Gare à la relâche !

Une étude lève le voile sur les taux élevés d'abandon aux cours de gym.

20 Février 2018 à 10H52

Photo:iStock

Cardio tonus, Pilates, Step, Power yoga, Cardio tae-boxe, Zumba et autres Abdos-fesses-cuisses, la variété de cours de groupe offerts par les centres d'entraînement publics et privés reflète un engouement qui ne se dément pas. «L'entraînement en groupe est très populaire, confirme la kinésiologue Monique Gilbert (M.Sc. kinanthropologie, 2017), mais les taux d'abandon – environ 50 % après 6 mois – sont très élevés.»

Enseignante de Pilates depuis de nombreuses années dans la grande région de Montréal, Monique Gilbert s'est intéressée dans le cadre de sa maîtrise à la participation aux cours de groupe chez les adultes québécois. Elle vient de publier dans BMJ Open Sport and Exercise Medecine un article résumant son mémoire, rédigé sous la direction de la professeure Kelsey Dancause.

Monique Gilbert forme depuis plusieurs années les animateurs (ou instructeurs) de cours de groupe. «Ceux-ci manquent souvent de connaissances et d'outils afin de bien cerner les difficultés qu'éprouvent les participants en cours de session, dit-elle. Or, ces difficultés ont un impact direct sur leur perception du cours et, éventuellement, sur leur décision de s'y réinscrire ou non.»

«Afin d'encourager l'intégration dans le groupe, j'apprends les noms de tous les participants et je les présente les uns aux autres.»

Monique Gilbert

Kinésiologue

Pour mener sa recherche, Monique Gilbert a eu accès aux bases de données de l'entreprise Cardio Plein-Air et à celles de la Ville de Boucherville. Son échantillon comptait 463 adultes qui ont rempli une demi-douzaine de questionnaires portant sur leurs perceptions des cours suivis, sur les obstacles rencontrés et les bénéfices ressentis.

Les participants ont accepté de remplir les questionnaires à quatre reprises – deux fois pendant la session et deux fois après la fin du cours, soit trois mois et six mois plus tard –, ce qui a permis de mieux comprendre les facteurs ayant influencés la réinscription ou l'abandon des cours. «Nous avons également interviewé une dizaine de participants afin de vérifier certaines variables et de corroborer nos données statistiques», note la chercheuse.

S'impliquer tôt

Monique Gilbert a identifié trois facteurs ayant un lien direct avec la persévérance et/ou la réinscription aux cours d'une session à l'autre. «Plus les gens se rapprochent de la moyenne d'âge du groupe, plus ils s'y réinscrivent», a d'abord constaté la chercheuse. «On peut penser que le sentiment d'appartenance à un groupe est plus facile à développer lorsqu'on est en présence de gens du même âge», souligne-t-elle.  

La chercheuse a aussi observé que la cohésion du groupe et la volonté des participants de s'intégrer à la dynamique créée par l'instructeur a un impact direct sur la réinscription. «Le lien d'attachement au groupe dépend du climat créé et il faut laisser une bonne place au plaisir et au sentiment d'accomplissement», note-t-elle. Il n'est pas ici question de développer des relations amicales avec les autres participants, bien que cela ne soit pas exclu, mais d'éprouver du plaisir à participer au cours avec les autres. «Afin d'encourager l'intégration dans le groupe, j'apprends les noms de tous les participants et je les présente les uns aux autres. Je leur transmets les objectifs de la session et le contenu des prochains cours, et j'aime bien les faire travailler en équipe afin qu'ils développent des liens entre eux», ajoute-t-elle.

«Les gens qui partent en vacances et qui ratent des cours ont de la difficulté à revenir par la suite et ils sont nombreux à abandonner.»

Il est également important de débuter la session en force, a constaté la chercheuse. «Ceux qui participent activement aux séances dans les premières semaines sont ceux qui sont le plus susceptibles de rester fidèles à l'entraînement, même six mois plus tard», révèle-t-elle. Partir du bon pied motiverait donc les troupes!

Elle a été étonnée de relever que la principale raison donnée pour abandonner un cours n'est pas la maladie, ni même les blessures, mais plutôt… les vacances ! «Les gens qui partent en vacances et qui ratent des cours ont de la difficulté à revenir par la suite et ils sont nombreux à abandonner», explique-t-elle.

Conclusion? Pour les animateurs de cours de groupe, c'est une bonne idée de sensibiliser leurs participants à l'importance d'être assidus en début de session et de ne pas laisser les vacances miner leurs bonnes résolutions. Une question à méditer en vue de la semaine de relâche…

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