Course au décanat de l'ESG

Les candidats au poste de doyen rencontrent la communauté universitaire.

22 Février 2018 à 16H33

Les deux candidats au poste de doyen de l'École des sciences de la gestion (ESG UQAM), Louis Baron et Komlan Sedzro, étaient invités à se présenter à la communauté universitaire, le 21 février dernier, en présence de la rectrice et vice-rectrice à la Vie académique par intérim Magda Fusaro. Près d'une centaine de personnes s'étaient déplacées pour les écouter exposer leur vision de l'École et du travail de doyen.

Louis Baron: «Revenir aux sources et miser sur les valeurs qui nous caractérisent»

Louis Baron
Photo: Nathalie St-Pierre

«Voici l'offre que je vous fais: mettre mes capacités reconnues de développeur, de travailleur d'équipe et de leader authentique au service du développement de l'École», a déclaré d'entrée de jeu Louis Baron (Ph.D. psychologie, 2009), qui fut le premier à prendre la parole. Le professeur du Département d'organisation et ressources humaines a souligné les faits saillants de son parcours académique en psychologie industrielle et organisationnelle. Celui qui a été directeur du programme de MBA en conseil en management a aussi parlé de ses intérêts de recherche portant plus spécifiquement sur le développement du leadership et le coaching de gestion.

Louis Baron souhaite que l'ESG UQAM fasse sa place parmi les écoles de gestion les plus innovantes de la Francophonie. «Nous devons revenir aux sources et miser sur les valeurs d'audace, d'engagement, de responsabilité sociale et d'excellence qui nous caractérisent. Nous n'avons rien à gagner à imiter ce qui se fait ailleurs. Nous devons miser sur la créativité de nos idées, de nos approches et de nos interventions afin d'être reconnus comme un moteur de transformation économique et sociale.» 

Le candidat compte favoriser l'innovation en recherche. «Nous devons poursuivre le travail de cartographie de nos expertises afin de mieux cerner nos pôles d'excellence, illustre-t-il.  Il faut valoriser nos chercheurs d'élite et soutenir les projets interdisciplinaires et interfacultaires.»

Les innovations, ajoute Louis Baron, passent par les contacts entre les professeurs, les chargés de cours, les employés et les étudiants. «J'aimerais créer des lieux rassembleurs, comme des espaces de coworking et des incubateurs, où les gens pourront échanger des idées.» Il souhaite également miser sur l'innovation en pédagogie, notamment par la création d'espaces de cours modulables au futur pavillon Sanguinet et par la multiplication des cours hybrides et à distance.

Les défis qui attendent l'ESG UQAM au cours des prochaines années sont nombreux, poursuit-il. «Nous ferons face à une baisse démographique qui affecte déjà nos inscriptions, nous devrons fidéliser une clientèle francophone de plus en plus bilingue qui migre doucement vers les universités anglophones, et faciliter l'accès à la clientèle immigrante, souvent bien éduquée.»

D'ici quatre ans, note-t-il, HEC Montréal s'installera à trois stations de métro de l'UQAM, en plein centre-ville. «Il est encore tôt pour déterminer exactement comment cela nous affectera, mais il est certain que cela bousculera notre écosystème.»

Les débats sur la place de l'École au sein de l'UQAM ont affecté sa cohésion, estime Louis Baron. «Je constate un effritement du tissu social, qui a eu des impacts sur notre collégialité. Tout cela est venu brouiller notre identité et il faut y remédier.»

Pour réaliser les ambitions qu'il entretient pour l'École, Louis Baron propose quatre grands chantiers. Il souhaite d'abord améliorer les efforts de recrutement, notamment par la création de programmes pour les gens déjà en emploi dans une perspective de formation continue. Il entend également attirer davantage d'étudiants étrangers. «Pour ce faire, nous devrons obtenir à nouveau une accréditation internationale», souligne-t-il.

