Accueillir les enfants plurilingues

Des pratiques éducatives doivent être mises en place en milieu préscolaire afin de mieux communiquer avec ces enfants. 

28 Mai 2019 à 16H42

Série Acfas 2019
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université du Québec en Outaouais du 27 au 31 mai.

Pour les enfants issus de l’immigration, la fréquentation d’un centre de la petite enfance (CPE) ou d’une garderie est souvent l’une des premières expériences d’imprégnation culturelle et linguistique.  Photo: Getty Images

Pour les enfants issus de l’immigration, la fréquentation d’un centre de la petite enfance (CPE) ou d’une garderie est souvent l’une des premières expériences d’imprégnation culturelle et linguistique. Les recherches démontrent toutefois que les enfants qui parlent une autre langue que le français ont de la difficulté à faire l’apprentissage de cette nouvelle langue. «Les maternelles quatre ans ciblent en particulier les enfants vulnérables et l’on sait que la non-maîtrise de la langue française est un facteur de vulnérabilité», explique Nancy Allen, chargée de cours au Département de didactique des langues et coresponsable du colloque L’accueil des enfants plurilingues et pluriculturels et de leur famille en éducation à la petite enfance: enjeux et inspirations (30 mai).

Ce colloque sera l’occasion pour les chercheurs comme pour les praticiens de réfléchir à l’accueil des enfants et au respect de leur langue et de leur culture en contexte d’inclusion, rappelle la chargée de cours. Le colloque se penchera en particulier sur les pratiques éducatives qui reconnaissent et valorisent la diversité culturelle et linguistique. «Plusieurs pays d’Europe se sont dotés de politiques d’accueil qui favorisent le plurilinguisme», affirme Nancy Allen. En Europe et au Maroc, les éducatrices à la petite enfance disposent de matériel pédagogique pour mieux intégrer les enfants immigrants ou de cultures autres que celle de la majorité (berbère, par exemple) et pour communiquer plus facilement avec eux.

«Les enfants utilisent des pictogrammes afin de mieux exprimer leurs émotions à leurs éducatrices, précise Nancy Allen. Les éducatrices ont le souci de s’adapter à ces enfants en apprenant quelques mots de leur langue d’origine ou en faisant entendre dans la classe une chanson qui représente leur culture.» Pour communiquer avec ces enfants, les professionnelles doivent avoir du temps et disposer des ressources nécessaires pour mettre en place de meilleurs outils de communication, recommande la chargée de cours. «Les éducatrices peuvent se sentir dépassées par les difficultés.»

Lors de la conférence «Des pratiques éducatives adaptées à la langue première des enfants en CPE», Nancy Allen présentera, en collaboration avec ses collègues Caroline Bouchard, de l’Université Laval, et Johanne April, de l’Université du Québec en Outaouais, une étude réalisée dans une quinzaine de CPE. Les chercheuses se sont intéressées aux conditions nécessaires pour répondre aux besoins des enfants plurilingues ou pluriculturels sans pénaliser les autres enfants du groupe. D’autres Uqamiennes participeront au colloque. La professeure du Département de didactique Nathalie Bigras discutera de l’éducation préscolaire au Maroc tandis que sa collègue Geneviève Audet, du Département d'éducation et formation spécialisées, présentera des initiatives inspirantes pour favoriser des relations saines entre les intervenants en milieux de garde et les familles immigrantes.

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