Jacques Blondel, défenseur de la biodiversité

Le spécialiste de la biogéographie reçoit un doctorat honoris causa  pour la qualité de son œuvre scientifique.

6 Décembre 2018 à 12H32

Normand Séguin, doyen de la Faculté des sciences, Jacques Blondel, Magda Fusaro, rectrice de l'UQAM. Photo: Alexis Aubin

L’UQAM a décerné un doctorat honorifique au professeur français Jacques Blondel, sur la recommandation de sa Faculté des sciences. Par ce geste, l'Université veut  reconnaître les contributions remarquables du chercheur à la biogéographie de l'évolution, à l'écologie et à l'épistémologie des sciences de la vie. Cette distinction lui a été remise le 5 décembre dernier, à l'occasion de la collation des grades de la Faculté des sciences.

Né à Dijon, en France, Jacques Blondel est directeur de recherche émérite au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Montpellier. Il a mené une carrière de plus de 40 ans à titre de chercheur et d'enseignant en écologie et en ornithologie ainsi que d'expert des milieux méditerranéens.

Le professeur a développé très jeune une passion pour les oiseaux. Au cours de ses études de licence en sciences naturelles, à Dijon, et de son service militaire, effectué dans le Sahara, il multiplie les observations ornithologiques et développe un intérêt pour la recherche. En 1963, il est admis au CNRS, puis soutient sa thèse d’État à l’Université de Dijon sur les aspects écologiques et évolutifs des migrations d’oiseaux dans l’aire méditerranéenne. Le CNRS le nomme alors directeur du Centre d’écologie de Camargue. Il mène ensuite ses recherches à l’Institut botanique, puis au Centre d’études phyto-sociologiques et écologiques de Montpellier. C’est là qu’il explore les problématiques de biologie évolutive des populations d’oiseaux, notamment des mésanges, selon différentes échelles spatiotemporelles.

Face à la diminution des populations d’oiseaux et à la dégradation des écosystèmes, le chercheur s'engage en faveur de la protection de la nature. Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, marque un tournant dans sa réflexion. Jacques Blondel devient alors un acteur important sur la scène internationale de la reconnaissance de la biodiversité qu'il cherche à faire inscrire sur la liste des priorités politiques.

Ses nombreuses publications ont contribué à la diffusion, auprès de la communauté scientifique francophone, d’idées et de concepts scientifiques contemporains en écologie et en biogéographie évolutive. Son ouvrage L’Archipel de la vie, paru en 2012, fait prendre conscience à un large public de la nécessité de repenser les liens entre les humains et la nature. À forte teneur philosophique, cet ouvrage explique les problèmes reliés à la crise de la biodiversité – qui n’est pas uniquement écologique, mais aussi sociale, économique, morale et politique. Jacques Blondel poursuit cette démarche en 2018 en publiant, avec son collègue Jean-François Desmet, Des oiseaux et des hommes: fonctions écologiques et services écosystémiques

Le chercheur a reçu plusieurs prix et distinctions au cours de sa carrière, dont la Médaille d’argent du CNRS, en 1980, un doctorat honorifique de l’Université de Louvain, en 2003, et le Grand Prix de la Société française d’écologie, en 2009. Il a siégé à de nombreux conseils d’administration, conseils scientifiques, jurys et comités d’évaluation. Président de l’Union des ornithologues européens, il est aussi membre de l’Academia Europaea et du conseil scientifique du Patrimoine naturel de la biodiversité.

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