Hommage à une pionnière

Le Département de danse souligne l'apport de Martine Époque à la danse québécoise.

28 Mars 2018 à 12H28

Marie Beaulieu, professeure au Département de danse, est l'une des nombreuses personnalités ayant rendu hommage à Martine Époque.
Photo :Denis Bernier

Martine Époque, professeure émérite au Département de danse et figure emblématique de la danse contemporaine québécoise, est décédée le 19 janvier dernier à l’âge de 76 ans. Le Département de danse a souligné son apport au domaine de la danse lors d’une soirée hommage, le 27 mars dernier, au pavillon de Danse.

Une centaine de personnes – professeurs, chargés de cours, diplômés, acteurs du domaine de la danse contemporaine et de la culture, amis, membres de la famille – ont assisté à cet événement de recueillement. La directrice du Département de danse, Manon Levac, le doyen de la Faculté des arts, Jean-Christian Pleau, et la rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro, faisaient partie des personnalités qui ont tenu, par leur présence, à rendre hommage à la professeure.

Karine Poulin, fille de madame Époque, a offert une prestation chantée sur la projection d'un montage filmé de Denis Poulin, mari de la professeure émérite. Un extrait d’une chorégraphie créée par Mme Époque, Amiboïsmes, a été interprété par cinq danseurs, sous la direction de Sylvie Pinard, professeure au Département de danse. La cérémonie a été retransmise en direct sur la page Facebook du Département de danse.

«Généreuse et visionnaire, Martine Époque était tournée, avec une joie magnifique et des rires qui résonnent toujours, vers tout ce que le monde de la création recèle de possibles. Prononcer son nom, c'est dire, tout à la fois, les dizaines d'œuvres artistiques phares, les écrits, la pédagogie ouverte faite de passion partagée, et puis cette sidérante série d'initiatives structurantes pour la danse québécoise», a mentionné la rectrice lors de son allocution.

Femme de projets

Diplômée du Conservatoire de musique, de danse et d’art dramatique de Toulon et de la Schola Cantorum de Paris, Martine Époque s’établit au Québec en 1967 afin de créer une mineure en danse et rythmique à l'Université de Montréal. L’année suivante, elle fonde Groupe Nouvelle Aire, l’une des premières compagnies de danse contemporaine au Québec. De 1968 à 1981, elle signe une trentaine d'œuvres dont Amiboïsmes, De Profundis, Diallèle, Fil d’images et La trilogie de la montagne. Groupe Nouvelle Aire constitue une pépinière de créateurs et d'interprètes qui marquent la danse contemporaine tels que Louise Lecavalier, qui vient de recevoir un doctorat honorique de l'UQAM, Ginette Laurin (B.A. danse, 1993), Paul-André Fortier, Daniel Léveillé et Édouard Lock.

En 1980, Martine Époque se joint au Regroupement théâtre et danse de l’UQAM à titre de professeure. Elle y fonde le Département de danse en 1985 et joue également un rôle déterminant dans la création du programme de maîtrise en danse, dans la fondation de l'Agora de la danse et dans la conversion de l'ancien Pavillon Latourelle en lieu dédié exclusivement à la danse. Elle fonde également la Passerelle 840, un laboratoire-galerie de recherche et de création destiné aux étudiants en danse de l'Université. 

À partir des années 1990, la démarche chorégraphique de Martine Époque se greffe à une recherche technologique. Elle crée alors une série d'œuvres intégrant des images analogiques et numériques à l'action scénique et développe un concept de projection sur décors-écrans. Avec son mari, le réalisateur et infochorégraphe Denis Poulin, elle fonde, en 1999, le Laboratoire de recherche-création en technochorégraphie (LARTech). Elle met ensuite à profit le développement d’un logiciel de traitement du geste pour créer la pièce Tabula Rasa, première danse numérique 3 D interprétée par une danseuse virtuelle. Son film CODA: le final du Sacre du printemps 3D a été primé à de nombreuses reprises au Québec et à l'étranger.

Au cours de sa carrière, Martine Époque a reçu de nombreux prix et distinctions, dont le prix Denise-Pelletier en arts d'interprétation et le Prix de la création de l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Elle a été nommée professeure émérite de l’UQAM en 2008. 

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE