Rapport 2016-2017 du BIPH

Le traitement des dossiers de harcèlement psychologique a occupé la majorité des activités du BIPH. 

6 Février 2018 à 16H37

Parmi les personnes qui ont sollicité l'aide du BIPH, plus de la moitié l'ont fait pour des questions de harcèlement.
Photo: Istock

Le Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement (BIPH), représenté par sa directrice Maude Rousseau, a soumis son rapport au Conseil d'administration le 30 janvier. Ce rapport, qui porte sur la période du 1er juin 2016 au 31 mai 2017, fait état de 145 dossiers traités par le BIPH. Les membres du personnel (50 %) et les personnes étudiantes (49 %) ont sollicité presque à part égales les services du Bureau et les femmes (62 %) ont été plus nombreuses que les hommes (35 %) à le consulter, ce qui reflète leur proportion dans la population uqamienne.

«Je suis enchantée de constater que les personnes étudiantes ont été plus nombreuses à consulter le Bureau, déclare Maude Rousseau, directrice du BIPH. Au cours de la dernière année, j'ai tenté de multiplier les occasions de les rencontrer et d'insister sur le fait que le Bureau est une ressource à leur disposition.»

Parmi les personnes qui ont sollicité l'aide du BIPH, plus de la moitié (87) l'ont fait pour des questions touchant le harcèlement, dont 71 allèguent des comportements vexatoires de nature psychologique, 10 de nature discriminatoire et 6 de nature sexuelle. Les 58 autres personnes requérantes ont consulté pour des motifs relatifs à de l’incivilité, des conflits, la peur d’être perçu comme une personne harcelante ou simplement pour obtenir de l’information.

Parmi les faits saillants du rapport, on note également que la majorité des personnes requérantes (123) ont opté pour une démarche de type informel, alors que 22 ont entrepris une démarche formelle.  En ce qui concerne les personnes privilégiant la voie informelle, diverses démarches sont possibles. Certaines ont reçu des conseils, d'autres ont demandé un accompagnement relativement à la situation vécue, alors que d'autres encore ont choisi la prévention, une intervention dans le milieu, la sensibilisation de la personne visée ou la médiation.

Sur les 22 dossiers ayant fait l'objet d'une démarche formelle, 15 ont été jugés recevables et 6 non. Un dossier est en suspens à la demande de la personne plaignante. Dans tous les cas jugés recevables, les personnes ont choisi de poursuivre leur démarche par une enquête. Sur les 15 enquêtes entreprises, 13 ont conclu à des plaintes fondées et 2 à des plaintes non fondées. En ce qui concerne les 6 dossiers jugés non recevables, des interventions et de l’accompagnement ont été offerts aux personnes plaignantes.

Mandat du BIPH

Relevant du secrétaire général et conformément aux Politiques no 16 et no 42 de l'UQAM contre le harcèlement sexuel et psychologique, le mandat du Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement se définit par deux grandes orientations : la prévention et le traitement des situations signalées. Les formations et activités de sensibilisation font notamment partie des démarches préventives entreprises par le Bureau. Pour ce qui est du traitement des dossiers, le mandat du Bureau est de soutenir, d’informer et de conseiller les membres de la communauté universitaire qui s’adressent à lui, de recevoir les signalements, de proposer des démarches propres à régler les situations qui lui sont rapportées et d’assurer le traitement des plaintes.

Prévention, sensibilisation et formation

Le rapport du BIPH fait état des nombreuses activités de prévention qui ont eu lieu au cours de l'année, en particulier autour des violences à caractère sexuel, ainsi que des activités de formation, de sensibilisation et de représentation.

Le BIPH a participé aux travaux du Comité institutionnel contre le harcèlement sexuel consistant à réviser la Politique 16 contre le harcèlement sexuel afin que cette dernière aborde plus largement les violences à caractère sexuel et s’inspire des meilleures pratiques, notamment en matière de prévention, de traitement des plaintes et de soutien aux victimes. Pour sa part, le Comité institutionnel de prévention du harcèlement psychologique a suspendu l’achèvement de ses travaux de révision de la Politique 42 afin de permettre au Comité de la Politique 16 d’avancer sa révision. L’arrimage des deux politiques sera assuré au cours des prochains mois.

Le BIPH a fait davantage connaître ses services aux membres de la communauté universitaire dans le cadre d’entrevues, de présentations aux associations étudiantes et de présentations dans les salles de cours. Il a aussi offert des formations aux membres du personnel et aux étudiants et a participé à la rédaction d’un guide traitant de la question du harcèlement sexuel dans le milieu universitaire, un mandat confié aux universités québécoises par le Bureau de coopération interuniversitaire à l’automne 2016.

«Sans oui, c’est non!»                      

Dans le cadre de la campagne provinciale «Sans oui, c’est non!», lancée en 2016, le BIPH a sensibilisé la communauté universitaire à l’importance du consentement. Ses interventions ont aussi eu pour objectif d'outiller les personnes à réagir adéquatement lorsqu'elles sont témoins de violence sexuelle et de publiciser les ressources pour les victimes de violence à caractère sexuel. Un comité intersectoriel a été mis sur pied afin d'assurer un déploiement efficace des campagnes et des activités de sensibilisation et de prévention en matière de violences à caractère sexuel et de culture du viol.

Lors des journées de réflexion pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel dans les universités et les collèges du Québec, le BIPH, les membres des comités institutionnels ainsi que plusieurs services de l’UQAM ont participé aux travaux exigés par la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David.

Projet pilote

La période 2016-2017 s'est conclue sur une note positive avec l’obtention d’un financement du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science (MEES) pour mettre en place un projet pilote de partenariat avec le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Trêve pour Elles. Ce partenariat d'une durée de deux ans vise à offrir aux membres de la communauté uqamienne victimes de violences à caractère sexuel du soutien et de l’accompagnement par une ressource spécialisée en matière de violences sexuelles.

Dans son rapport, le BIPH tient à souligner que ses réflexions et actions, ainsi que celles des comités, ont été éclairées par le contenu et les recommandations du rapport de recherche «Enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire (ESSIMU): Ce qu’en disent étudiant.es et employé.es ».

«Tout le travail effectué au cours des derniers mois vise à s’assurer que la réponse institutionnelle aux problèmes de harcèlement et de violences sexuels soit adéquate et inspirée des meilleures pratiques en cette matière, souligne Maude Rousseau. L’implication importante des membres de la communauté universitaire au sein notamment des comités et des activités organisées par le BIPH illustrent bien l’importance qui est accordée à la prévention du harcèlement et des violences sexuelles. Il faut poursuivre cette responsabilisation collective pour le maintien d’un sain climat d’étude et de travail. Le Bureau et l’ensemble de ses partenaires vont continuer à déployer les efforts en ce sens.» 

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