Lectures de décembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

11 Décembre 2018 à 11H26

Série «Titres d'ici»

L'UQ a 50 ans

Pour souligner le 50e anniversaire du réseau de l'Université du Québec (UQ), une cinquantaine d'auteurs, professeurs et autres professionnels, ont publié L'Université du Québec 1968-2018. Le développement de l'enseignement et de la recherche dans toutes les constituantes du réseau, au cours des cinq dernières décennies, constitue le fil conducteur de l'ouvrage. Fille de la Révolution tranquille et de l'État-providence, l'UQ s'est donné une mission axée sur l'accessibilité sociale et géographique. Par comparaison à l'institution universitaire classique, elle propose un rapport au savoir différent et une gouvernance plus collégiale. Publié sous la direction des professeurs Pierre Doray (sociologie) et Yvan Rousseau (UQTR) ainsi que de Lyne Sauvageau, vice-présidente à l'enseignement et à la recherche de l'UQ, et d'Edmond-Louis Dussault, chercheur au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), l'ouvrage comporte une trentaine de chapitres qui abordent, notamment, le rehaussement de la scolarisation régionale, la formation à distance, la formation des maîtres et l'élaboration interdisciplinaire des grands champs de connaissance. En 2016, l'UQ a délivré plus de 26 000 diplômes aux trois cycles d'études et a géré plus de 185 millions en fonds de recherche. Paru aux Presses de l'Université du Québec. 

L'humour en guerre

Il ne s'agit pas de rire de la guerre, mais de s'interroger sur le rire en temps de guerre, souligne le professeur émérite Bernard Andrès (Département d'études littéraires) dans l'avant-propos de son ouvrage L'Humour des Poilus canadiens-français de la Grande Guerre. Sur les 35 000 soldats canadiens-français engagés dans la Première Guerre mondiale, très peu ont raconté leur expérience. «Est-ce leur manquer de respect que de s'interroger sur la façon dont ils la souffrirent et en surmontèrent les épreuves?, demande l'auteur. On sait l'importance du moral des troupes et ce qu'il doit à cette distance salvatrice qu'offrent le rire et l'humour sous toutes ses formes, quand la mort guette le Poilu terré dans sa tranchée.» Plaisanteries échangées entre compagnons d'armes, comique troupier, boutades sur l'ennemi ou sur ses propres officiers, chansons satiriques, journaux de guerre et caricatures circulent dans les tranchées et émaillent le quotidien des combattants. «Humeurs gaies, humeurs tristes, batailleuses ou sarcastiques: toutes les gammes d'émotions, toutes les tonalités du (sou)rire se retrouvent dans l'humour du soldat canadien-français», écrit Bernard Andrès, qui se fait l'écho de cette guerre vue d'en bas. Paru aux Presses de l'Université Laval.

Regard original sur le Québec

Chargé de cours au Département d'histoire, Gilles Laporte propose avec Infographies Québec: le Québec et son histoire d'un simple coup d'œil un ouvrage original et coloré qu'on prend plaisir à consulter. À partir de 69 infographies – cartes du territoire, flèches du temps, histogrammes, pictogrammes et graphiques de toutes sortes – le livre retrace l'histoire, la géographie, la population, l'économie, la culture, la politique, la consommation et même les sports du Québec, de ses origines à aujourd'hui. Chaque infographie relève le défi de rendre attrayante et accessible une information à la fois riche et rigoureuse à propos du Québec et de son histoire. Certaines données vont à l'encontre des idées reçues. «On pense par exemple au lien entre les conflits de travail et le parti au pouvoir, au lien entre l'âge, le sexe et le fait de vivre seul, à la dualité ville-campagne lors de l'élection de l'"équipe du tonnerre" de juin 1960 ou à la présence disproportionnée de la Nouvelle-France dans notre toponymie», souligne l'auteur. Le recueil, qui s'adresse d'abord aux élèves en histoire des écoles et collèges du Québec, constitue également un cahier d'exercices, car chaque infographie est accompagnée d'une série de questions. Le grand public désireux de revisiter son histoire sous l'angle graphique y prendra assurément plaisir aussi! Paru chez Septentrion.

