Départ de Lise Bissonnette

La présidente du Conseil d'administration de l'UQAM annonce sa décision de démissionner.

31 Janvier 2018 à 10H16

Lise BissonnettePhoto: Nathalie St-Pierre

Lors de la séance du Conseil d’administration qui s’est tenue hier, Lise Bissonnette a annoncé aux membres sa décision de démissionner de la présidence du Conseil. Cette décision, qui a pris effet dès hier soir, est motivée surtout par le désir de Mme Bissonnette de «retrouver entièrement sa liberté de parole», notamment dans la perspective du 50e anniversaire de l’UQAM en 2019. Après cinq années à la présidence, elle souhaite laisser à la nouvelle rectrice Magda Fusaro le soin d’identifier la personne qui assumera la présidence du Conseil.

Dans un texte intitulé «Un départ au sens libre», publié ce matin dans le quotidien Le Devoir, Lise Bissonnette présente les motifs de sa démission et partage ses convictions sur la situation de l’UQAM et, plus largement, celle du réseau de l’Université du Québec. Elle rappelle qu'elle est arrivée à la présidence en 2013, à l'invitation du recteur Robert Proulx. «Après avoir dirigé les travaux du Comité de sélection qui a proposé madame Magda Fusaro à sa succession, après avoir accueilli avec bonheur et confiance son arrivée au rectorat, écrit-elle, je crois que ce changement en commande un semblable à la présidence du Conseil.»

Lise Bissonnette illustre en termes forts son attachement à l'UQAM: «Je suis éblouie par l’UQAM d’aujourd’hui dont je n’ai pas à faire état des statistiques vitales en enseignement, en recherche, en création, en contribution solidaire aux besoins et réflexions de son environnement, écrit-elle. Seules les indifférences les ignorent, seuls les aveuglements volontaires font mine de les ignorer. Mais ce qui m’enchante le plus, c’est la force intellectuelle de notre université, son aptitude sans cesse renouvelée à vouloir refaire le monde en s’imposant d’abord de le repenser.»

L'ex-présidente du Conseil évoque son intervention récente à propos du traitement réservé à l'UQAM par les pouvoirs publics, et plus précisément à propos de la rémunération des recteurs des établissements de l'Université du Québec par rapport à ceux des autres universités. «Implicite ou explicite, l’insidieuse idée d’une distinction de classe à maintenir entre les universités créées par l’État – facteur dévalorisant dans une société qui se prétend entrepreneuriale – et les universités dites «à charte» qui ont eu la vertu de naître avant l’UQ par actes privés, s’ancre comme jamais au lieu de s’étioler», déplore-t-elle.

Plus loin, elle rappelle également que l'UQAM n'a reçu qu'une maigre part du généreux programme de subventions au développement d’infrastructures lancé par le gouvernement du Canada en 2016. «À Montréal, en excluant les collèges, la somme disponible a atteint plus de 380 millions $ pour les universités, souligne-t-elle. L’UQAM a obtenu 10,5 M$, six de ses dix projets ont été refusés sans explication. L’Université de Montréal a obtenu 250 M$, McGill 75 M$, et Concordia 37 M$.»

Lise Bissonnette termine son texte en indiquant savoir gré à la communauté uqamienne «d’accepter et de comprendre» sa décision de quitter la présidence du Conseil d’administration de l’Université, décision motivée d’abord et avant tout par son «indéfectible amitié».

Dans un message transmis à la communauté, la rectrice Magda Fusaro tient à saluer l’immense contribution de Lise Bissonnette, «grande dame et amie de l’UQAM, qui a éclairé nos débats et défendu avec conviction notre institution sur toutes les tribunes».

«Sa défense assidue de la mission universitaire et de l'objectif de démocratisation de l'enseignement supérieur ainsi que ses convictions face au rôle central et essentiel qu'ont joué — et jouent toujours — les universités du réseau de l'Université du Québec sont autant de manifestations de son attachement durable envers l'UQAM et sa communauté», poursuit la rectrice.

Magda Fusaro s'engage à identifier rapidement la personne qui assumera la présidence du Conseil d’administration de l’UQAM. D’ici à ce que cette personne soit désignée, c’est le vice-président du Conseil, Alain Poirier, qui assumera cette fonction. M. Poirier est vice-président, valorisation scientifique et communication, à l'Institut national de santé publique du Québec.

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