Rentabilité du développement durable 

Des chercheurs s’intéressent à la rentabilité du développement durable dans les PME.

3 Décembre 2018 à 13H30

Photo: Getty Images

D’ici 2020, le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec a pour objectif d’accroître de 30 % le taux d’entreprises québécoises qui s'engagent dans une démarche de développement durable. Or, selon un rapport qui vient d'être publié par le Réseau entreprise et développement durable (REDD), adopter des initiatives s'inscrivant dans le sens du développement durable est payant pour les PME. Entre autres, cela réduit les risques financiers d’une entreprise.

«Une bonne réputation peut constituer un atout important pour l’entreprise et réduire ses risques, dit Charles Duprez, assistant de recherche et de communication au REDD. Les investisseurs ne veulent plus faire affaire avec des entreprises qui ont une mauvaise réputation, qui traitent mal leurs employés, qui refusent les syndicats ou qui sont polluantes.»

Le rapport sur la rentabilité du développement durable en PME présente des témoignages d’entrepreneurs déjà impliqués dans une démarche de développement durable. «Des dirigeants de PME nous font comprendre comment le développement durable fait en sorte que leurs entreprises sont devenues aujourd’hui plus rentables, plus pérennes et plus profitables, autant pour le mieux-être de leurs employés que pour le bien commun, observe Carole Leblond, coordonnatrice principale au REDD. Le rapport n’a pas la prétention de donner toutes les solutions, mais plutôt de fournir des trucs accessibles aux PME, mieux adaptés à leurs besoins et à leurs ressources.»

Plus de 80 % des entreprises au Québec sont des PME de moins de 20 employés. «Ces entreprises n’ont pas nécessairement de services dédiés au développement durable ou à la responsabilité sociale, comme c’est le cas dans les organisations de plus grande taille», fait remarquer Carole Leblond.

Une mesure volontaire

Les entreprises québécoises ne sont pas tenues d'intégrer des dimensions sociale et environnementale à leur développement. Cela reste une mesure volontaire. «La pression vient davantage des marchés, qui exigent de plus en plus que les entreprises adoptent de bonnes pratiques, observe Carole Leblond. Si une compagnie québécoise veut vendre un produit à l’international, certains pays qui ont des lois environnementales plus strictes vont exiger qu’elle se conforme à leurs exigences ou demander qu’elle obtienne préalablement une certification.»

Le site web du REDD offre une foule de ressources en ligne – webinaires, guides et fiches pratiques, rapports de recherche vulgarisés – destinées aux entreprises qui souhaitent prendre un virage vert. Ces ressources sont offertes gratuitement grâce à l’appui du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) et des partenaires du REDD.

Les membres du REDD (chercheurs, gestionnaires, étudiants, etc.) proviennent des quatre coins du monde. Ils s’intéressent aux bonnes pratiques de gestion et aux entreprises contribuant au développement durable. «Notre mandat est de produire et de partager la recherche scientifique dans le domaine du développement durable, afin de rendre l’information accessible et vulgarisée au plus grand nombre possible», précise Carole Leblond.

Fondée en 2005, l’unité de recherche affiliée à l’ESG UQAM possède aussi un bureau anglophone installé dans les locaux de l’Ivey Business School de l’Université Western, à London, en Ontario. La directrice du bureau francophone du REDD est Marie-France Turcotte, professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale.

Le rapport sur les PME fait suite à un colloque international organisé par le REDD en octobre 2015. Intitulé «Développement durable: à la recherche de solutions pour les PME», l’événement, qui a réuni plus de 150 personnes, se voulait un lieu d’échange entre étudiants, chercheurs, représentants gouvernementaux et praticiens. Deux autres rapports sur les PME (expertise et marketing responsable) ont aussi été publiés par le REDD.

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