Hommage à Claude Lafortune

L’artiste du papier reçoit un doctorat honoris causa pour sa contribution à la diffusion et à l’enseignement des arts visuels.

16 Mai 2019 à 10H11

Danielle Laberge, vice-rectrice par intérim à la Vie académique, l'artiste Claude Lafortune et Nathalie Maillé, présidente du Conseil d'administration de l'UQAM. À l'arrière-plan, Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l'Éducaton, et Jean-Christian Pleau, doyen de la Faculté des arts.Photo: Frédérique Ménard-Aubin

L’UQAM a décerné un doctorat honorifique à l’artiste Claude Lafortune, par décision de son Conseil d’administration et sur la recommandation de sa Faculté des arts et de sa Faculté des sciences de l’éducation. Par ce geste, l’Université veut souligner la contribution exceptionnelle de ce créateur au développement, à la diffusion et à l’enseignement des arts visuels, au Québec et ailleurs dans le monde. Cette distinction lui a été remise le 15 mai dernier au Musée des beaux-arts de Montréal, à l’occasion du colloque Arts, sociétés et partage des savoirs, qui célèbre les 50 ans du rapport Rioux sur l’enseignement des arts au Québec.

Le nom de Claude Lafortune est indissociable de l’émission pour enfants L’Évangile en papier, diffusée à la télévision de Radio-Canada de 1975 à 1976. Mise en ondes au moment où les Québécois délaissent la pratique religieuse, l’émission fera l’objet de reprises jusque dans les années 1980. Elle marquera une génération entière avec son interprétation non dogmatique de la Bible, axée sur les valeurs universelles.

Né à Montréal, Claude Lafortune obtient, en 1961, un diplôme de l’École des beaux-arts ainsi qu’un diplôme d’aptitudes pédagogiques en arts plastiques. En 1962, il séjourne à Paris, où il étudie les décors de théâtre. Pendant quatre ans, il enseigne les arts plastiques dans les écoles des commissions scolaires de Sherbrooke et de Montréal. Pédagogue hors pair, il a supervisé de nombreux stages de formation, tout en donnant des cours de créativité à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal ainsi que des cours de scénographie à l’UQAM.

En 1966, la télévision de Radio-Canada le recrute pour concevoir des décors et des costumes pour ses émissions jeunesse. Il se retrouve sur les plateaux d’émissions phares qui ont bercé l’enfance des Québécois, depuis La Boîte à surprises jusqu’à La Souris verte, en passant par Bobino, Sol et Gobelet et La Ribouldingue. Remarqué pour son audace et sa créativité, ce magicien du papier conçoit, en 1972, les décors entièrement en carton du film culte IXE 13, de Jacques Godbout.

Avec ses personnages en papier, Claude Lafortune s’est également illustré sur scène ainsi que dans les galeries et les musées. Au fil des ans, ses œuvres ont été présentées à Vancouver, à Paris et au Japon. L’écologie, la paix, l’histoire des civilisations, l’inclusion et le respect de la diversité comptent parmi les thèmes de ses créations.

Son engagement à l’égard des enfants s’est affirmé tout particulièrement dans Parcelles de Soleil, une série télévisée diffusée sur les ondes de Radio-Canada, qu’il a conçue à la fin des années 1980 en réaction au suicide d’un petit garçon obèse. Chaque semaine, durant 13 ans, Claude Lafortune recevait sur le plateau un jeune ayant subi un rejet ou vécu une épreuve difficile.

Sans véritable plan de carrière, le décorateur, graphiste, sculpteur et bricoleur n’a jamais envisagé de prendre sa retraite. «Je suis un grand bébé qui a 82 ans, et qui s’amuse encore à faire des bonhommes en papier», déclarait-il au Devoir, le 15 mai dernier.  

L’exposition Colle, papier, ciseaux: la vie et l’œuvre de Claude Lafortune, lancée en 2011 par le Musée des religions du Monde à Nicolet, en est à sa huitième année de tournée. Elle sera présentée au musée Marguerite-Bourgeoys, à Montréal, à compter du 21 juin.

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