Stages: un dossier complexe

La rectrice Magda Fusaro a rencontré une centaine d'étudiants pour faire le point sur la question des stages dans la formation universitaire.

27 Septembre 2018 à 16H08

Les activités de stage contribuent à la formation pratique et à l'insertion en milieu de travail. Photo: Nathalie St-Pierre

Animée par une volonté de dialogue, la rectrice Magda Fusaro a rencontré une centaine d'étudiants de l'UQAM, le 21 septembre dernier, pour faire le point sur le dossier complexe des activités de stage dans la formation universitaire, sur leur rémunération, certes, mais aussi leur qualité, leur diversité et leurs spécificités. La rencontre visait à échanger avec les étudiants, à les informer et à leur faire connaître les démarches déjà entreprises (voir encadré) et celles qui le seront autour des nombreux enjeux reliés à ce dossier. Pour la rectrice, les étudiants dans leur ensemble, dont les stagiaires, doivent être partie prenante des discussions.

L'événement s'est déroulé en présence de la vice-rectrice par intérim à la Vie académique, Danielle Laberge, et de représentants des facultés et école.

D'entrée de jeu, Magda Fusaro a rappelé l'importance des stages dans la formation des étudiants. «À l'UQAM, nous offrons à la fois une formation théorique et une formation pratique, laquelle permet l'application des connaissances, a-t-elle déclaré. Les activités de stage, qui font partie de nombreux programmes d'études, contribuent à la formation pratique et à l'insertion en milieu de travail en favorisant, notamment, l'acquisition d'habiletés et d'attitudes professionnelles.»

Sous le signe de la diversité

La rectrice a tenu à préciser que la complexité du dossier tient principalement à la grande diversité des stages et des milieux dans lesquels ils se déroulent. Les stages se différencient par leur nature (observation ou intervention), leur durée (de quelques jours à plusieurs semaines), leur statut (stage optionnel ou obligatoire) et le degré d'intégration dans le milieu (présence occasionnelle ou à temps complet). Les stages peuvent enfin s'effectuer dans des milieux d'accueil très différents: gouvernement, institutions publiques, entreprises privées, organismes communautaires et associatifs, etc.

«C'est cette diversité qui doit aujourd'hui faire l'objet d'une large réflexion, a souligné Magda Fusaro. Les questions relatives à la supervision, à l'encadrement et à la rémunération des stages préoccupent l'ensemble des directions universitaires ainsi que le Bureau de la coopération interuniversitaire (BCI), où sont réunis les recteurs et rectrices des divers établissements.»

Actions entreprises depuis février 2018

- Rencontre de la direction de l’UQAM, de la directrice des Services à la vie étudiante et de la doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation avec des représentantes et représentants étudiants;

- Invitation lancée à l’Association des étudiantes, étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation (ADEESE) à présenter aux membres du Conseil d’administration (CA) le rapport «Enjeux et perspectives sur la rémunération des stages», et présentation de celui-ci au CA du 20 mars 2018 par les représentantes de l’ADEESE;

- Dépôt du document institutionnel «Les stages en milieu universitaire» au CA du 20 mars 2018;

- Adoption par le CA d’une résolution visant la mise sur pied d’une table de concertation au Conseil d'administration du Bureau de la coopération interuniversitaire (BCI);

- Mise sur pied d'un groupe de travail sur les stages pour les formations dans le domaine de la santé et des services sociaux de la table des vice-recteurs à la vie académique du

BCI. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des travaux menés actuellement par le Comité de travail sur les stages du ministère de la Santé et des Services sociaux;

- Mise en place d’un groupe de travail sur les stages: demande du Conseil d’administration du BCI;

- Ajout d’un point en séance, «Rémunération des stages», à l’ordre du jour du CA de l’UQAM le 19 juin 2018.

Des questions légitimes

Au cours des derniers mois, le dossier des stages a été principalement abordé sous l'angle de la rémunération des stagiaires, un enjeu majeur qui soulève plusieurs questions. Les stages doivent-ils être considérés comme des activités de formation ou des prestations de travail? Et s’ils devaient être rémunérés, les stagiaires devraient-ils recevoir un salaire ou une compensation financière?

