Plein air autochtone

L'étudiant Luc Parlavecchio parcourt plus de 250 kilomètres en canot, à la course et à vélo avec de jeunes Atikamekws.

20 Novembre 2018 à 10H27

L'étudiant Luc Parlavecchio parcourt plus de 250 kilomètres en canot, à la course et à vélo avec de jeunes Atikamekws.
Photo :Luc Parlavecchio

Luc Parlavecchio, étudiant à la maîtrise en kinanthropologie, a remporté un prix Excellence Plein air 2018, remis lors d'un gala organisé par Aventure Écotourisme Québec et l'Association des Parcs régionaux du Québec, le 7 novembre dernier.

Le fondateur et coordonnateur de l'Institut DesÉquilibres a créé le projet Niska, une aventure de sport et de plein air qui s'adresse aux jeunes vulnérables de la nation atikamekw d'Opitciwan, près de La Tuque, en Mauricie. Le projet a été réalisé en collaboration avec des membres de la nation atikamekw, le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur et le Département des sciences de l'activité physique de l'UQAM.

«Nous avions déjà réalisé un programme similaire avec de jeunes Québécois, souligne Luc Parlavecchio. Des échanges avec des représentants autochtones nous laissaient croire que ce type de projet pouvait être très porteur pour leurs jeunes. Nous avons donc bâti un projet pilote en adaptant les contenus et la philosophie du programme à leur culture.»

Défi hors du commun

Après six semaines de préparation physique, les jeunes Atikamekw ont réalisé un défi hors du commun: parcourir plus de 250 kilomètres en canot, à la course et à vélo. «L'aventure débutait par la descente à relais de la rivière Saint-Maurice de La Tuque à Trois-Rivières, qui a duré près de 30 heures, souligne Luc Parlavecchio. Les jeunes se sont ensuite rendus de Trois-Rivières jusqu'à l'Assemblée nationale, à Québec, à la course ou à vélo».

En plus du volet sportif, le projet comprenait un volet de formation sur le sport comme outil de développement psychosocial ainsi qu'un volet de recherche-action partenariale visant à identifier les éléments qui facilitent le transfert d'expertise d'une culture à une autre.

Réticences initiales

Lorsque le projet a été présenté aux membres de la nation atikamewk, ces derniers ont émis certaines réserves. «Certains se demandaient si le défi était réalisable pour les jeunes. D'autres avaient peur que ce soit encore un projet de Blancs qui venaient leur dire quoi faire sans qu'ils aient leur mot à dire», rapporte Luc Parlavecchio. Pour amoindrir ces obstacles, l'équipe de l'Institut DesÉquilibres a fait table rase du projet réalisé avec les jeunes Québécois pour le reconstruire complètement avec les membres de la communauté. «Durant trois mois, j'ai fait du travail de rue à Opitciwan pour créer des liens et échanger avec le milieu», dit l'étudiant.

Selon Luc Parlavecchio, le projet Niska pourrait être répété avec des jeunes d'autres nations autochtones. «Le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec a manifesté de l'intérêt, tout comme d'autres communautés. Nous prévoyons également retourner à Opitciwan dans les prochains mois afin de réaliser d'autres projets avec les jeunes.»

On peut visionner une vidéo présentant le projet Niska.

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