Des affiches québécoises à La Havane

Marc H. Choko présente une sélection des plus belles affiches québécoises en sérigraphie dans la capitale cubaine.

7 Juin 2018 à 16H55

Marc H. Choko présente une sélection des plus belles affiches québécoises en sérigraphie dans la capitale cubaine. Cette affiche très rare, datée de 1958, est l'oeuvre du célèbre caricaturiste Normand Hudon.
Image :Collection Marc H. Choko

Le professeur émérite de l'École de design Marc H. Choko présente à Cuba, du 5 au 30 juin prochain, L’art de la sérigraphie publicitaire au Québec, une exposition réunissant 40 des plus belles affiches réalisées en sérigraphie des années 1950 à nos jours. L'exposition a lieu au Centro Provincial de Artes Plasticas y Diseño, dans la vieille ville de La Havane. À cette occasion, le professeur et commissaire de l'exposition a également donné une conférence sur l'histoire de l'affiche au Québec à l'Instituto Superior de Diseño (ISDI), récemment rattaché à l'Université de La Havane.

L'exposition, produite par le Centre de design, témoigne de l'évolution de la scène culturelle au Québec. Quand toute une série de théâtres ouvrent leurs portes à Montréal après la Seconde Guerre mondiale – le Théâtre du Rideau Vert (1948), le Théâtre du Nouveau Monde, (1951), le Théâtre de Quat’ Sous (1955), puis le Théâtre d’Aujourd’hui (1968) –, c’est tout naturellement qu’ils privilégient l’impression en sérigraphie pour annoncer leurs spectacles, comme le feront les nombreux autres organismes culturels qui se multiplieront tout au long des années 1960 et 1970.

L'exposition regroupe des illustrateurs comme Normand Hudon, diplômé de l’École des beaux-arts de Montréal et de l’Académie Montmartre à Paris, et Vittorio, le sculpteur Charles Daudelin, et le graphiste Gérald Zahnd, qui créent dans le domaine du théâtre des affiches représentatives d’une nouvelle modernité graphique.

Inspirés par le mouvement de Mai 68 en France, les petits partis politiques, les organismes sociaux ou étudiants qui émergent au Québec durant les années 1970 et 1980 vont eux aussi saisir les possibilités qu'offre la sérigraphie, une technique d'impression parente du pochoir qui nécessite un équipement peu cher et simple d’utilisation, tout en donnant aux affiches des couleurs d'une grande profondeur.

Parmi les affichistes plus récents exposés à La Havane, on retrouve le professeur de l'École de design Alfred Halasa, le chargé de cours Lino (B.A. design graphique, 03), ainsi que les diplômés Tomasz Walenta (B.A. design graphique, 1996; Ph.D. études et pratiques des arts, 2016) et Sébastien Lépine (B.A. design graphique, 2001). Des affiches produites lors du printemps érable par le collectif d'étudiants en design graphique La Montagne rouge font aussi partie de la sélection.

Cette exposition, présentée à Cuba grâce à une aide financière du ministère des Affaires internationales et de la Francophonie, souhaite contribuer à redonner au Québec la place qu’il mérite dans ce domaine de l’histoire de l’art, et à ces œuvres la reconnaissance que le dédain pour l’art publicitaire a trop longtemps tenues dans l’ombre.

Et un affichiste mexicain à Montréal

Marc H. Choko présente en parallèle à Montréal une exposition en deux volets consacrée à Alejandro Magallanes, une des figures dominantes de l'affiche contemporaine au Mexique. Sa production – plus de 500 affiches, des livres pour enfants, des sculptures, des animations – lui a valu une reconnaissance internationale, comme le prouve son appartenance au club sélect de l’Alliance Graphique Internationale depuis 2004.

Sous le titre Figuras de papel. Affiches de cinéma d'Alejandro Magallanes, l'exposition rend hommage à la créativité de l'affichiste. Dans ses œuvres, qu'elles soient poétiques, humoristiques ou engagées, dessin, photographie, photomontage, textes calligraphiés ou polices de caractères variées composent des images allant du baroque au plus épuré. Pleinement assumée, son identité mexicaine se traduit par toutes sortes d'allusions à la culture nationale. L'affichiste va même souvent jusqu’à jouer ouvertement des stéréotypes et des poncifs du genre : cactus, têtes de mort, couleurs du drapeau national, masques et animaux symboles, couleurs vives, homme aux lourdes moustaches et au grand chapeau rond à larges bords…

L'exposition, qui regroupe 140 affiches de cinéma, est présentée en deux lieux, à la Cinémathèque québécoise et à l'Institut culturel du Mexique situé au Consulat général de Montréal, jusqu'au 3 août prochain.

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