Le nouveau doyen entrera en poste au début du mandat de la nouvelle rectrice, fait remarquer le candidat. «Nous devons profiter de ce nouvel élan pour poursuivre notre développement. Nous devons positionner adéquatement l'identité distincte de l'ESG au sein de l'UQAM afin d'accroître notre notoriété et de pouvoir concurrencer les autres écoles de gestion montréalaises.»

Louis Baron compte aussi s'atteler à obtenir un meilleur financement pour l'ESG UQAM à l'interne et à l'externe. «Il faut reconnaître tous les types de recherche, y compris la recherche partenariale, soutient-il. Il faut majorer les bourses PAFARC de soutien à la recherche pour les nouveaux professeurs et aussi mobiliser la communauté des affaires et nos 90 000 diplômés afin de soutenir nos pôles d'excellence et nos unités de recherche.»

Le spécialiste en psychologie organisationnelle propose enfin d'instaurer une culture de développement des personnes afin que les employés de soutien et les chargés de cours puissent s'épanouir professionnellement au sein de l'École. «Le roulement important au sein du personnel de soutien affecte le climat de travail, mais aussi la qualité des services aux étudiants, juge-t-il. En parallèle, de nombreux chargés de cours éprouvent le besoin d'une meilleure intégration dans la vie départementale et facultaire. Ils souhaitent contribuer davantage et on serait fou de se priver de ces précieuses collaborations.» Pour répondre à ces enjeux, il compte travailler de concert avec le nouveau Vice-rectorat au développement humain et organisationnel annoncé par la rectrice.

Louis Baron promet d'instaurer une saine gouvernance et d'œuvrer dans la transparence. «En tant que doyen, je serai un membre de la Direction de l'Université. C'est une position privilégiée pour faire valoir les intérêts et les préoccupations de l'ESG et pour veiller au bon développement de l'UQAM. Je m'engage à bien vous représenter en m'entourant d'une équipe solide – je n'ai pas la prétention de pouvoir tout faire seul – et en étant à l'écoute de la communauté de l'ESG.»

Komlan Sedzro: «Nous devrons miser sur l'innovation pour nous démarquer»

Komlan SedzroPhoto: Nathalie St-Pierre

Lors de son entrée dans la salle, Komlan Sedzro a multiplié les poignées de mains sur le chemin menant à l'estrade. «On voit un homme en campagne», a lancé avec humour la directrice du Secrétariat des instances, Johanne Fortin, avant de lui céder la parole. Le candidat, qui est directeur du Département de finance, a souligné d'entrée de jeu ses états de service à l'UQAM, où il enseigne depuis 20 ans. «Je crois connaître les gens qui travaillent au sein de notre institution et j'entends leur besoin de transparence en matière de finances et leur besoin de reconnaissance au travail. L'ESG UQAM, elle, a besoin de visibilité et de notoriété», a-t-il affirmé. Il a mentionné ses collaborations passées avec les anciens doyens Jean Ducharme (1999-2003), Pierre Filiatrault (2003-2008), Ginette Legault (2008-2013) et Stéphane Pallage (2013-2018) ainsi que son implication dans la création du DESS en instruments financiers dérivés en collaboration avec la Bourse de Montréal.

«Une chose est claire, notre clientèle est convoitée et nous devrons miser sur l'innovation pour nous démarquer», déclare Komlan Sedzro à propos de l'arrivée prochaine de HEC Montréal au centre-ville. Selon lui, l'ESG a besoin d'un doyen qui connaît les institutions, le monde des affaires et les organismes communautaires, qui possède une expérience de la gestion universitaire ainsi que les compétences nécessaires pour comprendre les finances de l'École. «Tous ceux et celles avec qui j'ai travaillé vous le diront: je suis un rassembleur et je compte mobiliser tous nos talents afin de faire progresser notre École», affirme-t-il.

Ses objectifs pour les cinq prochaines années sont de faire de l'ESG UQAM une école reconnue à l'international, d'instaurer une gouvernance exemplaire, de s'assurer du bien-être de tous ceux et celles qui y travaillent et qui y étudient, de doter l'École de moyens financiers pour assurer son développement,  et de miser sur la recherche et le transfert de connaissances. «Comme disait Abraham Lincoln, "Le meilleur moyen de prédire l'avenir est de le créer." Eh bien, créons notre avenir!»

