Réduction de 2300 tonnes de GES

La modernisation des équipements se poursuit dans le cadre du programme d'efficacité énergétique.

27 Août 2018 à 13H34

Quatre nouvelles unités de ventilation ont été installées sur le toit du Centre Pierre-Péladeau.Photo: Nathalie St-Pierre

Déployé depuis un peu plus de 10 ans, le programme d'efficacité énergétique de l'UQAM va bon train. «Grâce à la modernisation des équipements de chauffage, de ventilation et de climatisation ainsi qu'à celle des systèmes de contrôle, nous avons réalisé des économies de 2,2 millions de dollars en 2016-2017, faisant baisser notre facture liée à la consommation énergétique à environ 7 millions de dollars», annonce Patrick Dionne, directeur Énergie et environnement au Service des immeubles.

La consommation en énergie de l'UQAM provient principalement de deux sources: l'électricité (88 %) et le gaz naturel (12 %). Ce dernier est utilisé, entre autres, pour chauffer l'air des laboratoires qui doivent fréquemment être aérés, même en hiver quand il fait moins 20 degrés Celsius. «Les nouveaux équipements ont permis de diminuer significativement notre consommation en gaz naturel, qui représentait 21,6 % de notre consommation totale d'énergie en 2014. L'UQAM a ainsi pu réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 2300 tonnes annuellement, souligne fièrement Patrick Dionne. C'est comme si nous avions retiré 680 voitures de la route dans une année.»

Au campus central

L’ingénieur mécanique et électrique Philippe Lavallée et le stagiaire Julien Gauthier observent les nouvelles chaudières qui seront bientôt installées dans la salle électromécanique du pavillon R. Photo: Nathalie St-Pierre

En juin 2017, le Conseil d'administration de l'UQAM a entériné un nouveau programme d'efficacité énergétique pour le campus central, qui avait bénéficié d'un rehaussement des équipements de ses salles mécaniques entre 2006 et 2010. «Nous profitons des travaux de maintien d'actifs présentement en cours  pour mettre en place de nouvelles mesures d'efficacité énergétique, souligne Patrick Dionne. Nous moderniserons, par exemple, les dispositifs de régulation automatique qui contrôlent la température et la ventilation dans les pavillons des Sciences de la gestion (R), Athanase-David (D), Musique (F) et au centre Pierre-Péladeau (Q).»

À l'ère des bâtiments intelligents, les nouveaux thermostats permettent de détecter la présence humaine afin de moduler la ventilation, le chauffage et l'éclairage. «Nous en profitons également pour revoir nos séquences de contrôle afin de raffiner encore davantage le conditionnement des espaces», précise le directeur.

Une question de confort

Le collègue qui travaille à côté de vous a toujours froid tandis que vous avez toujours chaud? Comme les systèmes sont centralisés, il n'est pas possible pour les membres du personnel enseignant et pour les employés de soutien de contrôler le chauffage et la ventilation dans leurs espaces respectifs. «Le confort des usagers nous importe et nous invitons les gens à effectuer une requête de service si les conditions ne sont pas optimales dans leur bureau, affirme toutefois Patrick Dionne. À certains endroits, les systèmes offrent une flexibilité pour améliorer les conditions en fonction des demandes.»

Des panneaux solaires au Complexe des sciences

Depuis 2012, le programme d'efficacité énergétique a également été déployé au Complexe des sciences Pierre-Dansereau. «Comme au campus central, la première phase touchait surtout les salles mécaniques, souligne Patrick Dionne. Les travaux de la deuxième phase s'achèvent avec un projet emballant d'énergie solaire.»

Si les études de faisabilité s’avèrent concluantes, des panneaux solaires photovoltaïques pourraient être installés sur le toit de la Bibliothèque des sciences (KI) et du Cœur des sciences (CO). Un projet de panneaux solaires thermiques pourrait également voir le jour au pavillon de Chimie et Biochimie (CB), en lien avec la ventilation des laboratoires. «Cela pourrait se concrétiser d'ici 2019, annonce le directeur. L’objectif n’est pas d’atteindre l'autonomie énergétique, mais de combler une partie de nos besoins et de positionner l'Université sur les plans environnemental et social avec un projet d’énergie renouvelable stimulant pour la communauté.»

Pour mousser ce projet, Patrick Dionne et ses collègues envisagent une collaboration avec la communauté scientifique de l'UQAM, notamment les chercheurs et les étudiants en sciences de l'environnement. «Si ce projet devient réalité, nous tenons à ce qu'il ait une portée éducative, dit-il. L'installation des panneaux solaires pourrait donner lieu, par exemple, à des projets de recherche et à des initiatives de vulgarisation scientifique.»

Récupération de chaleur

La troisième phase des travaux d'efficacité énergétique au Complexe des sciences portera, entre autres, sur des mesures de récupération de chaleur au pavillon PK. La chaufferie du Cœur des sciences sera aussi modernisée avec l'installation de nouvelles chaudières plus efficaces. «Ces travaux permettront de réaliser des économies d'environ 180 000 dollars par année», indique Patrick Dionne.

Le Service des immeubles prépare également un projet-pilote avec l'École de technologie supérieure. Il s'agira de tester un système de batteries qui accumulent l'énergie électrique durant la journée afin de la rendre disponible lors des périodes de pointes du matin. «La puissance électrique coûte plus cher l'hiver et bientôt, avec les compteurs intelligents, il en coûtera plus cher le matin. La voie de l'avenir est donc d'emmagasiner l'énergie inutilisée durant la journée pour la redistribuer aux moments de grande demande», explique-t-il.

Un entretien essentiel

L'efficacité énergétique, rappelle Patrick Dionne, va de pair avec le bon fonctionnement des systèmes. «Il ne sert à rien de moderniser l'équipement si nous n'en prenons pas soin, dit-il. Voilà pourquoi nous instaurons des pratiques visant à optimiser les systèmes, à en tirer le meilleur parti et à bien entretenir nos équipements. Cela nécessite des opérations ponctuelles de réparation et de remplacement ainsi qu'un suivi des bonnes pratiques au quotidien, le tout afin d'assurer un processus d'amélioration continue.»

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