Des essais cliniques en 2020

La nouvelle approche thérapeutique contre le cancer du sein développée par l’équipe de Borhane Annabi franchit une autre étape.

20 Décembre 2019 à 10H50

Photo: Nathalie St-Pierre

La nouvelle approche thérapeutique contre le cancer du sein développée par le professeur du Département de chimie Borhane Annabi et son équipe de chercheurs du Laboratoire d’oncologie moléculaire de l’UQAM, en collaboration avec la biotech québécoise Theratechnologies (TSX: TH) (NASDAQ : THTX), vient de franchir une étape importante. Lors du San Antonio Breast Cancer Symposium, qui avait lieu du 10 au 14 décembre derniers au Texas, Theratechnologies a présenté les résultats des expériences in vitro et in vivo démontrant que le TH-1902 (docétaxel conjugué au nouveau peptide expérimental de Theratechnologies TH19P01), présentement en développement pour le traitement du cancer du sein triple négatif, permet d’améliorer l’efficacité et l’innocuité du docétaxel seul. Compte tenu des commentaires positifs reçus par la U.S. Food and Drug Administration (FDA), Theratechnologies entend débuter la phase I d’essais cliniques avant la fin de 2020.

Le cancer du sein triple négatif représente 15 à 20 % des tumeurs du sein qui sont diagnostiquées et est associé à des risques élevés de récidive, en particulier dans les cinq premières années suivant le diagnostic. Le professeur Annabi et son équipe ont développé une nouvelle technologie ciblant spécifiquement des protéines surexprimées sur les cellules cancéreuses, qui servent de porte d’entrée pour amener des médicaments à l’intérieur de ces cellules. Cette nouvelle plateforme de vectorisation de médicaments est basée sur trois inventions de l’équipe de Borhane Annabi, mises au point en collaboration avec Richard Béliveau. «Cette nouvelle technologie est d’une importance capitale dans notre lutte contre le développement des tumeurs primaires ainsi que des métastases, affirmait Borhane Annabi lors de l’annonce du partenariat avec le Conseil québécois pour la découverte du médicament (CQDM), la Société canadienne du cancer et Theratechnologies, en octobre dernier. Elle peut potentialiser l’action de l’agent de chimiothérapie au niveau des cellules cancéreuses et personnaliser nos futurs traitements afin de nous assurer d’une réponse optimale des patientes, avec un minimum d’effets secondaires et à moindre coût.»

«Nous sommes ravis du succès du professeur Annabi et de son équipe dans l’atteinte d’un premier jalon vers le lancement prochain d’essais cliniques. Cette technologie unique a le potentiel d’améliorer significativement l’efficacité des traitements contre les cancers du sein difficiles à traiter tel que les cancers du sein triple négatif», déclare Diane Gosselin (M.B.A., 2005), présidente-directrice générale du CQDM, qui finance les recherches du professeur Annabi en collaboration avec la Société canadienne du cancer et Theratechnologies. «De telles avancées sont source d’espoir pour ces femmes qui luttent au quotidien contre l’une des formes les plus agressives de cancer», ajoute-t-elle.

«La majorité des décès reliés au cancer du sein triple négatif se produisent parce que celui-ci s’est propagé. Il est donc urgent de trouver de nouveaux traitements efficaces pour cibler cette maladie. Nous sommes ravis des avancées communiquées par Theratechnologies et le CQDM. Nous sommes convaincus plus que jamais que la recherche de pointe menée par le professeur Annabi à l’UQAM aidera les femmes atteintes de cancer du sein triple négatif à améliorer leur espérance de vie et leur qualité de vie», indique Denis Lalonde, directeur général de la Société canadienne du cancer.

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