Un appui à la relève

L'étudiante Isabelle Grignon-Francke est la première lauréate de la bourse Bernard-Derome en journalisme.

19 Mars 2018 à 16H11

Pierre Bélanger, Bernard Derome, Isabelle Grignon-Francke et Gaby Hsab.Photo: Nathalie St-Pierre

En novembre 2016, le journaliste et ex-chef d'antenne Bernard Derome recevait le Prix du Québec Guy-Mauffette soulignant l'ensemble de sa carrière. Ce prix était assorti d'une bourse de 30 000 dollars. Afin d'appuyer la relève journalistique, il a choisi de verser cette somme à la Faculté de communication et de créer, par l'entremise de la Fondation de l'UQAM, une bourse annuelle de 3 000 dollars destinée à des étudiants de troisième année du programme de journalisme. La première bourse Bernard-Derome en journalisme a été décernée le 19 mars dernier à l'étudiante Isabelle Grignon-Francke, en présence du donateur.

«Cette bourse représente un appui majeur pour la relève et un soutien de taille pour notre université. Au nom des étudiants, des professeurs et des chargés de cours du programme de journalisme, je vous remercie de croire en la relève et de continuer à défendre la pertinence du journalisme», a souligné le directeur de la Fondation de l'UQAM Pierre Bélanger en s'adressant à Bernard Derome.

«Cette bourse constitue une marque de confiance en l'avenir du métier, qui, malgré les bouleversements technologiques, est plus indispensable que jamais», a pour sa part déclaré Gaby Hsab, doyen de la Faculté de communication.

L'essence du journalisme

Pour le bénéfice des personnes présentes lors de la remise, le professeur de l'École des médias Jean-Hugues Roy, qui est également directeur de l'Unité des programmes de premier cycle en journalisme et médias numériques, a discuté brièvement avec Bernard Derome de son parcours et de sa vision du journalisme au XXIe siècle.

Photo: Nathalie St-Pierre

Pour cet homme dont la carrière a débuté à une époque où la formation était inexistante, c'est une joie de voir ce qui se passe à l'UQAM, où de nombreux étudiants sont formés en journalisme. «Il y aura toujours de la place pour les journalistes, car il y aura toujours des histoires à raconter, a-t-il dit. L'essence du journalisme ne change pas, mais la pratique se modifie et il faut s'y adapter.»

Jean-Hugues Roy a demandé à Bernard Derome ce qu'il dirait à la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, à propos des enjeux touchant les nouvelles plateformes médiatiques. «Les entreprises américaines comme Facebook et Google s'en mettent plein les poches, elles reprennent des contenus canadiens qu'elles diffusent sans vergogne et elles ne sont pas taxées en conséquence, ce qui constitue un tarif déguisé pour nos propres plateformes», a déploré M. Derome.

Le récent durcissement de ton de la ministre, qui a déclaré que ces entreprises devront éventuellement respecter les politiques culturelles canadiennes, sont louables, note Bernard Derome. «Nous attendons toutefois des gestes concrets et les journalistes canadiens seront heureux d'en rendre compte, le cas échéant», a-t-il noté avec humour.

«Quels conseils donneriez-vous aux jeunes journalistes débutant dans le métier?», a demandé Jean-Hugues Roy. «Travail, travail, travail. Cela représente 85 % du métier pour 15 % de talent. Il faut être honnête, passionné et il faut se donner le temps de réfléchir, de prendre du recul afin de pouvoir bien mettre en contexte la nouvelle. Il faut aussi chérir nos sujets, être curieux, rigoureux et oser. C'est un métier merveilleux, qui a encore de belles années devant lui.»

Président depuis 2010 de l'Institut d'études internationales de Montréal (IEIM), Bernard Derome a tenu à remercier l'UQAM et Radio-Canada qui l'ont parrainé pour le prix Guy-Mauffette.

La première lauréate

Isabelle Grignon-FranckePhoto: Nathalie St-Pierre

Chef de pupitre au Montréal Campus, le journal étudiant de l'UQAM, Isabelle Grignon-Francke a été invitée à raconter ce qui l'a motivée à s'inscrire en journalisme. «Je m'intéresse à tout ce que vivent les êtres humains, souligne la première lauréate de la bourse Bernard-Derome en journalisme. Ce métier me permet d'aborder différents enjeux de société dans une multitude de domaines.»

Isabelle Grignon-Francke ne tarit pas d'éloges envers le baccalauréat en journalisme. «Notre programme nous apprend avec brio à défendre le journalisme et à expliquer ce qu'est la profession à la population, un impératif devenu incontournable en cette ère de journalisme citoyen. Le journaliste doit se faire un devoir d'apporter des nuances, de mettre la nouvelle à distance et de la situer dans son contexte historique.»

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