Jeunes et itinérance

Pour prévenir l’itinérance des jeunes, des chercheurs plaident en faveur d’une approche globale.

21 Mai 2019 à 15H24

Série Acfas 2019
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université du Québec en Outaouais du 27 au 31 mai.

L'approche globale de la préventon de l'itinérance chez les jeunes préconise une plus grande concertation entre les services et organismes qui interviennent auprès d'eux.  Photo: GettyImages

L’itinérance chez les jeunes est une réalité complexe caractérisée par une combinaison de facteurs, laquelle nécessite de repenser les stratégies de prévention. «Les interventions actuelles s’inscrivent principalement dans une logique d’urgence centrée sur les besoins immédiats, qui conduit à une surspécialisation et à une segmentation des services», soutient le professeur du Département de sexologie Philippe-Benoit Côté. Avec sa collègue Sue-Ann Macdonald, de l’Université de Montréal, le chercheur est coresponsable du colloque Prévention de l’itinérance chez les jeunes: une réflexion collective sur les points tournants, l’avancement des connaissances et les pratiques d’intervention (29 mai). Les deux professeurs sont membres du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations (CRÉMIS).

Une partie du colloque sera consacrée à l’approche globale de la prévention de l’itinérance, une voie considérée comme prometteuse par les milieux de pratique. «Cette approche préconise d’envisager l’ensemble des dimensions de la réalité vécue par les jeunes et privilégie une plus grande concertation entre les services et organismes qui interviennent auprès d’eux,», souligne Philippe-Benoit Côté.

Durant la période de transition à la vie adulte, plusieurs jeunes connaissent des ruptures relationnelles pouvant mener à une situation de désaffiliation sociale et d’instabilité résidentielle. Comme leurs trajectoires sont souvent faites d’allers-retours, de hauts et de bas et d’essais-erreurs, la prévention exige adaptabilité et souplesse. «Faisant écho à cet impératif, une communication portera sur le travail de rue, une forme d’intervention de proximité, dont l’approche globale combine des visées de prévention et de réduction des risques associés à l’itinérance», note le professeur.

Il sera aussi question du rôle joué par une maison d’hébergement de la région de Québec qui accueille des jeunes de 12 à 17 ans et offre des logements de transition aux 18-25 ans ainsi que du travail de prévention effectué par l’équipe de Cirque hors piste, un OBNL montréalais qui propose des espaces de création à des jeunes marginalisés.

Philippe-Benoit Côté et son collègue Martin Blais (Département de sexologie) présenteront une communication concernant la surreprésentation des jeunes de la communauté LGBTQ+ au sein de la population itinérante.  «En Amérique du Nord, des enquêtes indiquent que 20% à 40% des jeunes itinérants s’identifient comme lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres ou queer, rappelle le chercheur. Nos entrevues individuelles réalisées avec des jeunes LGBTQ âgés de 16 à 25 ans révèlent que le sentiment d’exclusion éprouvé dans différents milieux de vie – famille, centres jeunesse, école – a favorisé leur passage à l’itinérance.»

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