Le programme que présente Komlan Sedzro s'articule autour de cinq défis pour l'ESG UQAM. «Nous devons d'abord miser sur notre capital humain, dit-il. La réussite de l'École passe par une plus grande satisfaction de ceux qui en assurent le fonctionnement. Nous devons veiller à instaurer un climat de travail permettant à tous de s'épanouir, de s'exprimer et de réaliser leur plein potentiel. Il faut aussi que les processus décisionnels soient collégiaux et transparents et veiller à ce qu'il y ait une bonne diffusion de l'information.»

La qualité de la formation représente le second défi, selon le candidat. «Il faut continuer à innover en matière de création de programmes et faire connaître l'ensemble de nos formations. À cet effet, je propose la création d'un Bureau du recrutement à l'ESG afin de faire la promotion de nos programmes. Nous avons des experts en marketing, mettons-les au boulot, ils ne demandent que ça!», a-t-il lancé avec humour.

La production et la diffusion du savoir constituent le troisième défi auquel compte s'atteler le candidat s'il est élu. «Il faut investir les ressources nécessaires pour développer, soutenir et valoriser nos réalisations, dit-il. En parallèle, nous devons réduire les contraintes afin de libérer du temps précieux pour nos chercheurs. Dans cette perspective, j'aimerais créer une banque de dégrèvement ESG qui servira à nourrir un programme de soutien à la recherche. J'aimerais aussi offrir un soutien logistique dédié aux demandes de subventions et à la soumission d'articles scientifiques. Il faudra enfin s'assurer d'améliorer le transfert des connaissances vers les utilisateurs potentiels.»

Komlan Sedzro souhaite également accroître le rayonnement de l'ESG. «Nous rayonnons déjà à l'échelle  locale et internationale, mais nous pouvons être encore plus visibles. Il faut valoriser nos atouts, présenter nos contributions à l'avancement du savoir et à la résolution des enjeux de notre société. L'idéal serait que tous les cadres des entreprises montréalaises soient au courant de ce qui se déroule dans leur domaine chez nous.»  Il aimerait que de nombreux décideurs soient invités à l'École pour réseauter et que les partenaires industriels et communautaires aient un accès facile aux ressources de l'École en matière de formation, de recherche et de conseil.

Enfin, le candidat compte mobiliser les réseaux de tous et chacun afin que l'École puisse récolter des ressources financières additionnelles. «Il faudra renforcer nos zones d'autonomie, notamment le Centre de perfectionnement ESG UQAM ou notre MBA pour cadres à l'étranger.» Les nouvelles ressources devront être allouées de manière optimale, précise le candidat.

«La rectrice disait "Osons l'UQAM", je dis à mon tour "Osons l'ESG!", s'exclame-t-il. Mes propositions visent à faire de l'ESG non seulement une école de gestion d'envergure internationale et une référence dans la Francophonie, mais également un cadre de vie professionnel agréable pour tous. Et, pour cela, nous devrons unir nos forces.»

Période de scrutin

Le scrutin pour la désignation du doyen se déroulera à compter de 10 h, le 26 février, jusqu'à 15 h, le 5 mars, par l'entremise du système Omnivox. Après l'examen des résultats de la consultation, le Comité de sélection du doyen, présidé par la vice-rectrice à la Vie académique par intérim Magda Fusaro, formulera sa recommandation au Conseil académique de l'ESG UQAM, lequel fera sa recommandation à la Commission des études. Celle-ci recommandera finalement la nomination de la personne au Conseil d'administration. L'entrée en fonction est prévue pour le 1er juin 2018.

On peut consulter la lettre de présentation et le curriculum vitæ de Louis Baron et Komlan Sedzro sur le site du Secrétariat des instances, sous l'onglet «Consultation en cours», ainsi que leur microsite aux adresses suivantes: 
louisbaron-decanat-esg2018.uqam.ca
komlansedzro-decanat-esg2018.uqam.ca

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