Lancement du RIISQ

Dirigé par le professeur Philippe Gachon, le Réseau Inondations intersectoriel du Québec fédérera 16 établissements et 120 chercheurs.

13 Décembre 2018 à 10H05

Rue Cousineau, dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville, le 8 mai 2017.Photo: Exile on ONtario St

Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, a annoncé le 11 décembre dernier le lancement du Réseau Inondations intersectoriel du Québec (RIISQ), qui sera dirigé par le professeur du Département de géographie Philippe Gachon, titulaire de la Chaire de recherche sur les risques hydrométéorologiques liés aux changements climatiques et directeur du comité scientifique de l'Institut des sciences de l'environnement. Le RIISQ est soutenu financièrement par les Fonds de recherche du Québec à raison de 500 000 dollars par année sur trois ans pour une enveloppe globale de 1,5 million de dollars.

«Les inondations constituent l'enjeu majeur lié aux changements climatiques, à cause de leurs coûts économiques et humains, rappelle Philippe Gachon. Tous désastres naturels confondus, ce sont les inondations qui coûtent le plus cher et qui monopolisent la plus importante part de l'aide financière accordée aux sinistrés. Voilà pourquoi il importe de mettre nos ressources et nos expertises en commun.»

Le RIISQ fédérera 16 établissements universitaires et plus de 30 partenaires – centres de recherche, municipalités, associations ou encore des services gouvernementaux. Pour remplir son mandat de recherche, de veille, de formation et de consultation en matière de lois et de politiques publiques, le réseau comptera 120 chercheurs, dont le travail s'articulera autour de cinq axes thématiques intersectoriels : risques d'inondation; gestion des territoires, gouvernance et législation; impacts biopsychosociaux et partage des coûts; réduction des vulnérabilités; et gestion/communication des risques. Les activités de ses membres seront réalisées en collaboration avec des organismes gouvernementaux, de la société civile et du secteur privé québécois, canadiens et internationaux. 

Au cours des prochains mois, Philippe Gachon réunira les collaborateurs du projet afin de former un comité de direction, un comité aviseur et un comité scientifique. «L'une des premières étapes sera de s'assurer que les ministères concernés, autant à Québec qu'à Ottawa, deviennent des partenaires incontournables du RIISQ», souligne-t-il. Sur le territoire québécois, le professeur pense notamment au ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, au ministère de la Sécurité publique, au ministère des Affaires municipales et de l'Habitation (pour l'aménagement du territoire), au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, et au ministère de la Santé et des Services sociaux. «Nous nous réjouissons du montant accordé par les Fonds de recherche du Québec  et nous espérons que d'autres organismes offriront leur soutien financier afin de pouvoir développer tous les projets de recherche qui sont dans les cartons», ajoute-t-il.

L'un des projets qui lui tient à cœur consiste à effectuer un retour sur les inondations du printemps 2017 afin d'en tirer toutes les leçons possibles et de réajuster au besoin les protocoles et procédures à déployer en cas d'inondations. «Il faut toujours garder en tête que l'objectif est non seulement d'être prêt à gérer les situations de crise, mais aussi, et surtout, d'assurer le retour à la maison des sinistrés. Or, il y a encore des gens qui ne sont pas retournés chez eux depuis les inondations de 2017!»

Philippe Gachon souhaite également que le RIISQ puisse établir des partenariats pancanadiens et internationaux. «Il faut profiter de toutes les expertises développées ailleurs dans le domaine des inondations, explique-t-il. En ce sens, nous endossons totalement les efforts de la rectrice Magda Fusaro pour positionner favorablement l'UQAM à l'international.»

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