Réinvestissement historique

La Direction de l'UQAM se réjouit du budget fédéral, qui fait la part belle à la recherche universitaire.

28 Février 2018 à 17H24

Illustration: iStock

Le budget fédéral 2018 déposé le 27 février par le ministre des Finances Bill Morneau annonce des investissements majeurs en science et en recherche universitaire totalisant près de 4 milliards de dollars sur cinq ans. «Au cours des trois prochaines années, il y aura 25 % de réinvestissement dans la recherche fondamentale. C'est du jamais vu!», se réjouit Catherine Mounier, vice-rectrice à la Recherche et à la création.

«Les budgets supplémentaires consentis à la recherche bénéficieront à l'ensemble de la population, à l'échelle québécoise, canadienne et internationale, affirme Magda Fusaro, rectrice de l'UQAM. C'est par la recherche que nous pourrons améliorer la qualité de vie et répondre aux enjeux les plus pressants tels que le développement durable, les changements climatiques, l'innovation sociale et le vieillissement. Le financement de la recherche internationale et de la recherche interdisciplinaire, où l'UQAM est d'ailleurs très active, est également une nouvelle des plus positives.»

Ce réinvestissement historique s'inscrit dans la foulée du rapport déposé l'an dernier par le Comité consultatif sur l'examen du soutien fédéral à la science fondamentale, auquel avait participé l'ensemble des universités canadiennes. «Le gouvernement démontre sa compréhension du lien direct entre la recherche fondamentale, l'innovation et le développement économique», souligne Catherine Mounier.

Organismes subventionnaires

Ce nouveau budget fédéral propose un financement de 925 millions de dollars sur cinq ans pour les trois organismes subventionnaires – le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (354,7 M$), les Instituts de recherche en santé du Canada (354,7 M$) et le Conseil de recherches en sciences humaines (215,5 M$). En proportion du budget de chaque organisme, le financement du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) est celui qui augmentera le plus pour l'année 2018-2019. «C'est une très bonne nouvelle pour l'UQAM puisque 80 % de nos professeurs effectuent des recherches en sciences humaines susceptibles d'être financées par le CRSH», précise Catherine Mounier.

Le gouvernement propose de créer un nouveau fonds pour les trois conseils afin de soutenir la recherche internationale et interdisciplinaire présentant des risques élevés et demandant des résultats rapides. L'administration de ce fonds, qui obtiendrait 275 millions de dollars sur cinq ans, sera confiée au CRSH.

Les conseils subventionnaires seront également chargés d'élaborer de nouveaux plans et stratégies afin d'assurer une plus grande collaboration entre le CRSH, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). L'objectif est d'appuyer la recherche interdisciplinaire afin d'atteindre une plus grande diversité parmi les bénéficiaires de ce financement, y compris un soutien accru aux femmes, aux groupes sous-représentés et aux chercheurs en début de carrière. Le budget propose d'allouer 15 millions de dollars sur cinq ans pour mettre en œuvre des programmes valorisant l'égalité et la diversité parmi les chercheurs. Ces sommes, espère-t-on, permettront de relever les défis liés à la sous-représentation et à l'avancement professionnel parmi les femmes, les Autochtones, les membres des minorités visibles, les personnes handicapées et les personnes de la communauté LGBTQ2.

Bourses pour les étudiants

Au cours de la prochaine année, le gouvernement s'engage à étudier les moyens de mieux soutenir les étudiants et la prochaine génération de chercheurs par l'intermédiaire de bourses d'études et de bourses de recherche. «Si le financement des organismes subventionnaires augmente, les montants alloués aux bourses augmenteront également. Au CRSH, par exemple, 45 % du budget est accordé en bourses pour les étudiants», illustre Catherine Mounier.

Chaires de recherches du Canada

Un nouvel investissement de 210 millions de dollars sur cinq ans est prévu pour le programme des chaires de recherche du Canada afin d'attirer et de retenir les chercheurs de pointe en début de carrière. Ce financement pourrait donner lieu, par exemple, à la création de 250 chaires supplémentaires d'ici 2020-2021. «Si le nombre de chaires augmente, toutes les universités devraient en obtenir de nouvelles, ce qui est de bon augure pour nos jeunes chercheurs et chercheuses», souligne Catherine Mounier. Le gouvernement souhaite, là encore, assurer une plus grande diversité parmi les chercheurs sélectionnés et un nombre accru de femmes nommées à des chaires de recherche du Canada.

Fonds de soutien à la recherche

Le budget Morneau propose de fournir au CRSH, qui administre le Fonds de soutien à la recherche au nom des conseils subventionnaires, un financement de 231,3 millions de dollars sur cinq ans. «Ce fonds alloue des montants aux universités afin de soutenir la recherche, en sus du financement accordé individuellement à nos chercheurs», explique Catherine Mounier.

Fondation canadienne pour l'innovation

Le montant global de 763 millions de dollars sur cinq ans qui sera accordé à la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) réjouit également la vice-rectrice à la Recherche et à la création. «Sans l'argent de la FCI, la recherche canadienne ne serait pas aussi performante, explique-t-elle. Le Fonds des leaders, par exemple, joue un rôle essentiel en permettant aux nouveaux chercheurs de développer leurs équipements de recherche.»

Le financement annoncé pour la FCI comprend un montant de 160 millions de dollars pour les installations de recherche majeures du Canada. C'est ce programme qui a permis à l'équipe menée par le professeur Daniel Kneeshaw d'obtenir récemment plus de 9,5 millions pour la création d'une infrastructure de recherche servant à étudier les effets des changements climatiques sur la dynamique de la forêt feuillue tempérée et de la forêt boréale du Québec.

Le gouvernement propose également d'établir un financement permanent de 462 millions de dollars par année pour la FCI d'ici 2023-2024. «Il s'agit d'une excellente initiative, note Catherine Mounier. Pour un organisme aussi important que la FCI, il sera précieux de connaître à l'avance les sommes qui lui seront allouées. Toutes les universités profiteront d'une telle stabilité.»

Données massives

Le gouvernement propose de fournir un financement de 572,5 millions de dollars sur cinq ans afin de mettre en œuvre une stratégie pour l'infrastructure de recherche numérique offrant aux chercheurs un accès plus ouvert et équitable en matière de ressources de calcul avancé et de données massives. «Nous supposons qu'une partie de ces sommes sera allouée au consortium Calcul Québec, dont l'UQAM fait partie, et que cela donnera à nos chercheurs une puissance de calcul accrue», souligne la vice-rectrice.

Lutte contre la violence fondée sur le sexe sur les campus

Le gouvernement propose d'accorder jusqu'à concurrence de 5,5 millions de dollars sur cinq ans à Condition féminine Canada afin de collaborer avec des intervenants à l'élaboration d'un cadre national harmonisé concernant la lutte contre la violence fondée sur le sexe sur les campus. Les établissements qui ne mettraient pas en œuvre des pratiques exemplaires contre les agressions sexuelles sur leur campus se verraient, dès 2019, retirer le financement du fédéral. À l'UQAM, tous les efforts déployés au cours des derniers mois, notamment par l'entremise du Bureau d'intervention et de prévention en matière de harcèlement, se poursuivent afin de contrer ce type d'agressions sur le campus.

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