«Il n'y a pas de réponse unique à ces questions, a indiqué la rectrice. On ne peut prendre position avant d'avoir pris connaissance de toutes les facettes du dossier et sans tenir compte des besoins et des contraintes des milieux d'accueil, notamment de leur capacité de rémunérer les stagiaires sous une forme ou une autre.»

L'enjeu de la rémunération dépasse les prérogatives des universités, a fait valoir Magda Fusaro, puisqu'il implique de nombreux acteurs, tels que le gouvernement, les associations et ordres professionnels, les organismes de concertation – BCI, tables sectorielles, pôles de coordination –, les syndicats et l'ensemble des employeurs des secteurs public et privé. «Nous devons aussi prendre en compte la complexité de la Loi sur les normes du travail qui, dans sa dernière version, ne traite pas de cet enjeu», a précisé la rectrice.

Une étudiante a rappelé que plusieurs femmes stagiaires ne sont pas rémunérées, notamment dans le secteur public, où de nombreux stages sont associés aux domaines traditionnellement féminins (enseignement, soins infirmiers, psychoéducation, travail social, etc.), alors que dans des domaines traditionnellement masculins (informatique, génie, gestion), les stages sont généralement rémunérés. «Vous avez raison de soulever ce problème, qui est une source de préoccupation et qui fera l'objet de discussion aux différentes tables», a commenté Magda Fusaro.

Nécessaire concertation

Les universités collaborent de plus en plus entre elles pour trouver des pistes de solution, a noté la rectrice, citant l'exemple des trois groupes de travail mis sur pied par le BCI. Ces derniers portent sur le statut des stagiaires, la recension des activités de stage dans les universités et la mise en place d'une table de concertation avec des représentants des milieux de stage.

«La concertation avec nos partenaires des milieux de stage, comme les ordres professionnels dans les secteurs de la santé et des services sociaux, est importante», a dit Magda Fusaro. «En éducation, il n'existe pas un ordre professionnel des enseignants, mais un Comité d'agrément des programmes de formation en enseignement (CAPFÉ), avec lequel la collaboration est aussi essentielle, a remarqué Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation. Si nos programmes et nos stages ne répondent pas aux exigences du CAPFÉ en matière d'acquisition des compétences, les étudiants ne pourront pas obtenir leur brevet d'enseignement.»

En réponse à une question d'un étudiant, la rectrice a indiqué qu'un portrait complet des conditions de stage dans les différents programmes d'études de  l'UQAM – recrutement, nombre de stages, nombre d'heures, accompagnement et placement des étudiants – sera finalisé au cours de l'automne.

Elle a aussi mentionné que, sur sa proposition, le sujet des stages sera à l'ordre du jour de la prochaine assemblée de la Commission des études (CÉ) le 16 octobre 2018. On y abordera la création d'un groupe de discussion sur les stages relevant de la CÉ.

«Il est essentiel que ce dossier soit discuté plus largement au sein de notre université,», a souligné la rectrice. Elle a conclu la rencontre en donnant un nouveau rendez-vous aux étudiants avant la fin de la session d'automne pour faire le point sur l'évolution des discussions.

Choisir un milieu de stage

Afin d'aider les étudiants qui termineront leur scolarité au trimestre d'hiver 2019 à choisir leur milieu de stage, un panel réunissant des professionnels issus de divers milieux (scolaire, ressources humaines, employabilité, réadaptation professionnelle) se tiendra le 28 septembre prochain au pavillon Hubert-Aquin (A-M050), de 13 h 30 à 16 h 30. Un finissant en développement de carrière présentera également ses démarches d'insertion professionnelle.

Les caractéristiques des différents milieux, les tâches spécifiques à y effectuer ainsi que les attentes à l'égard des stagiaires en matière de compétences, d'attitudes et de comportements feront l'objet d'échanges entre les panélistes et les étudiants.

L'événement est organisé par les chargées de cours Maryse Lachance et Ilia Essopos, du Département d'éducation et pédagogie.

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