Fête culturelle autochtone

Les cultures autochtones sont célébrées sous le signe de la modernité lors d'un événement festif.

21 Septembre 2018 à 11H59

Plusieurs prestations musciales ont ponctué cet événement festif, dont celle d'Eadsé (Anne-Marie Gros-Louis Houle, finissante au baccalauréat en musique à la carrière déjà bien établie, de la nation Huronne-Wendat).
Photo :Nathalie St-Pierre

Une Fête culturelle autochtone incluant des ateliers culinaires de collations autochtones, des dégustations de mets cuisinés par un traiteur autochtone, de la danse et des performances artistiques avait lieu dans la cour du pavillon DS, le 20 septembre dernier. Le Chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a pris la parole lors de l'événement, ainsi que la rectrice Magda Fusaro et la directrice de l'organisme KINA8AT, Me Pascale O'Bomsawin (LL.B.,1994).

Les participants à cet événement festif ont pu goûter aux créations culinaires du traiteur Les trois sœurs (Dénée des Territoires du Nord-Ouest), confectionner des collations autochtones avec la chef Lysanne O'Bomsawin (Abénakise), apprendre le hoop dance et le pow wow avec Gilbert Niquay (étudiant au certificat en intervention psychosociale, de la nation Atikamekw), et apprécier les prestations musicales de Eadsé (Anne-Marie Gros-Louis Houle, finissante au baccalauréat en musique à la carrière déjà bien établie, de la nation Huronne-Wendat), Anachnid (Crie-Odjibway), Corey Diabo (Mohawk) et Shauit (Innu) et son groupe.

«L'objectif était de vivre les cultures autochtones de manière moderne, en préservant la tradition, mais en sortant des représentations de masse habituelles. Nous avons préféré miser sur les éléments communs de modernité culturelle entre les communautés autochtones et allochtones afin de susciter de fructueux et prometteurs ponts d'échange», affirme Alexandra Lorange (LL.B., 2018), embauchée récemment à titre de conseillère à l'accueil et à l'intégration des étudiants autochtones aux Services à la vie étudiante (SVE).

On peut consulter l'album photos de l'événement ici.

Une prise de conscience

L'UQAM fait depuis de nombreuses années des efforts pour mieux accueillir et accompagner les étudiants étrangers et les étudiants en situation de handicap. La prise de conscience envers les jeunes des Premières Nations  s'est imposée avec la publication du Rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. En 2017, l'UQAM a créé le Groupe de travail sur la réconciliation avec les peuples autochtones, dont le mandat est précisément d'assurer l'intégration sur le campus d'aspects culturels autochtones, mais surtout un soutien à la réussite tout au long du parcours de ces étudiants.

La même année, on a créé le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les affirmations autochtones contemporaines, qui fait une place particulière aux étudiants autochtones dans les projets de recherche des professeurs de l'UQAM.

Toujours en 2017, l'UQAM a tenu sa première École d'été sur «La gouvernance autochtone au féminin», conçue à l'intention des femmes autochtones des cercles d'élues ou de leaders.

«Aujourd’hui, je veux faire savoir à tous les Autochtones qu’à l’UQAM, un accompagnement et un soutien particuliers et personnalisés leur seront offerts pour faciliter leur intégration dans le milieu universitaire et favoriser leur réussite professionnelle», a souligné la rectrice Magda Fusaro lors du début des festivités.

Impliquée auprès des Autochtones

L'embauche d'Alexandra Lorange s'inscrit dans la foulée des travaux du Comité d'action pour des mesures d'aide aux étudiants autochtones, lequel s'appuyait, entre autres, sur le rapport «Expériences, politiques et pratiques d'intégration des étudiants.es autochtones à l'université: le cas de l'UQAM». Ce document, cosigné en 2017 par le professeur Laurent Jérôme, du Département de science des religions, et Léa Lefèvre-Radelli, doctorante et chargée de cours en sciences des religions, visait à documenter la présence des étudiants autochtones à l'UQAM et à comprendre leurs besoins spécifiques. «L'un de ceux-ci était l'embauche d'une ressource dédiée à l'accueil et à l'intégration des étudiants autochtones», souligne Josée Fortin, directrice des SVE.

Alexandra Lorange

Diplômée du baccalauréat en sciences juridiques et candidate à la maîtrise en droit, Alexandra Lorange a œuvré au sein d'un cabinet de droit autochtone, a été coordonnatrice du Centre de justice des premiers peuples de Montréal, chercheuse à l'Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador, qui est l'une des commissions de l'Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador, et a travaillé pour le Bureau du Grand Chef de la Nation Atikamekw. Elle anime aussi depuis deux ans la Fête nationale des autochtones avec les communautés montréalaises, célébrée le 21 juin.

Ayant travaillé à la fois auprès des autochtones vivant en communauté et auprès de ceux vivant en milieu urbain, la nouvelle conseillère connaît les besoins de part et d'autre. «Plus de 50 % des autochtones au Canada vivent, comme moi, en milieu urbain et non en communauté, fait-elle remarquer. Il faut en tenir compte lorsque vient le temps d'évaluer les services que nous souhaitons offrir aux étudiants autochtones.»

Un local pour les étudiants autochtones

Les Services à la vie étudiante ont procédé en début de trimestre à l'ouverture officielle d'un local (DS-R503) exclusivement réservé aux étudiants autochtones. Ceux qui souhaitent y accéder (le local est verrouillé en tout temps) doivent faire activer leur carte étudiante auprès d'Alexandra Lorange (DS-2247). «Je reçois au moins deux visites par jour d'étudiants autochtones souhaitant activer leur carte, dit la conseillère. Nous nous réjouissons que le local soit déjà utilisé par plusieurs étudiants qui y effectuent leurs travaux!»

Des ateliers pour soutenir l'apprentissage

Les SVE ont également adapté aux réalités autochtones leurs ateliers portant sur la prise de notes, la gestion du temps et la gestion du stress. «Nous nous sommes inspirés de ce qui fait à l'UQAT et à l'UQAC, qui offraient déjà des mesures de soutien pour les étudiants autochtones», souligne Josée Fortin.  

L'importance des liens externes

Trois organismes autochtones montréalais étaient présents lors de la Fête culturelle autochtone: Femmes autochtones du Québec, Montréal autochtone et le Foyer pour femmes autochtones de Montréal. «À ces organismes externes s'ajoutait le Cercle des Premières Nations de l'UQAM. Tous ces liens créent un filet sécurisant pour les étudiants autochtones qui débutent leurs études à l'UQAM», note Alexandra Lorange.

Recension du nombre d'étudiants autochtones

L'un des objectifs de ces nouvelles mesures de soutien est également de faciliter la recension des étudiants autochtones, lesquels sont inscrits à des programmes d'études dans toutes les facultés et école de l'UQAM. «Pour adapter nos services, nous devons savoir à combien d'étudiants nous nous adressons, mentionne Josée Fortin. Or, il n'y a pas de déclaration obligatoire du statut d'autochtone dans le formulaire de demande d'admission.»

Pour l'hiver 2018, les SVE ont recensé 130 étudiants autochtones (notamment par les octrois de bourses effectués par les Conseils de bande). «Nous invitons toutes celles et tous ceux que nous n'avons pas encore eu la chance de rencontrer à se manifester et à venir nous voir si elles et ils le souhaitent», poursuit la directrice.

En plus des mesures de soutien mises en place, les SVE ont créé une infolettre mensuelle dédiée aux étudiants autochtones.

Une formation pour le personnel

Au mois d'août, Alexandra Lorange a donné à deux reprises une formation de quatre heures sur les réalités autochtones au personnel de la Faculté de science politique et de droit, en collaboration avec l'UQAT. «La Faculté souhaitait que tout le personnel comprenne les réalités autochtones pour offrir un meilleur service aux étudiants», note la conseillère.

Cet atelier portait sur les volets historique, juridique et culturel des réalités autochtones. «Il  y était question, par exemple, du rapport à la temporalité, à l'autre et à l'environnement, en comparaison avec la vision de la société majoritaire sur ces questions.» Cette formation permet aux professeurs et aux chargés de cours qui auront à dialoguer avec des étudiants autochtones d'être en mesure de déterminer les meilleures stratégies pédagogiques à adopter.

Le personnel des SVE recevra également une formation sur les réalités des étudiants autochtones au cours des prochains mois. «Nous avons établi des contacts avec le Centre de formation en soutien à l'académique (CFSA) afin de développer des formations pour l'ensemble du personnel académique de l'UQAM», note Josée Fortin.

Projet pilote et études autochtones

Un projet pilote de deux ans est en cours au Département des sciences juridiques afin de favoriser l’accessibilité des autochtones aux études supérieures. En vertu de cette initiative, quatre places au baccalauréat en droit, en sus du contingent, seront désormais réservées chaque année pour des candidates et des candidats autochtones qui ont une expérience professionnelle ou une implication sociale pertinente, notamment en lien avec les communautés autochtones. «Trois étudiantes autochtones ont été admises au trimestre d'automne», précise la professeure Stéphanie Bernstein, directrice du Département des sciences juridiques.

Soulignons par ailleurs qu'il est possible de s'inscrire au  nouveau programme court de premier cycle en études autochtones jusqu'au 1er novembre.

La Faculté des sciences humaines offre également une concentration  de premier cycle en études autochtones.

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