Catherine Légaré réinvente le mentorat

Depuis le début de sa carrière, elle aide les jeunes à choisir la leur avec Academos.

15 Octobre 2019 à 14H50

Série L'esprit UQAM
On les reconnaît à leur audace, à leur esprit d’innovation, à leur sens de l’engagement. Ils ont «l’esprit UQAM». À l’occasion du 50e, des diplômés qui ont fait leur marque dans toutes les sphères de la société évoquent leur parcours uqamien. Cette série a été créée pour le site web UQAM: 50 ans d'audace.

Si certains jeunes savent très tôt ce qu'ils veulent faire dans la vie, ce n'est pas le cas de la majorité. Pour tous ceux-là, choisir un champ d'études s'avère un exercice difficile, pour ne pas dire périlleux. Avec son application web et mobile Academos, qui célèbre cette année son 20e anniversaire, Catherine Légaré (Ph.D. psychologie, 2005) a fait le pari d'aider les jeunes de 14 à 30 ans en leur permettant de dialoguer avec des mentors inspirants provenant de tous les domaines.

Les 85 000 jeunes inscrits à Academos ont accès à 2700 mentors (travailleurs et étudiants aux études supérieures) dont la moyenne d'âge tourne autour de 40 ans, dûment formés par l'organisme à but non lucratif. Tous les échanges ont lieu par courriel, sous la surveillance d'Academos, qui ne procède à aucun jumelage. Les jeunes sont invités à faire des recherches sur le site et à contacter les mentors qui les intéressent pour leur poser des questions.

En 2014, Academos a valu à sa présidente et fondatrice le prix «Les sciences humaines changent le monde» décerné par la Faculté des sciences humaines. L'application veut non seulement aider les jeunes à faire des choix de carrière en accord avec leurs aspirations, mais aussi les soutenir dans leur développement professionnel. «J'aimerais qu'ils comprennent l'importance de se bâtir un réseau professionnel à partir des contacts qu'ils auront eus avec nos mentors», nous disait Catherine Légaré en 2016. Depuis l'automne dernier, elle leur fournit les outils: Academos a donné naissance à Élo, une nouvelle plateforme mentorale pour le monde du travail.

Quel type d'étudiante étiez-vous?

Mon chum m'appelait «straight A»... ça veut tout dire! Il faut dire que pour entrer au doctorat en psycho, ça prenait pas mal ce profil-là. J'étais studieuse, curieuse et je travaillais fort. J'ai toujours préféré les séminaires où on a un contact direct avec le professeur et où on a l'occasion de discuter aux cours magistraux. J'aimais tout autant la vie intellectuelle de l'université que mes stages comme future psychologue en milieu scolaire, qui me permettaient un contact direct avec les enfants. Je me sentais utile en stage.

Que rêviez-vous de devenir?

Avant d'arriver à l'UQAM, je voulais être psychologue en milieu scolaire. Je voulais travailler directement avec les jeunes pour les soutenir dans la réalisation de leur plein potentiel. Mais au fil des stages, je me suis rendue compte que le milieu scolaire et la tâche de psychologue telle qu'elle s'y pratique n'étaient pas pour moi. Pendant un bout de temps, j'ai voulu être chercheuse. Toutefois, passer beaucoup de temps seule dans un labo ou enseigner étaient des aspects qui ne me plaisaient pas trop. Avec Academos, je me suis vraiment retrouvée dans mon élément: le travail de terrain en équipe, le pouvoir de changer les choses, la culture d'innovation des tech, le contact avec les jeunes. Et j'ai découvert l'entrepreneuriat.

Quelle idée, quel concept, quel buzzword était à la mode dans votre domaine à l'époque de vos études?

Cyber... ajoutez la suite que vous voulez!  Cybercommunications, cybermentorat, cyberintimidation, cyborg, cyberspace, cyberpunks, cybercafé, cybersexe, cyberattaque, cybergénération, cyberclasse, cyberculture, etc.

Sinon, on était à l'époque du socioconstructivisme. On en parlait pas mal en psychologie de l'éducation, surtout qu'on annonçait le Renouveau pédagogique dans les écoles du Québec.

Quel était l'endroit préféré des étudiants pour se réunir?

Le pub Sainte-Élisabeth ou le St-Sulpice, ainsi que le restaurant de soupe pho avec la devanture rose sur Sainte-Catherine.

Pouvez-vous nommer un professeur, une phrase ou un cours qui vous a marqué?

Mon directeur de recherche Jacques Lajoie, qui fut mon mentor. Il a été très patient quand j'arrivais avec ma liste de questions. Il m'a encouragée à innover avec rigueur, m'a constamment challengée intellectuellement et m'a permis d'exprimer mes talents... ce que je fais encore aujourd'hui!

Que souhaitez-vous à l'UQAM pour ses 50 ans?

Je souhaite que l'UQAM ait la reconnaissance qu'elle mérite comme grande université canadienne, avec ses chercheurs, ses professeurs, ses étudiants, ses diplômés. Je souhaite aussi qu'elle garde son esprit rebelle parce que ça lui donne une couleur unique!

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE