Une chaire sur les violences sexuelles

Le gouvernement du Québec annonce un financement de 500 000 $ pour un projet de chaire sur les violences sexuelles dans le milieu de l’enseignement supérieur.

22 Août 2018 à 10H18

Ce projet a pour but de contribuer à la compréhension et à la prévention des violences sexistes et sexuelles dans le milieu de l’enseignement supérieur. Image: Istock

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David, a annoncé l’attribution d’un financement de 500 000 $ à l’UQAM pour soutenir la mise sur pied d’une chaire de recherche interdisciplinaire et intersectorielle sur la violence sexuelle en milieu d’enseignement supérieur. L’aide financière s’échelonnera sur cinq ans à raison de 100 000 $ par année.

Cette annonce s’inscrit dans la lignée des actions entreprises dans le cadre de la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles 2016-2021 et de la Stratégie d’intervention pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur 2017-2022.

La visée ultime de cette chaire de recherche, dont la titulaire pressentie est Manon Bergeron, professeure au Département de sexologie, sera de contribuer à la compréhension et à la prévention des violences sexistes et sexuelles dans le milieu de l’enseignement supérieur.

«Les violences sexuelles sont inacceptables et nous ne pouvons pas tolérer qu’elles affectent les milieux de l’enseignement supérieur, qui doivent demeurer sains et sécuritaires, a déclaré la ministre Hélène David. L’investissement annoncé aujourd’hui témoigne une nouvelle fois de la volonté de notre gouvernement d’agir en amont du problème, pour prévenir et contrer ces actes répréhensibles. Le caractère innovateur de la chaire permettra sans aucun doute d’élargir notre vision en ce qui concerne cette importante problématique et de consolider la position de chef de file du Québec dans ce domaine.»

«La création de cette chaire s’inscrit dans un contexte marqué par des actions collectives très fortes qui feront changer notre compréhension des violences à caractère sexuel dans les milieux de l’enseignement supérieur, a pour sa part mentionné la rectrice Magda Fusaro. Combattre ces violences constitue certes un impératif éthique, voire moral. Je crois toutefois que les meilleures stratégies sont celles qui visent à mettre en œuvre des mesures de prévention, ce qui est, justement, l’un des objectifs de la chaire. Grâce à l’expertise développée par Manon Bergeron, et avec cet appui du gouvernement, la chaire contribuera, j’en suis certaine, à l’amélioration des conditions de vie, de travail et d’études, dans l’ensemble des collèges et universités.»

Manon Bergeron est responsable de l'équipe ESSIMU, qui a réalisé, en 2016, la première enquête sur les violences sexuelles en milieu universitaire. Plus de 9 200 personnes, dont 70% d'étudiants, ont participé à l'enquête, qui a documenté au moyen d'un questionnaire en ligne les manifestations de violences sexuelles dans six universités francophones, dont l'UQAM. En mai dernier, l'équipe d'ESSIMU a organisé à l'UQAM un premier symposium canadien sur les violences sexuelles en milieu d'enseignement supérieur. L'événement visait à créer des ponts entre les chercheuses et chercheurs des milieux francophones et anglophones, et entre les collèges et les universités.

La mission de la nouvelle chaire consistera à favoriser la mobilisation des expertises québécoises pour la production de nouveaux savoirs dans le domaine des violences sexistes et sexuelles, d'évaluer les pratiques de prévention et d’intervention tout en considérant les enjeux particuliers de certains groupes sociaux plus susceptibles de subir ce type de violence dans les milieux d'enseignement supérieur, de soutenir la formation de chercheuses et de chercheurs dans le domaine et de favoriser la diffusion et la mobilisation des connaissances auprès de la population, des établissements d’enseignement supérieur et des milieux de pratique, à l’échelle québécoise, canadienne et internationale.

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