadre de l'UQAM dont les initiatives, amorcées à l'échelle locale, ont connu des retombées internationales. Installés au MT Lab, Marc-Antoine Vachon, professeur au Département de marketing de l'ESG UQAM et cotitulaire de la Chaire de tourisme Transat, Yves Prairie, professeur au Département de sciences biologiques et titulaire de la Chaire UNESCO en changements environnementaux à l’échelle du globe, ainsi qu'Anne Bourgeois, directrice, acquisition et traitement des ressources documentaires au Service des bibliothèques, ont à tour de rôle parlé de leurs projets touchant des innovations économiques, l'empreinte de carbone des lacs et rivières et un cours sur les compétences informationnelles qui les ont menés à des collaborations en Chine, en Guadeloupe, en Guyane française ou en Haïti.

«On voit que ces projets permettent de développer de nouveaux modèles d'affaires, de fournir des outils de développement durable utiles à la société ici et partout dans le monde ou de contribuer à une éducation de qualité et à la réduction des inégalités», a souligné la rectrice.

« Internationaliser, ce n'est pas mondialiser. Le travail qu'a fait le Québec pour la protection de la diversité culturelle a été majeur et montre que c'est dans la différence que nous nous enrichissons.»

«Internationaliser, a-t-elle insisté en conclusion, ce n'est pas mondialiser. Le travail qu'a fait le Québec pour la protection de la diversité culturelle a été majeur et montre que c'est dans la différence que nous nous enrichissons. Cette différence doit être partagée et véhiculée. Elle ne devrait pas rester l'objet de quelques clubs d'élite. À ne prioriser qu'une forme de recherche ou une forme d'internationalisation, je pense que nous manquerions l'objectif qui rejoint l'ensemble des universités.»

Selon Magda Fusaro, il faut se donner les moyens de nos ambitions et miser sur les universités afin de relever les défis soulevés par les objectifs de développement durable de l'UNESCO. «Dans l'histoire de l'humanité, 2030, c'est demain matin, a-t-elle rappelé. Il nous reste peu de temps. Mais à l'UQAM, nous n'avons pas qu'une idée pour faire face à tous ces enjeux. Nous en avons 100 millions.»

C'est le président du C.A. de la Fondation de l'UQAM, Jean-Marc Eustache, qui a été invité à remercier la rectrice pour son discours. «Merci, madame Fusaro, de nous avoir montré l'UQAM sous un nouveau jour, a-t-il déclaré. Au nom du CORIM, merci de votre message stimulant qui nous invite à nous dépasser. J'espère que vous recevrez toute l'aide dont vous avez besoin pour réaliser vos ambitions.»

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