Raconte-moi l’Holocauste

La doctorante en muséologie Isabelle Goudou a collaboré à la conception de cette exposition jeunesse.

27 Novembre 2018 à 16H24, mis à jour le 28 Novembre 2018 à 11H15

Réalisée par le Musée de l'Holocauste de Montréal, l'exposition Raconte-Moi! est présentée à la bibliothèque Côte-des-Neiges jusqu'au 24 février 2019. Photo: Musée de Holocauste Montréal

Destinée aux jeunes de huit ans et plus, l'exposition Raconte-Moi!, réalisée par le Musée de l'Holocauste de Montréal et présentée à la bibliothèque Côte-des-Neiges, a pour objectif de leur faire découvrir l’histoire du génocide des Juifs et de la Seconde Guerre mondiale à travers des témoignages d’enfants. «Ces témoignages sont ceux de personnages tirés de cinq romans jeunesse québécois et canadiens (trois romans en français et deux en anglais)», explique la doctorante en muséologie Isabelle Goudou, qui a participé à la conception de l’exposition en tant que chargée de projet.

«Les jeunes sont en mesure de mieux comprendre les dangers de la haine et les conséquences du génocide à travers des histoires personnelles», précise Marie-Blanche Fourcade, chef, conservation et expositions, au Musée de l'Holocauste de Montréal et professeure associée au Département d’histoire de l’art.

Les cinq romans jeunesse sélectionnés dans le cadre de l’exposition sont:

Cachée de Marguerite Élias-Quddus (ed. Fondation Azrieli), une survivante de l'Holocauste.

L'enfant de l'ennemi de Kees Vanderhayden (ed. De la Paix) raconte l’histoire de Traudi, une enfant autrichienne hébergée par les parents de l’auteur d’origine néerlandaise en 1948. 

Ce qu'il reste du monde de l’auteure montréalaise Monique Polak (Orca Publishing). Le roman s’inspire des expériences de la mère de Monique Polak, enfant juive emprisonnée à Theresienstadt pendant l’Holocauste. 

Le cœur de Fania d’Anne Renaud (Second Story Press). Une œuvre de fiction qui se fonde sur la remarquable histoire vraie du cœur d’Auschwitz, carnet en forme de cœur offert pour un 20e anniversaire au camp d’Auschwitz. 

La valise d’Hana de Karen Levine (Second Story Press). L’histoire raconte l'histoire de Hana Brady, jeune victime de l'Holocauste. 

L’exposition immersive a été divisée en cinq zones, une par roman, dans lesquelles on peut suivre le parcours particulier de chaque personnage. Les récits, écrits au "je", témoignent des souvenirs, des joies, des peines et des questionnements des enfants, décrit Isabelle Goudou. «Cette manière directe de s’adresser aux jeunes visiteurs leur permet de s’identifier plus facilement aux personnages et de mieux comprendre les conséquences de la guerre au quotidien», dit-elle.

L'exposition permet, entre autres, de faire la connaissance de Marguerite, petite fille juive de Paris ayant été obligée de fuir la capitale avec sa soeur (Cachée de Marguerite Élias-Quddus). Les deux fillettes ont été cachées dans différents couvents et dans une ferme pendant la guerre. «À cause des événements, la petite Marguerite a été privée des madeleines dont elle raffolait, illustre Isabelle Goudou. En guise de protestation, la petite cessa de manger; un geste que tous les enfants peuvent comprendre, mais qui prend un sens plus tragique en temps de guerre…»

Des reproductions d’objets ayant appartenu aux survivants et aux victimes de l'Holocauste font aussi partie de l’exposition. Une valise marron a ainsi appartenu à une petite victime, Hana Brady, décédée au camp d’Auschwitz. Un documentaire d’une vingtaine de minutes raconte la vie des auteurs et de leurs personnages. Un atelier d’écriture offre aux enfants la possibilité de partager leurs commentaires et leurs impressions. Enfin, un espace de lecture aménagé pour les jeunes visiteurs complète l’exposition.

Un sujet sensible

Afin de répondre plus adéquatement aux questions des enfants, du matériel pédagogique a été préparé par le Musée de l’Holocauste et mis à la disposition des parents. Un lexique, comprenant une trentaine de mots, comme «immigration», «camp de concentration», «religion juive» et «antisémitisme», peuvent diminuer les appréhensions des parents à discuter de l’Holocauste avec leurs jeunes. «Les enfants ne sont pas si traumatisés par la question, fait remarquer Isabelle Goudou. Ils ont une capacité à recevoir ce genre d’information et veulent, avant tout, savoir la vérité.»

Financée par l’organisme gouvernemental Patrimoine canadien, l’exposition Raconte-Moi! Littérature jeunesse et Holocauste est présentée jusqu’au 24 février 2019. L’exposition itinérante sera montée ensuite à la bibliothèque de Chicoutimi, au printemps 2019, avant de s’établir au Musée de l’Holocauste de Montréal, du 3 décembre 2019 au 1er mars 2020.

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