La nuit des idées

La première édition québécoise de cet événement international se tiendra à l'UQAM.

16 Janvier 2018 à 15H37

La nuit des idées 2017 à Paris. Photo: Les Inrocks

Comment relancer le pouvoir de l’imagination? Quelles formes prend l’utopie? Quel sens peut-on donner à la créativité? Ces questions seront au cœur des discussions lors de la première édition en sol québécois de La Nuit des idées. Organisé conjointement par la Galerie de l'UQAM et le Consulat général de France à Québec, l'événement se déroulera le 25 janvier prochain, à l'Agora du pavillon Judith-Jasmin, de 19 h à 23 h. Sous le thème «L'imagination au pouvoir», il rassemblera une dizaine de personnalités issues de différentes disciplines – arts, littérature, sciences, politique – pour une soirée de réflexions et d'échanges.

«C'est l'attaché culturel du Consulat général de France à Montréal qui m'a proposé,  l'automne dernier, d'organiser cet événement, explique la directrice de la Galerie de l'UQAM, Louise Déry. Nos habitudes de travail en commun et le fait que la Galerie soit liée à l'UQAM, université du centre-ville où bouillonnent les idées, l'a incité à nous contacter.» 

Lancée par l’Institut français, à Paris, La nuit des idées est un événement international qui a lieu une fois par an, à la même date, sur les cinq continents, ralliant des milliers de participants pour une nuit de débats interdisciplinaires et intergénérationnels autour d’une thématique commune. L'an dernier, La nuit des idées a réuni le même soir, de Paris à Tokyo, en passant par Los Angeles, Stockholm et Johannesburg, centres culturels, bibliothèques, universités et grandes écoles, musées et centres d’art, cinémas, hôpitaux et lieux associatifs, autour du thème «Un monde commun». Quelque 180 000 personnes dans 80 villes ainsi que 7 millions d'internautes ont participé à cette édition.

L'imagination au pouvoir  

«L’imagination au pouvoir» est le thème qui chapeaute tous les événements et activités associés à l’édition 2018 de La nuit des idées, tant à Montréal qu'ailleurs dans le monde. «On se souviendra que "l'imagination au pouvoir" était l'un des slogans emblématiques des grandes manifestations de mai 1968 à Paris, dont on commémore le 50e anniversaire cette année», note Louise Déry.

À l'UQAM, La nuit des idées sera animée par la journaliste et écrivaine Marie-Andrée Lamontagne. Des discussions seront menées en tandem par des invités qui échangeront devant le public sur des sujets les concernant particulièrement.

Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice en France (voir encadré), s’entretiendra avec Cathy Wong (LL.B., 2008), présidente du conseil de la Ville de Montréal, au sujet de l’accès des femmes aux sphères du pouvoir et des transformations qui en découlent.

La poétesse, romancière et essayiste Nicole Brossard (B.E.S., 1971) et Martine Delvaux, écrivaine et professeure au Département d'études littéraires, bien connues pour leurs positions féministes, questionneront les ramifications du pouvoir jusque dans la langue.

Anne-Marie Ninacs (M.A. études des arts, 1997; M.A. muséologie, 1999), commissaire et professeure à l’École des arts visuels et médiatiques, discutera d’enseignement de l’art avec Alain Fleischer, professeur et directeur du Fresnoy – Studio national des arts à Tourcoing, en France. Forts de leurs expériences auprès des artistes en formation, ils parleront des élans créatifs des générations futures qui, dans quelques années, seront amenées à repenser le monde de l’art.

La journaliste et directrice du Cœur des sciences Sophie Malavoy et le directeur académique de l’Institut de l’énergie Trottier et professeur de physique à l'Université de Montréal, Normand Mousseau, réfléchiront aux grands défis qui attendent la planète dans les prochaines années et à la créativité nécessaire pour les relever.

«L'art comme lieu de réflexion et de changement, les femmes, le féminisme, les droits des minorités LGBTQ, les problèmes de l'environnement et la place du scientifique dans la société comptent parmi les sujets que ces personnalités aborderont, souligne la directrice de la Galerie. Ce sont aussi des questions qui, actuellement, préoccupent et mobilisent les jeunes.»   

Fabienne Pilon, 16 ans, prendra la parole au nom de sa génération. «Je connais cette jeune fille qui m'impressionne beaucoup par sa maturité intellectuelle et par son désir de participer aux débats sur les enjeux de notre temps, dit Louise Déry. Étudiante au secondaire, elle écrit, fait de l'improvisation théâtrale et casse cette idée reçue selon laquelle la jeunesse ne vit que dans un monde virtuel.»

Une figure militante

Ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira a été députée de Guyane à l'Assemblée nationale française, de 1993 à 2012. Figure militante de gauche, elle est l’auteure de la loi française qui reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité (2001). Alors qu’elle était ministre de la Justice, elle a aussi porté la loi sur le mariage pour tous. Au lendemain de sa démission du gouvernement socialiste pour cause de désaccord politique autour du projet de déchéance de la nationalité française, elle a publié Murmures à la jeunesse, un ouvrage visant à redonner espoir aux nouvelles générations. Son dernier opus, Nous habitons la terre, est un plaidoyer humaniste en faveur de la tolérance et de l'ouverture dans le contexte de la «crise des migrants».

Un événement global

Cette année, un plus grand nombre de villes participeront à l'événement, assure la directrice de la Galerie. «La nuit des idées de Montréal sera diffusé en direct sur le site central de l'événement à Paris.» Selon les fuseaux horaires, les échos de La nuit des idées se répercuteront un peu partout dans le monde via les réseaux sociaux.

«Cette Nuit des idées à l'UQAM est un ballon d'essai que nous lançons, dit Louise Déry. Nous espérons que d'autres acteurs à Montréal et au Québec se joindront à nous au cours des prochaines années pour répéter l'expérience, car nous aurons toujours besoin d'idées neuves et stimulantes pour penser le monde qui est le nôtre.»

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