Le documentaire au labo

Le premier laboratoire canadien voué à l'étude du documentaire voit le jour à l'École des médias.

12 Février 2018 à 10H59

Le documentaire Les raquetteurs, réalisé en 1958 par Michel Brault et Gilles Groulx, fut l'un des premiers films de cinéma direct au monde.Photo: Office national du film

Fondé par Viva Paci et Diane Poitras, professeures à l'École des médias, le Laboratoire de recherche sur les pratiques audiovisuelles documentaires (labdoc) est la première unité de recherche au Canada vouée spécifiquement à l'étude des pratiques documentaires. «Le Québec est pourtant un chef de file mondial dans ce domaine, avec une riche tradition qui remonte au cinéma direct de l'Office national du film à la fin des années 1950», observe Viva Paci.

Le collectif rassemble une quinzaine de membres dont des cinéastes, des auteurs, des professeurs de l'UQAM et d'autres universités ainsi que des étudiants aux cycles supérieurs.

Recherche et création

Diane Poitras.Photo: Anna Lupien

Le laboratoire comporte deux volets : la recherche et la création. Sur le plan de la recherche, ses membres s'intéressent aux traditions du cinéma dit «du réel», aux formes de création documentaire et aux explorations contemporaines, comme les webdocumentaires et les narrations interactives. «Le documentaire immersif, les mouvements Kino et l'éthique de l'acte filmé sont également des sujets prisés par nos étudiants», mentionne Diane Poitras.

Pour ce qui est du volet création, le laboratoire permet d'expérimenter des modes de production et de diffusion en ligne. Ses membres organisent des événements, des cycles de films et des rencontres avec des spécialistes et praticiens du documentaire tels que Philippe Marion, Natalie Bookchin ou Marco Bertozzi. «Le labdoc est un milieu d'échange pour expérimenter des idées, ouvrir des perspectives et créer des occasions de collaborations», affirme Viva Paci.

Court métrage et webdocumentaire

Deux projets de documentaires sont actuellement menés par des professeures du labdoc. L'intimité à l’ère du big data est piloté par Diane Poitras et financé par le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC). Le projet a été élaboré au sein du Groupe de recherche sur l'information et la surveillance au quotidien (GRISQ). «Au moment où les gens étalent leur vie sur toutes les plateformes, que reste-t-il d'une vie intime, d'une vie privée?», questionne la professeure. Avec l'aide d’étudiants à la maîtrise et au doctorat, elle produira une œuvre portée par différentes formes technologiques. «Nous réaliserons des courts métrages qui seront mis immédiatement en ligne, par exemple, et nous expérimenterons la réalité immersive. Nous produirons par la suite un long métrage qui pourra être diffusé dans les festivals de cinéma.»

Viva Paci.

Le deuxième projet, auquel collabore Viva Paci, vise la production du webdocumentaire Première ligne. Financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le documentaire produit en collaboration avec la Chaire Politiques, connaissances et santé de l'Université de Montréal porte autant sur l'expérience concrète des professionnels de la première ligne de soins du système de santé public québécois que sur la dimension éthique, politique et sociale de leur action.

Espace pour les étudiants

En créant le labdoc, les professeures sont ravies d'offrir une unité de recherche ouverte à tous les étudiants de la maîtrise en communication, concentration cinéma et images en mouvements. Créée en 2010, cette concentration s'adresse aux bacheliers et aux professionnels du milieu qui souhaitent approfondir les dimensions théoriques du phénomène cinématographique. «Nous accueillons une dizaine d'étudiants par cohorte, dont des étudiants étrangers, souligne Viva Paci. Ce nombre restreint d'étudiants permet un contact étroit avec des professeurs issus de la tradition académique classique et des milieux professionnels.»

Il est possible de faire une demande d'admission pour la maîtrise avant le 15 février.

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