Honoré par le Japon

Le professeur associé Claude-Yves Charron reçoit l’Ordre du Soleil levant.

28 Mai 2019 à 11H07

Le professeur associé Claude-Yves Charron. Photo: Émilie Tournevache

Le professeur associé du Département de communication sociale et publique Claude-Yves Charron est l’un des deux Canadiens qui recevront cette année l’Ordre du Soleil levant, Rayons d’or en sautoir. Le Consulat général du Japon à Montréal en a fait l’annonce le 21 mai dernier. Établi en 1875, l’Ordre du Soleil levant est le système de récompenses le plus ancien du Japon. Il vise à reconnaître les réalisations exemplaires de ressortissants japonais et non japonais. Claude-Yves Charron est ainsi récompensé pour ses réalisations dans la promotion des échanges académiques et des relations d’amitié et de coopération entre le Japon et le Canada.

«C’est une surprise pour moi et un moment très émouvant, d’autant plus que très peu de Québécois et de Canadiens ont reçu cette distinction au fil des années, note le professeur. Le premier Québécois était Normand Bernier, en 1994, le premier Délégué du Québec à Tokyo.»

Durant sa carrière, Claude-Yves Charron a œuvré, entre autres, au développement des relations interuniversitaires nippo-canadiennes, collaborant à la conclusion d’ententes de coopération avec une vingtaine d’universités japonaises, tant dans le domaine de la formation que dans celui de la recherche. Il a également occupé le poste de Délégué général du Québec à Tokyo, de 2011 à 2013. Au cours de ce mandat, il a contribué au développement de la compréhension mutuelle entre le Japon et le Canada par la tenue d’événements divers. Il a été responsable, notamment, de l’organisation des célébrations du 40e anniversaire des relations Québec-Japon en 2013.

«Au début, les échanges entre le Canada et le Japon se faisaient surtout dans les domaines des ressources naturelles et de l’agriculture, rappelle le professeur. Puis, la dimension culturelle a occupé l’avant-scène. Des millions de Japonais ont vu les spectacles du Cirque du Soleil ainsi que ceux de Robert Lepage et de Céline Dion, sans compter les films d’animation de Frédéric Back.» Depuis une dizaine d’années, les échanges se sont intensifiés dans les secteurs de la recherche, du développement et de l’innovation, notamment au Québec en ce qui concerne, par exemple, l’aérospatial, les nanotechnologies, la médecine et la génomique.

«Aujourd’hui, le Japon est le quatrième partenaire économique du Canada, après les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni, observe Claude-Yves Charron. Selon le sous-ministre québécois des Relations internationales et de la Francophonie Robert Keating, qui a été aussi Délégué général du Québec à Tokyo, une relation de maturité et de confiance s’est installée entre le Japon et le Québec.»

Enquêtes sur le terrain

Depuis son embauche à l’UQAM, en 1978, le professeur a mené de nombreuses enquêtes sur le terrain en Asie, incluant deux prêts de service comme diplomate canadien à Beijing à la fin des années 1980 et comme Délégué général du Québec au Japon. En 2014, il mène une recherche en communication et gestion de crise au National Graduate Institute for Policy Studies et réalise des entrevues avec des spécialistes, notamment le professeur émérite Kurokawa, président de la Commission d’enquête indépendante de la Diète sur l’accident nucléaire de Fukushima. En 2017, lors d’une autre recherche portant sur la cyberdiplomatie et la cybersécuité, il rencontre le chef de la sécurité de l’information pour les Jeux olympiques de 2020. «Ces enquêtes furent autant de leçons d’humilité, dit Claude-Yves Charron. Je n’ai jamais cessé d’apprendre.»   

Le professeur est depuis longtemps fasciné par le Japon. «Ce pays représente une sorte d’énigme sur le plan organisationnel. Comment expliquer qu’après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, en particulier ceux d’Hiroshima et de Nagasaki, ce pays ait réussi à se reconstruire en deux ou trois générations pour devenir une des trois plus grandes puissances économiques mondiales?  Comment expliquer cette résilience, cette énergie, cette dynamique sociale?»

Chercheur et diplomate

Claude-Yves Charron a été secrétaire général du réseau international des chaires UNESCO en communication ORBICOM, de 1999 à 2011, et directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM), de 2015 à 2017. Il a aussi occupé, de 2002 à 2010, le poste de vice-recteur aux Services académiques et au développement technologique, 

Diplomate canadien à Beijing (1987-1989), puis diplomate de l’ONU en reconstruction sociale après conflit, le professeur a été membre organisateur du Sommet de l’ONU sur la société de l’information, conseiller de haut niveau auprès de l’ONU pour la Global Alliance for Information and Communication Technologies, membre du Conseil des gouverneurs du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et membre de différents conseils d’administration, dont celui de l’Association canadienne des Nations Unies.

Claude-Yves Charron est aujourd’hui directeur du Groupe de recherche en cyberdiplomatie et cybersécurité de l’IEIM, Fellow du Nuclear International Research Group et Distinguished Fellow du réseau ORBICOM. 

Des liens étroits

Au cours des trois dernières années, l’UQAM a reçu une trentaine d’étudiants japonais dans le cadre de programmes d’échanges, alors que 17 étudiants de l’Université, provenant de divers programmes, ont séjourné au Japon grâce à des ententes bilatérales et à des ententes signées avec le Bureau de coopération universitaire (BCI). Claude-Yves Charron tient à souligner la réussite du projet Kakehashi, mis en place par le ministère des Affaires étrangères japonais et la Fondation Asie-Pacifique du Canada. Mené en 2016 par l’École de langues, ce projet a permis à une vingtaine d’étudiants de l’UQAM de séjourner au Japon afin de mieux comprendre son histoire et sa culture.

Aujourd’hui, l’UQAM offre des cours de japonais qui peuvent conduire, notamment, à l’obtention d’un certificat en langues et culture d’Asie. «Chaque session, près de 350 étudiants s’inscrivent à des cours de japonais, encore plus qu’aux cours de chinois (mandarin)», note le professeur.

Par ailleurs, compte tenu de l’intérêt marqué des Japonais pour les cours de langues, un programme spécial pour l’apprentissage de l’anglais et du français, mettant aussi en valeur les particularités de Montréal, est en cours de préparation à l’École de langues. Ce programme, qui sera d’abord offert principalement à des partenaires en Asie, inclura des activités culturelles. De plus, à la demande de plusieurs partenaires japonais, un programme d’école d’été a été conçu grâce à une collaboration entre le Service de la formation continue et l’École de langues. Une quarantaine d’étudiants japonais se sont déjà inscrits à ce programme l’été prochain.

«Nous devons poursuivre les efforts afin de motiver les étudiants québécois à apprendre les langues étrangères, comme le japonais, insiste Claude-Yves Charron. C’est certainement l’une des clés pour favoriser la mobilité internationale.»  

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