Lectures de janvier

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

8 Janvier 2018 à 8H53

Série «Titres d'ici»

Petite histoire du beat

Qu'est-ce qu'on entend comme musique un peu partout? Des musiques qui ont du beat, cette pulsation régulière, imperturbable, marquée par la batterie. Du rock au classique, les œuvres au rythme carré et marqué prédominent. «Tout se passe comme si, sans batterie ni beat, il ne pouvait quasiment pas y avoir de musique, constate le chargé du cours du Département de musique Antoine Ouellette (Ph.D. études et pratiques des arts, 2006) dans Pulsations. Petite histoire du beat. Pourtant, les choses pourraient être différentes et l'ont déjà été. Pendant des siècles, le chant grégorien a formé l'humus de la musique occidentale avec une conception rythmique totalement étrangère à celle du beat.» Pourquoi cette rythmique-là et non une autre, alors que le rythme musical pourrait être infiniment diversifié? Cette conception particulière du temps musical ne reflèterait-elle pas aussi le lien que nous avons avec le temps qui passe? Voilà quelques pistes explorées par l'auteur, qui est biologiste en plus d'être compositeur et musicologue. Dans cet ouvrage, il nous raconte de manière accessible les aventures et les mésaventures rythmiques de la musique au fil de l'histoire. On y croisera en cours de route des fanfares militaires, des artistes psychédéliques du Moyen Âge, Elvis Presley, des magiciens cannibales et une flûte zen! Publié chez Varia.

Des lieux de savoir remarquables

Il existe au Qué­bec plu­sieurs mil­liers de biblio­thèques de tous genres ayant un carac­tère public ou semi-public: bibliothèques d'écoles, de collèges ou d'universités, de municipalités, d'organismes publics ou parapublics, d'établissements de santé et de services sociaux, d'entreprises, d'institutions muséales, d'associations, de communautés religieuses ou culturelles. «Chaque bibliothèque québécoise a son identité, sa personnalité, sa mission propres et son appartenance à un milieu donné», écrit l'ancien recteur Claude Corbo, qui a dirigé l'ouvrage Bibliothèques québécoises remarquables avec la collaboration de Sophie Montreuil et Isabelle Crevier. Si chacune a sa valeur, certaines de ces bibliothèques sont particulièrement remarquables, souligne l'auteur. Quelques-unes ont une histoire originale, d'autres une mission spéciale, des collections rares ou uniques, des trésors peu communs. La première partie est consacrée aux bibliothèques fondatrices, celles qui ont joué un rôle important à divers égards dans l'histoire de l'institution au Québec. La seconde partie s'attarde à une vingtaine de bibliothèques québécoises remarquables d'aujourd'hui, telles que la bibliothèque Osler d'histoire de la médecine de l'Université McGill, la bibliothèque des arts de l'UQAM, celle du Barreau de Montréal ainsi que la bibliothèque commémorative Pettes de Knowlton, la plus ancienne bibliothèque municipale rurale du Québec. De telles bibliothèques méritent assurément d'être mieux connues, comprises et appréciées et c'est l'objectif de cet ouvrage de les faire découvrir. Publié chez Del Busso.  

Cinéma québécois et effets spéciaux

Le Québec figure parmi le top cinq mondial de la création d’effets visuels. Les boîtes québécoises spécialisées dans ce domaine ont contribué à la réussite des plus grands blockbusters planétaires: Star Wars, Lord of the Rings, Jurassic Park, 2001: A Space Odyssey, The Matrix, Hunger Games. Annuellement, les créateurs d’effets numériques obtiennent des contrats totalisant plus de 100 millions de dollars de la part de productions étrangères, attirées autant par la polyvalence des studios québécois que par l’ingéniosité des techniciens. D’où vient ce savoir-faire? Rédigé par le doctorant en communication Éric Falardeau, Une histoire des effets spéciaux au Québec lève le voile sur cet univers atypique peuplé d’artistes passionnés et inventifs qui repoussent les limites de l’imagination et du divertissement. Des maquillages rudimentaires de La petite Aurore, l’enfant martyre aux décors futuristes d'Avatar, l’histoire des effets spéciaux au Québec est d’abord celle des créateurs. Cet ouvrage honore la contribution de ces magiciens de l’image qui, dans l’ombre, ont eux aussi façonné la télévision et le cinéma québécois… un effet spécial à la fois. Publié aux éditions Somme Toute.

Philanthropie: un rôle politique ?

Les organisations philanthropiques subventionnaires, comme la Fondation Lucie et André Chagnon et Centraide du Grand Montréal, jouent-elles un rôle politique? Quelle est leur influence sur la définition et l'orientation des politiques publiques? Ces questions sont au cœur de l'ouvrage collectif Les fondations philanthropiques, de nouveaux acteurs politiques?, publié sous la direction des professeurs Jean-Marc Fontan (sociologie) et Sylvain Lefèvre (stratégie, responsabilité sociale et environnementale), ainsi que de Peter R. Elson, chargé de recherche à l'Institute for Community Prosperity de la Mount Royal University. Dès le début du 20e siècle, aux États-Unis en particulier, on s'est interrogé sur la dimension sociopolitique des organisations philanthropiques et sur la légitimité d'action de ces nouveaux acteurs privés fortunés, tels que les Fondations Rockefeller et Carnegie, dans les domaines de l'action sociale et de l'entraide, domaines traditionnellement dévolus aux églises et, plus récemment, à l'État. Première grande synthèse de l'histoire de la philanthropie canadienne et québécoise, l'ouvrage identifie les stratégies mobilisées au fil du temps par les acteurs philanthropiques et propose une vue d'ensemble du secteur actuel de la philanthropie subventionnaire qui, malgré son champ d'action restreint, demeure fondamental dans les reconfigurations sociales en cours. Paru aux Presses de l'Université du Québec.

Pouvoir et territoire

Depuis l'époque du régime seigneurial jusqu'à l'élaboration du Plan Nord, pouvoir et territoire ont toujours été liés. Comment le pouvoir s'exerce-t-il sur le territoire et, inversement, comment le territoire influence-t-il le pouvoir? Cette relation n'a jamais fait l'objet d'une réflexion globale et synthétique dans le contexte québécois. C'est cette lacune que cherche à combler l'ouvrage collectif Pouvoir et territoire au Québec depuis 1850, publié sous la direction des professeurs Stéphane Savard, du Département d'histoire, et Harold Bérubé, de l'Université de Sherbrooke. Dans l'étude de cette relation particulière, deux processus étroitement reliés peuvent être relevés: celui de la spatialisation du pouvoir, limité à des frontières locales (villes, villages, régions), et celui de l'instrumentalisation du territoire dans une perspective politique. La notion de territoire relève aussi d'un imaginaire collectif et de ses référents associés aux idées d'appropriation et de conquête. Ces représentations peuvent former un mythe puissant qui symbolise pour un temps la relation entre pouvoir et territoire. C'est le cas du «mythe» du Nord – ce Nord sauvage, hostile, mais rempli de richesses qu'il faut conquérir et ramener en des lieux civilisés – qui a été réactualisé au Québec dans les années 1960 et 1970. Paru aux éditions du Septentrion.

La réalité des jeunes Haïtiens

En Haïti, des catastrophes en série, une instabilité agraire, des problèmes sociaux non résolus et le cynisme politique ont entraîné un exode rural vers les bidonvilles urbains et, dans les périodes de crise politique, une migration de retour depuis ces bidonvilles vers les zones rurales appauvries. Cette combinaison de facteurs amène les jeunes Haïtiens à vouloir quitter le pays à tout prix. Si la majorité des jeunes ne voient leur avenir qu'à l'étranger, quel peut être leur engagement dans l’effort de reconstruction de la nation après des catastrophes majeures? L’ouvrage Les jeunes haïtiens dans les Amériques, sous la direction d’Henri Dorvil, professeur à l’École de travail social, et auquel a collaboré Gina Lafortune, professeure au Département d’éducation et formation spécialisées, examine les contextes dans lesquels les jeunes Haïtiens négocient leurs conditions socioculturelles en Haïti et dans différentes sociétés des Amériques. Dans une perspective transdisciplinaire, il apporte un éclairage sur la complexité des processus identitaires, sur l’ambivalence des modes d’appartenance et d’engagement des jeunes en Haïti et dans leurs sociétés d’accueil. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

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