Vivre dans le Vieux-Montréal

Le nouvel Observatoire des milieux de vie urbains s'intéresse au quartier historique et à ses anciens faubourgs.

22 Mai 2018 à 15H57

La rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal.Photo: Getty Images

L'Observatoire des milieux de vie urbains (OMV), projet Vieux-Montréal et ses anciens faubourgs, a été lancé officiellement le 18 mai dernier à l'Hôtel Nelligan en présence de Komlan Sedzro, doyen de l'ESG UQAM, de Priscilla Ananian, directrice de l'Observatoire et professeure au Département d'études urbaines et touristiques, et de Mario Lafrance, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) du Vieux-Montréal.

Priscilla Ananian mène depuis quelques années une recherche sur la qualité du milieu de vie et l'évolution du Vieux-Montréal et de ses anciens faubourgs face à la construction de nouveaux condominiums, à l'intensification des activités touristiques et événementielles, et à la réalisation de projets d'aménagement. Cette étude a donné lieu à deux publications scientifiques – un article publié en 2017 dans Environnement urbain et un autre à paraître d'ici peu dans The Canadian Geographer.

Lors du lancement de l'Observatoire, la professeure a présenté les résultats de cette étude qui lui a permis de tisser des liens avec la SDC du Vieux-Montréal. «Ces résultats mettent surtout en lumière la nécessité de se doter d'un lieu de transfert des connaissances et de discussions permanent afin d'articuler plus finement ce qu'est la qualité d'un milieu de vie, et ce, autant pour les résidents que pour les touristes, les travailleurs, les organisme locaux et les acteurs du développement et de l'aménagement.» 

Reconnu par l'ESG UQAM depuis décembre dernier comme une unité de transfert des connaissances, le nouvel observatoire a pour objectif d'étudier, d'accompagner et de nourrir les processus qui rendent la cohabitation des usagers et des usages vivable et harmonieuse dans les milieux de vie urbains. «Il mettra à contribution l'expertise scientifique pluridisciplinaire de 14 chercheurs de l'UQAM, notamment en urbanisme, en patrimoine, en histoire, en mobilité, en droit municipal, en tourisme et événementiel, et en espaces publics et itinérance, mais aussi l'expertise technique et pratique de différents intervenants et acteurs impliqués dans le développement local, et celle des acteurs et usagers qui sont touchés au quotidien par l'évolution du quartier», précise sa directrice.

L'événement de lancement réunissait pour la première fois l'ensemble des chercheurs et des acteurs du quartier concernés par le projet. «Il y avait des représentants de la SDC du Vieux-Montréal, de la Table de concertation du Vieux-Montréal, de l'Association des résidents du Vieux-Montréal et de l'Arrondissement Ville-Marie ainsi que plusieurs promoteurs immobiliers, mentionne Priscilla Ananian. Certains acteurs, comme la Société immobilière du Canada, le Port de Montréal, Tourisme Montréal et l'Accueil Bonneau n'ont pu se joindre à nous, mais ils ont manifesté le désir de participer aux travaux de l'Observatoire.»

Des ateliers et une vitrine numérique

Priscilla Ananian souhaite organiser quatre fois par année des ateliers de co-création avec les acteurs du développement et les usagers du quartier afin de traiter d'enjeux sensibles. «Nous avons présenté quelques idées de thématiques pour ces ateliers et celle sur la cohabitation des usagers a été retenue immédiatement. Cela ne me surprend pas, car mieux comprendre les conditions de cohabitation de gens ayant des objectifs distincts et des contributions différentes sur un même territoire est au cœur de notre projet.»

La directrice a également l'intention de créer une plateforme numérique cartographique qui recensera tous les projets et interventions visant l'amélioration du cadre de vie, émanant de tous les intervenants et usagers du milieu: les acteurs du développement et de l'aménagement, les organismes locaux et les résidents. «Cette plateforme constituera en quelque sorte la vitrine des travaux de l'Observatoire», note-t-elle.

L'Observatoire des milieux de vie urbains pourrait éventuellement s'intéresser aux dynamiques à l'œuvre dans d'autres quartiers montréalais. «Nous amorçons nos travaux avec le Vieux-Montréal et ses anciens faubourgs, mais d'autres acteurs sur l'île de Montréal m'ont déjà signifié leur intérêt pour une telle démarche», conclut Priscilla Ananian.

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