L'inclusion sociale de l'autisme

De la petite enfance à l'âge adulte, les défis sont nombreux pour les personnes autistes et leurs familles.

28 Mai 2019 à 11H38

Série Acfas 2019
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université du Québec en Outaouais du 27 au 31 mai.

Getty Images

Les recherches sur l’autisme ont pris de l’ampleur ces dernières décennies, mais elles se sont surtout attardées aux causes biologiques et aux interventions dans la petite enfance. «Considérant que l’autisme touche plus d’un pour cent des enfants et est en constante augmentation, il importe d’élargir ces questionnements et de s’interroger sur les façons de favoriser l’inclusion sociale des personnes autistes et de leurs familles», observe la professeure du Département de sociologie Catherine Des Rivières-Pigeon. En collaboration avec sa collègue Marie-Hélène Ayotte, de l'UQAT, la professeure est coresponsable du colloque Favoriser l'inclusion sociale en autisme (31 mai).

Des recherches sur l’inclusion sociale des personnes autistes et de leurs familles à différentes étapes de leurs vies seront présentées. «Il s’agit, dans un premier temps, de s’attarder aux défis d’une telle inclusion, dit Catherine Des Rivières-Pigeon. En effet, les recherches démontrent que les personnes autistes font souvent face à des difficultés importantes lorsqu’il est question, par exemple, de leur accès à l’éducation ou au marché du travail. Il en va de même pour leurs familles, qui peuvent être confrontées à du stress, à de l’isolement, à des problèmes financiers et à la difficulté de combiner un travail rémunéré avec les exigences de leur situation familiale.»

Ce colloque s'inscrit dans la foulée de la mise sur pied de l'Équipe de recherche pour l'inclusion sociale en autisme (ERISA), un regroupement multidisciplinaire et interuniversitaire financé par la Faculté des sciences humaines de l'UQAM, souligne fièrement Catherine Des Rivières-Pigeon. «Nous étudions l'inclusion et nous prêchons par l'exemple, car notre équipe de recherche, en plus de compter sur des professeures et des étudiantes de cycles supérieurs, intègre une personne autiste, Lucila Guerrero, et une mère d'enfant autiste, Nadia Lévesque, qui participeront toutes les deux au colloque. Elles nous permettent de mieux comprendre la perception qu'ont les personnes autistes de leur diagnostic, leurs conditions de vie et leurs aspirations en matière d'inclusion.»

Le colloque est structuré autour de cinq thématiques correspondant à des moments clés de la vie des personnes concernées par l’autisme. «La première touche aux pratiques innovantes d’inclusion en milieu scolaire et la deuxième porte sur des interventions prometteuses à l’adolescence, précise Catherine Des Rivières-Pigeon. Les conditions de vie des familles, qui peuvent favoriser l’inclusion ou lui nuire, seront ensuite abordées, ainsi que le rôle d’Internet, envisagé comme un outil possible pour réduire l’isolement et favoriser l’inclusion. Enfin, la dernière section du colloque porte sur l’inclusion sociale des adultes autistes, notamment grâce au travail.»

Catherine Des Rivières-Pigeon a dirigé un ouvrage paru récemment, Autisme: ces réalités sociales dont il faut parler (Publications du Québec), auquel ont collaboré plusieurs des participantes au colloque.

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