La piscine pour contrer le lymphœdème

L'exercice dans l'eau constitue un remède efficace contre cette maladie, révèle une étude menée au Centre sportif.

11 Juin 2019 à 10H27

Après six semaines d'entraînement, la circonférence des membres atteints a diminué de 7 %, la force des mains (handgrip test) a augmenté de 16 % et la capacité cardiovasculaire à la marche s’est améliorée de 13 %. Les participantes ont également vu leur poids réduit de deux kilogrammes en moyenne.Photo: Centre sportif de l'UQAM

Réduction de la taille du liquide lymphatique, augmentation de la condition physique et de la force, hausse de la qualité de vie: faire de l’exercice dans l’eau constitue un remède efficace pour contrer le lymphœdème. Telles sont les conclusions d’une étude dont les résultats ont été publiés dans la revue The Journal of Alternative and Complementary Medicine. Andrée Dionne (M.B.A., 2007), conseillère en activités physiques et sportives au Centre sportif, est la chercheuse principale de l’étude à laquelle ont collaboré Alain Steve Comtois, professeur au Département des sciences de l’activité physique, Mario Leone (B.Sc. enseignement en activité physique, 1982), professeur à l’UQAC et Serge Goulet, professeur à l’Université de Sherbrooke.  

Environ 60 000 personnes au Québec souffrent de lymphœdème des membres inférieurs, une enflure causée par une accumulation anormale de liquide lymphatique dans les jambes, les chevilles ou les pieds. Dans la majorité des cas, la maladie se développe après une chirurgie ou une radiothérapie, entre autres dans les cas de cancer gynécologique ou du sein. Un lymphœdème non traité peut entraîner diverses complications, dont une enflure du membre qui peut atteindre jusqu’à trois fois son volume initial, des difficultés à accomplir des tâches quotidiennes et de la détresse psychologique.

Effets positifs en six semaines

Sept femmes, d’un âge moyen de 62 ans, ont participé à l’étude au Gym liquide du Centre sportif de l’UQAM. Durant six semaines, à raison de 2 séances de 45 minutes par semaine, les participantes ont effectué divers exercices dans l’eau: yoga, aquajogging, vélo stationnaire, entraînement de musculation sur trampoline ou aquastep. «La majorité des activités ont été effectuées en eau profonde, jusqu’à la poitrine, là où la pression hydrostatique est la plus élevée, explique Andrée Dionne. L’apesanteur liquide permet d’alléger tout le poids du corps, et la possibilité de ne pas montrer ses jambes fait tomber les barrières liées à l’apparence physique.»

Andrée Dionne.

Après six semaines d’entraînement, plusieurs changements sont apparus tant sur le plan de l’apparence, de la condition physique que du sentiment de bien-être général des participantes. La circonférence des membres atteints a diminué de 7 %, la force des mains (handgrip test) a augmenté de 16 % et la capacité cardiovasculaire à la marche s’est améliorée de 13 %. Les participantes ont également vu leur poids réduit de deux kilogrammes en moyenne.

Les résultats d’un questionnaire sur la qualité de vie des personnes atteintes de lymphœdème se sont également révélés positifs. «Ces femmes se sentent souvent exclues en raison de leur handicap, affirme Andrée Dionne. Le fait de pouvoir faire de l’exercice sans avoir besoin de se cacher leur a permis de profiter au maximum des bienfaits de l’activité physique et de devenir plus fonctionnelles à l’extérieur de l’eau.» 

Les personnes qui présentent d’importantes limitations sur le plan de la mobilité ont également pu participer aux activités du Gym liquide. «La piscine du Centre sportif est équipée d’un lève-personne qui permet l’entrée et la sortie de l’eau de façon autonome», précise la conseillère.

Les cours du Gym liquide réadaptation sont offerts tout au long de l’année. Il est possible de s’inscrire en consultant le site Web du Centre sportif.

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