L'Indice Kijiji, prise 5

L'Observatoire de la consommation responsable dévoile son indice annuel sur l'économie de seconde main.

7 Novembre 2019 à 16H22

Illustration: Getty Images

La participation des Canadiens à l'économie de seconde main est principalement motivée par l'argent, mais les motivations altruistes et écologiques connaissent une forte croissance. Au cours des cinq dernières années, les motivations économiques ont connu une baisse de 4 %, tandis que les motivations altruistes et écologiques ont grimpé de 6 % et 9 % respectivement. C'est ce que révèle la cinquième édition de l'Indice Kijiji de l'économie de seconde main, dévoilé le 5 novembre par l'Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l'ESG UQAM et Kijiji.  L'étude est réalisée par Fabien Durif, professeur au Département de marketing, vice-doyen à la recherche et directeur de l'OCR, Manon Arcand, professeure au Département de marketing, et Marie Connolly, professeure au Département des sciences économiques.

En 2018, 82 % des Canadiens ont pris part à l'économie de seconde main, redonnant une seconde vie à 2,4 milliards d'objets – 250 millions de plus qu'en 2014. La valeur totale des transactions s'élève à 27,3 milliards de dollars au pays, ce qui représente 1,23 % du produit intérieur brut. Les provinces de l'Ouest demeurent les championnes de l'économie de seconde main: 86 % de la population de la Colombie-Britannique et 84 % de la population de l'Alberta y participe. Le Québec, avec un taux de participation de 78 %, est encore à la traîne.

«L'opinion de la société à l'égard des biens de seconde main a changé et poursuit son évolution, soulignent les auteurs de l'étude. Dans le passé, les nouveaux objets représentaient une norme, et les objets de seconde main entraînaient une certaine stigmatisation. Le sondage a révélé plusieurs indicateurs du changement.» Parmi ces indicateurs, on retrouve la hausse du nombre de gens affirmant avoir offert un bien de seconde main en cadeau ou ne pas avoir négocié le prix demandé par le vendeur, et la participation accrue des gens ayant un revenu élevé à l'économie de seconde main: l'an dernier, 35 % des utilisateurs avaient des revenus annuels de 80 000 dollars ou plus.

L'indice d'intensité de l'économie de seconde main, qui correspond au nombre moyen d'objets que chaque Canadien a vendu ou délaissé au cours de l'année, a augmenté de manière constante depuis 2014, passant de 76 à 82 (cette moyenne est influencée à la hausse par les gens effectuant plusieurs transactions). La moitié des Canadiens ont acheté ou délaissé 20 objets ou moins, alors que l'autre moitié dépassait ce nombre. Un Canadien sur cinq a acheté ou délaissé plus de 100 objets par année.

Dans le cadre de l'économie de seconde main, on peut vendre ou acquérir des objets, mais aussi en donner. Les dons représentent, en effet, 47 % de l'ensemble des activités et 62 % de l'ensemble des activités de délaissement. Les achats représentent la moitié (49 %) des activités d'acquisition: au cours des cinq dernières années, chaque Canadien a acheté en moyenne 17 objets de seconde main par année. La majorité des transactions concernaient des vêtements, des chaussures et des accessoires (30 % de tous les objets vendus). Les gains des Canadiens qui ont utilisé l'économie de seconde main durant les cinq dernières années s'élèvent en moyenne à 961 dollars par année, tandis que les économies moyennes, en optant pour des biens usagés plutôt que neufs, se chiffrent à 723 dollars.

Ce sont les plus jeunes, âgés de 45 ans et moins, qui participent le plus à l'économie de seconde main (88 % vs 82 % pour l'ensemble de la population), et les femmes y sont 32 % plus actives que les hommes, et elles sont plus enclines à donner des objets.

«L'économie de seconde main se porte fort bien et joue un rôle de plus en plus important dans la vie des Canadiens, concluent les auteurs de l'étude. Nous pouvons affirmer avec certitude qu'elle continuera à croître davantage dans les cinq années à venir.»

Les résultats complets de l'Indice Kijiji de l'économie de seconde main sont disponibles au consommationresponsable.kijiji.ca.

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