Grands-parents technos

Des aînés sont recherchés pour une thèse sur l'utilisation des nouvelles technologies dans les relations intergénérationnelles.

29 Octobre 2018 à 15H10

Photo: Getty Images

Autrefois, la relation entre les grands-parents et leur(s) petit(s)-enfant(s) était tributaire de la distance géographique. «Skype, FaceTime et les réseaux sociaux permettent désormais de garder contact et de cultiver la relation malgré l'éloignement», souligne Paul Hayotte. Dans le cadre de son projet de thèse, le doctorant en psychologie s'intéresse à l'apport des nouvelles technologies et à la qualité des relations intergénérationnelles des grands-parents au Québec.

Le jeune chercheur, qui travaille sous la direction de la professeure Liesette Brunson, souhaite constituer un échantillon d'environ 300 grands-parents technos vivant au Québec et entretenant une relation avec un petit-enfant de cinq ans et moins n'habitant pas au même endroit. La participation au questionnaire prend une dizaine de minutes. «Les questions portent sur les perceptions que les grands-parents ont de leurs relations avec leur enfant et leur petit-enfant, sur leur satisfaction de vie générale ainsi que sur la fréquence de contact avec leur petit-enfant», précise le doctorant.

Les répondants peuvent indiquer à la fin du questionnaire s'ils souhaitent participer à la seconde partie du projet. «J'en sélectionnerai un certain nombre pour procéder à une entrevue individuelle afin de mieux comprendre la manière dont les grands-parents vivent leur relation avec leur petit-enfant et le rôle des technologies dans l'équation.»

Les petits-enfants et les TIC

Paul Hayotte s'intéresse depuis quelques années à la petite enfance, et plus spécifiquement aux relations familiales, au sein de l’équipe de recherche Qualité éducative des services de garde et petite enfance, dirigée par la professeure Nathalie Bigras, du Département de didactique. Les études portant sur l'impact des technologies sur les relations familiales, fait-il remarquer, se concentrent souvent sur les parents ou sur les adolescents. De plus, elles mènent souvent à des constats négatifs, le temps consacré aux écrans étant presque toujours du temps retranché à la «qualité de vie en famille». «Peu de recherches ont porté sur les enfants en bas âge, qui sont pourtant en plein développement cognitif et émotionnel, et qui utilisent très tôt ces technologies pour interagir avec des membres de leur famille», note le doctorant.

Devenir grand-parent

Le refrain est connu: les grands-parents vivent avec l'enfant une relation différente de celle du parent. «Être grand-parent est une transition forcée, observe Paul Hayotte, car c'est l'enfant qui décide du moment où il devient parent et qui catapulte ses parents dans le rôle de grands-parents. Ces derniers doivent apprivoiser ce rôle et trouver la place qui leur convient.»

Certains grands-parents sont plus investis que d'autres auprès de leur(s) petit(s)-enfant(s). «Cela dépend également de la place que leur accorde leur propre enfant dans cette relation. Et c'est le parent qui gère habituellement l'utilisation des technologies de communication permettant au petit-enfant de contacter ses grands-parents. Voilà pourquoi je m'attarde aussi à la relation entre le grand-parent et son enfant – le parent.»

Une présence inspirante

L'intérêt de Paul Hayotte pour les relations grands-parentales vient de sa relation avec sa propre grand-mère paternelle. «Je l'ai côtoyée dès ma jeunesse et elle m'a soutenu lors de moments difficiles durant l'adolescence, confie-t-il. En 2012, sachant que j'allais étudier au Québec, elle est passée de la machine à écrire à l'iPad. Je lui ai donné un cours de base et elle s'est débrouillée rapidement. Nous communiquions par Skype, par téléphone et par courriel, échangeant de nombreuses photos. Elle a possédé plusieurs tablettes, a fait la transition vers Android et possédait même un téléphone intelligent!»  

Grâce au logiciel Zoom (installé dans toutes les salles multimédia de l'UQAM), Madeleine Hayotte a même assisté à la présentation du projet doctoral de son petit-fils, en février dernier. «Elle est malheureusement décédée au mois de mai suivant», dit Paul Hayotte avec émotion, ajoutant que sa thèse lui sera dédiée.

Pour participer à son étude:
https://limesurvey.uqam.ca/index.php/581377?lang=fr

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Commentaires

Je suis arrière grand-mère j'ai souvent des contacts avec mes petits enfants et arrières petits enfants que j'adore et ils me le rendent bien.