Chroniques de la vie culturelle montréalaise

Durant la crise des années 30 et la Deuxième Guerre mondiale, Montréal est en pleine ébullition culturelle. «Les médias vont se mettre à parler, à chanter, à gronder, à souffler, à respirer, à chuinter, à bruiter enfin», peut-on lire dans l’introduction de l’ouvrage collectif Les médias parlent et chantent. Chroniques de la vie culturelle à Montréal durant la Crise et la Guerre. Le cinéma, la radio et le disque composent alors l’environnement du divertissement et des arts. Ces nouveaux médias ne remplacent pas la presse, le concert ou le théâtre, mais s’y ajoutent, multipliant l’offre à un point qu’on n’a encore jamais vu à Montréal. Sous la direction de Denis Saint-Jacques et Marie-José des Rivières, l’ouvrage rassemble les textes d’une vingtaine d’auteurs, dont plusieurs Uqamiens. Esther Trépanier, professeure au Département d’histoire de l’art, s’intéresse aux peintres juifs montréalais des années 30 et 40, tandis que son collègue, le professeur émérite Laurier Lacroix, se penche sur un rapport inédit sur la situation de l’École du meuble en 1948. Marc Choko, professeur émérite de l’École de design, nous informe de la présence vivante de l’affiche dans la ville et d’une mystérieuse exposition d’affiches russes qui s’est tenue en 1943 à la gare Windsor… Publié aux éditions Nota Bene.

Le mystère de la musique

Pourquoi certains airs de musique arrivent-ils à nous tirer des larmes, à nous donner la chair de poule, à nous enthousiasmer ou à nous faire danser? Pourquoi sommes-nous touchés par les symphonies de Beethoven, par les performances vocales de Céline Dion, par les reels endiablés de Ti-Jean Carignan ou encore par les concerts d’Arcade Fire? «La science a fait des pas de géant depuis quelques décennies et nous offre maintenant un portrait de plus en plus précis sur la façon dont la musique nous fait vibrer», souligne Michel Rochon dans Le cerveau & la musique. Journaliste scientifique aguerri, le chargé de cours à l'École des médias nous entraîne dans une exploration fascinante du cerveau musical. Qu'est-ce que la musique? Comment le cerveau décode-t-il la musique? Comment fonctionne le cerveau du musicien? Voilà autant de questions auxquelles il tente de répondre, tout en révélant les plus récentes découvertes en intelligence artificielle, en neuropsychologie, en linguistique et même en mathématiques qui nous font comprendre autrement les harmonies sonores. Les dernières recherches sur les bienfaits cliniques et thérapeutiques de la musique sont aussi au programme. L'auteur fait le pari qu'en refermant son ouvrage, nous n'entendrons plus du rock, du classique ou de la techno de la même manière. Paru chez Multimondes.

Représentations féminines et cinéma québécois

Julie Ravary-Pilon est stagiaire postdoctorale à l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) ainsi qu’au Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ). Elle s’intéresse aux approches féministes dans le cinéma et la télévision au Québec. Dans son premier essai, Femmes, nation et nature dans le cinéma québécois, elle se penche sur trois figures. Dans un premier temps, elle s’intéresse à la «femme-terroir», une figure féminine conservatrice issue des romans de la terre, que l’on retrouve, par exemple, dans les adaptations filmiques de Maria Chapdelaine (1983), de Gilles Carle, et d’Un homme et son péché (1949 et 2002), de Paul Gury et de Charles Binamé. Dans un second chapitre, elle explore la figure de la femme-nation dans des œuvres cinématographiques réalisées durant la Révolution tranquille comme Valérie (1968), de Denis Héroux, et Q-bec my love (1969), de Jean Pierre Lefebvre. En terminant, l’autrice se penche sur la figure moderne de la «femme-nature», laquelle puise sa force et sa puissance dans son lien spécial avec la terre, figure féminine que l’on rencontre dans des films contemporains tels qu’À l’origine d’un cri (2010), de Robin Aubert, et Mariage (2001), de Catherine Martin. Publié aux éditions des Presses de l’Université de Montréal.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE