Lectures de septembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

18 Septembre 2018 à 14H14

Série «Titres d'ici»

L'univers des mégadonnées

Phénomène de l'heure, les mégadonnées (ou Big Data) suscitent des discours enthousiastes porteurs de visions économiques prometteuses: efficience du micro-ciblage, meilleurs rendements par gestion prédictive, algorithmes et intelligence artificielle… «Bref, toute une économie de données trouverait son achèvement dans une créativité (traitement des données) enfin libérée de tout joug disciplinaire, idéologique et politique», soulignent les professeurs de l'École des médias André Mondoux et Marc Ménard, qui ont codirigé Big Data et société, premier ouvrage collectif du Groupe de recherche sur l'information et la surveillance au quotidien (GRISQ). Pourtant, ajoutent-ils, le phénomène des mégadonnées soulève d'importantes questions concernant, notamment, l'intégrité de la vie privée face à la marchandisation des données personnelles, la possibilité d'influencer les processus électoraux – pensons au scandale Facebook-Cambridge Analytica –, les dynamiques de la surveillance corporative ou les rapports de pouvoir induits par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). «La majorité des discours sur le Big Data évacuent la dimension sociale de la production des connaissances, en commençant par la prétention à la neutralité de la médiation technique qui, à partir des données "brutes", donnerait un accès direct au "réel" lui-même», écrivent les deux chercheurs. Paru aux Presses de l'Université du Québec.

Qu'est-ce que le froid?

Historiquement perçu comme dangereux, hostile et menaçant pour la vie, le froid est aujourd'hui devenu, avec le réchauffement climatique, le symbole d'une bataille pour la survie de l'humanité. Dans Le froid, une vingtaine de chercheurs tentent de circonscrire cet objet qui ne se laisse pas définir facilement, sa définition encyclopédique – «une absence de chaleur» – étant évocatrice à plus d'un titre. «L'une des premières caractéristiques du froid réside dans le fait qu'il est relatif, en plus d'être multiforme. Invisible, il se manifeste par ses effets sur les matériaux et les corps vivants: il est ressenti par l'être humain de manière subjective et relative, variable selon les connaissances, les techniques, les ressources, la culture», écrivent Jan Borm, professeur et vice-président aux relations internationales à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, et Daniel Chartier, professeur au Département d'études littéraires, titulaire de la Chaire de recherche sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique et directeur du Laboratoire international d'étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord. Les deux chercheurs dirigent cet ouvrage pluridisciplinaire. Partant d'une approche historique du sujet, les contributions s'interrogent sur des productions et des effets du froid, pour se tourner ensuite vers sa perception et un certain nombre de ses représentations culturelles. Paru aux Presses de l'Université du Québec.

Regards croisés sur la violence sexuelle

Un rapport de l'Organisation mondiale de la santé, publié en 2014, révèle que 20 % des femmes et entre 5 % et 10 % des hommes dans le monde ont subi de la violence sexuelle durant leur enfance. Rassemblant les contributions d'une trentaine de chercheurs et d'intervenants, l'ouvrage Les violences à caractère sexuel, publié sous la direction des professeurs Mylène Fernet (Département de sexologie) et Saïd Bergheul (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), envisage le phénomène dans un cadre interdisciplinaire. On y aborde les typologies de la violence sexuelle, son ampleur au sein des communautés autochtones, sa croissance dans le milieu universitaire, sa couverture médiatique et sa prise en charge dans les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). L'ouvrage décrit également les différentes approches théoriques de la violence sexuelle et analyse sa construction sociale. Certains auteurs s'attardent aux spécificités de la violence conjugale, un phénomène souvent masqué par les statistiques sur les violences physiques, alors que d'autres s'intéressent à l'évolution du traitement judiciaire des crimes sexuels et à la formation des enquêteurs pour ce type de crimes. Paru aux Presses de l'Université du Québec.

Vision internationale du marketing du sport

L’industrie mondiale du sport – commandites, billets, droits de télévision, produits dérivés – a généré plus de 145 milliards de dollars américains en 2015, une hausse de 27 % par rapport à 2010. Le tourisme sportif – les voyages entrepris pour faire du sport ou pour assister à des événements sportifs – est d’ailleurs le segment touristique qui croît le plus rapidement. La croissance fulgurante de cette industrie amène son lot de transformations. L’internationalisation du sport, le sport spectacle, la hausse de la transmission de matchs en streaming et la concurrence accrue obligent les organisations sportives à maîtriser les nouveaux leviers marketing à leur disposition. L’ouvrage Marketing du sport: une vision internationale, écrit par André Richelieu, professeur au Département de marketing, et Michel Desbordes, professeur à l’Université Paris-Saclay, fait le point sur les dernières recherches en matière de gestion de la marque, d'événementiel sportif et de management des enceintes sportives. «Les défis auxquels sont et seront confrontés les managers sportifs exigeront des solutions différentes d’il y a 10, 20 ou 30 ans», écrivent les auteurs. Des analyses et des statistiques – revenus des équipes, salaires des athlètes – sont présentées concernant plusieurs sports, du soccer au basketball, en passant par le hockey… et même la lutte de la WWE! Publié aux Éditions De Boeck Supérieur.

La cuisine et l'art

Le statut d'«art» de la cuisine et d'«artiste» du cuisinier fait depuis des siècles l'objet de débats. «C'est parce qu'elle développe autant une esthétique visuelle qu'une esthétique des saveurs et des textures en bouche, que la cuisine […] est devenue objet de pensées savantes, de discours théoriques, de jugements critiques. Le cuisinier a ainsi progressivement accédé au rang de "créateur" d'un acte éphémère faisant exception. Cependant, un tel statut ne lui a jamais été donné pleinement, ni concédé une fois pour toutes et sans discussion», écrivent  Julia Csergo, professeure au Département d'études urbaines et touristiques de l'ESG UQAM, et Frédérique Desbuissons, maîtresse de conférences à l'Université de Reims Champagne-Ardenne. Dans le cadre d'un programme de recherche international, ces dernières ont rassemblé cuisiniers, artistes, critiques, sociologues, juristes, historiens et historiens de l'art pour discuter de trois grandes questions: «Qu'est-ce qui fait l'art de la cuisine?»; «Ce qui fait du cuisinier un artiste»; «Ce que les artistes font de la cuisine». Le cuisinier et l'art répond à une ambition précise: inscrire le champ culinaire au sein de celui des sciences humaines, notamment de l'histoire culturelle, et le soumettre aux réflexions sur les processus de création, de patrimonialisation et d'artification. Publié aux éditions de l'Institut national d'histoire de l'art.

Nouveau contexte des relations publiques

Durant deux décennies, le livre Les relations publiques dans une société en mouvance – la première édition a été publiée en 1998 et la quatrième en 2010 –, de Danielle Maisonneuve, fondatrice de la Chaire de relations publiques et communication marketing, a constitué un ouvrage phare pour les étudiants et professionnels du domaine. Aujourd’hui, les relationnistes doivent travailler dans un contexte professionnel bouleversé par les avancées technologiques, la surabondance d’information, le triomphe du populisme et l’ère des «faits alternatifs». Un nouvel ouvrage était donc de mise pour faire le point. Sous la direction de Stéphanie Yates, professeure au Département de communication sociale et publique, le livre Introduction aux relations publiques: fondements, enjeux et pratiques se veut une référence pour les étudiants et professionnels en relations publiques. On y traite, entres autres, de communication stratégique, d’éthique, d’acceptabilité sociale, de médias sociaux et de gestion de crise. Plusieurs sommités du domaine y contribuent, dont les professeurs Bernard Motulsky, Pierre Bérubé, Yanick Farmer et Olivier Turbide, le chargé de cours Guy Litalien, la doctorante Sarah Saïdi ainsi que les diplômés Marie-Ève Carignan (Ph.D. communication, 2014), Anne-Marie Gagné (Ph.D. communication, 2012), Mélissa Lapierre-Grano (B.A. relations publiques, 2008) Renaud Martel-Théorêt (B.A. relations publiques, 2014), Josianne Millette (Ph. D. communication, 2018), Matthieu Sauvé (M.A. communication, 2010) et Frédéric Verreault (B.A. relations publiques, 2000). Publié aux Presses de l’Université du Québec.

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