Brian Myles, à son Devoir

Le journaliste et ancien professeur de l'École des médias tient solidement les rênes du quotidien indépendant.

19 Novembre 2019 à 12H17

Série L'esprit UQAM
On les reconnaît à leur audace, à leur esprit d’innovation, à leur sens de l’engagement. Ils ont «l’esprit UQAM». À l’occasion du 50e, des diplômés qui ont fait leur marque dans toutes les sphères de la société évoquent leur parcours uqamien. Cette série a été créée pour le site web UQAM: 50 ans d'audace

Difficile de dissocier le journaliste Brian Myles (B.A. communication, 1996; M.A. communication, 2009) de son journal. Il y a une vingtaine d'années, alors finissant au bac en communication, c'est dans la salle de rédaction du Devoir que démarrait sa carrière comme commis à la rédaction. Affecté ensuite aux affaires policières, municipales et judiciaires, il s'est peu à peu imposé comme l'un des reporters les plus solides de sa génération. En 2015, sa vie professionnelle aurait pu prendre un autre tour. L'École des médias, où il enseignait déjà depuis 10 ans à titre de chargé de cours, le recrutait comme professeur. Mais, quelques mois plus tard, l'appel du Devoir a été le plus fort: c'est en tant que directeur que Brian Myles est retourné au quotidien qui l'a vu naître comme journaliste.

«On est journaliste au Devoir parce qu'on croit au type d'information que l'on y fait, parce qu'on croit à un journal qui fait avancer le débat d'idées», confiait-il à Actualités UQAM en 2015. Doublement diplômé de l'UQAM, Brian Myles a aussi été chroniqueur au magazine L'actualité et collaborateur au Réseau de l'information RDI. Élu président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en 2009, il occupera le poste jusqu'en 2013. Cela a été un grand honneur, mais aussi une grande source d'angoisse: «Rien n'est plus critique et incisif qu'une bande de journalistes!», nous disait-il en 2015. La FPJQ a sans doute été une bonne école pour développer le leadership qui lui permettra ensuite de saisir les rênes du Devoir, qu'il tient solidement depuis!

Quel type d'étudiant étiez-vous?

Tranquille, studieux, surtout dans la première partie de mon bac. Ensuite, quand j'ai réalisé l'importance de prendre de l'expérience, je passais plus de temps au Montréal Campus que dans mes cours! On y apprenait vraiment le métier de journaliste, on y faisait tout comme dans un vrai journal. Et c'est le seul endroit où j'ai dansé sur les bureaux à l'heure de la tombée!

Que rêviez-vous de devenir?

À l'époque, l'École des médias n’existait pas. On devait choisir un profil à l'intérieur du bac en communication et, au départ, j'hésitais entre le profil cinéma et le profil journalisme. Comme seul un étudiant de 19 ans peut le faire, j'ai tiré à pile ou face et c'est le journalisme qui a gagné! Il faut dire que cela m'avait refroidi d'apprendre que Stanley Kubrick n'avait pas pu faire le moindre film avant l'âge de 30 ans. Je ne me voyais pas vivre dans l'indigence pendant encore 10 ans!

Quelle idée, quel concept, quel buzzword était à la mode dans votre domaine à l'époque de vos études?

Il y en avait beaucoup! Entre 1991 et 1994, on parlait à peine d'Internet, mais on parlait beaucoup des nouvelles technologies de l'information et de la communication, les NTIC, de cybernétique, de l'autoroute de l'information. On parlait aussi d'un nouvel ordre mondial de l'information – on n'a jamais su ce qu'était le désordre auparavant – qu'on attend toujours, d'ailleurs!

Quel était l'endroit préféré des étudiants pour se réunir?

Le Saint-Sulpice [un bar de la rue Saint-Denis], sans aucune hésitation! Quand on finissait une édition du Montréal Campus, on aboutissait toujours au Saint-Sulpice. Notre vendeur de pub avait négocié un contrat d’échange qui nous donnait droit à un ou deux pichets de bière. Ça faisait notre soirée!

Pouvez-vous nommer un professeur, une phrase ou un cours qui vous a marqué?

C'est ingrat comme question. Je dirais Antoine Char, en journalisme, pour sa rigueur et son sens de l'éthique. C'est lui qui m'a appris que la valeur d'un journaliste lui vient de sa crédibilité, de sa réputation. En journalisme, ton nom est ta marque de commerce. Il y a eu aussi Jean-Pierre Masse au bac, Luce Des Aulniers et Gina Stoiciu à la maîtrise, et beaucoup d'autres. Globalement, j'ai croisé énormément de profs et de chargés de cours allumés, dévoués, passionnés par leur pratique.

Que souhaitez-vous à l'UQAM pour ses 50 ans?

Je lui souhaite de garder son erre d'aller, qu'elle a retrouvée depuis que Magda Fusaro est à sa tête, tout en demeurant une université contestataire, rebelle, critique, capable d'avancer tout en questionnant la société qui l'entoure. Je lui souhaite de continuer d'être la rencontre de tous les possibles, de rester accueillante. C'est peut-être son héritage le plus précieux. Je ne pensais pas que j'irais à l'université un jour et je me suis reconnu à l'UQAM. Cette institution a toujours été capable de faire une place à tous les types de personnalités, à tous les types de parcours et, pour moi, c'est important. Il n'y a aucune autre université au Québec qui joue le rôle de l'UQAM.

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