Candidat au poste de doyen

Jean Bélanger est en lice pour succéder à Monique Brodeur à la Faculté des sciences de l'éducation.

19 Mars 2019 à 16H50

Jean BélangerPhoto: Nathalie St-Pierre

Seul candidat en lice pour le poste de doyen de la Faculté des sciences de l'éducation, le professeur du Département d'éducation et formation spécialisées Jean Bélanger (Ph.D. psychologie, 1997) était invité à se présenter à la communauté universitaire, le 19 mars dernier, en présence de la rectrice Magda Fusaro.

À l'emploi de la Direction de la santé publique de Montréal-Centre pendant une dizaine d'années, Jean Bélanger a obtenu un poste de professeur à la Faculté des sciences de l'éducation en 2002. Spécialiste de l'intervention auprès des élèves ayant des troubles du comportement, il a été membre au fil des ans de plusieurs centres et équipes de recherche, produisant de nombreux articles, livres et conférences scientifiques. Il fut premier vice-président du Syndicat des professeures et professeurs de l'UQAM (SPUQ) de 2006 à 2009, endossant le rôle de porte-parole de la négociation SPUQ-UQAM et de responsable du renouvellement de la convention collective.  Membre du Conseil académique de la Faculté des sciences de l'éducation depuis 2011, il a effectué un bref mandat à la Commission des études en 2011-2012. Il a assumé les fonctions de directeur du programme réseau de doctorat en éducation de 2010 à 2016 et il est directeur du Département d'éducation et formation spécialisées depuis 2017.

«Au cours des prochaines années, nous devrons relever de nombreux défis dans le monde de l'éducation, affirme Jean Bélanger. Pour y parvenir, je souhaite que les quatre départements de la Faculté travaillent encore plus étroitement ensemble, autant sur le plan de la recherche que sur le plan de l'enseignement. Je compte mettre à profit mes capacités de médiateur afin de faciliter la mise en commun des idées et le rayonnement de nos expertises.» 

Le candidat n'hésite pas à manifester sa reconnaissance envers les deux vice-doyens actuellement en poste, Martin Riopel (recherche) et Henri Boudreault (études), qui l'ont assuré de leur soutien respectif. Conscient que la fonction amène son lot de sollicitations externes pour de nombreux dossiers, il insiste sur ses priorités: «Je m'assurerai de choisir mes engagements de manière à pouvoir me concentrer d'abord sur mon rôle au sein de la communauté de l'UQAM.»

Après quelques minutes seulement de présentation, Jean Bélanger était en mode écoute. «L'essentiel pour moi, dit-il, est d'échanger avec vous et de répondre à vos interrogations par rapport aux enjeux touchant notre faculté.»

De la maternelle 4 ans à la formation à distance

La professeure Nathalie Chapleau, du Département d'éducation et formation spécialisées, s'est dite inquiète du dossier de la maternelle 4 ans, puisque le gouvernement caquiste, pour assurer un nombre suffisant d'enseignantes, a ouvert la porte récemment à une tolérance pour les enseignantes non qualifiées. Le gouvernement évoque entre autres la possibilité pour des diplômées du secondaire d'aller enseigner avec l'engagement de s'inscrire à des études collégiales. «La maternelle 4 ans existe déjà en milieu défavorisé. Ce n'est donc pas nouveau comme concept, mais le gouvernement veut en faire une mesure universelle. Or, il y a déjà un problème de ressources dans le milieu et en créant d'autres classes de maternelle 4 ans, il faudra en ajouter, observe Jean Bélanger. La mesure n'est pas mauvaise en soi, mais le gouvernement ne pourra pas l'implanter de manière adéquate en l'état actuel des choses. Voilà pourquoi je pense qu'il faudra l'aider à trouver des portes de sortie.»

Est-ce que cette tolérance à l'égard d'enseignantes non légalement qualifiées viendra bousculer nos programmes?, demande Nathalie Chapleau. «Il faudra questionner le gouvernement à ce sujet et offrir notre soutien aux commissions scolaires, insiste Jean Bélanger. Actuellement, beaucoup de classes sont sans titulaire et nous verrons bientôt plusieurs enseignantes et enseignants en exercice qui auront besoin d'aide et de soutien. Nous devrons contribuer à les appuyer et cela passera très certainement par notre expertise en matière de formation.»

Une autre collègue du candidat, Martine St-Germain, souhaite obtenir son point de vue sur la formation à distance. Est-elle incontournable dans les programmes en éducation? «Il faut avancer prudemment dans ce dossier et c'est de cette manière que la Direction de l'UQAM procède, répond Jean Bélanger. La formation à distance est une modalité intéressante, mais ce n'est pas la seule. Il ne sert à rien de se précipiter; il importe avant toute chose de développer les bons outils afin de répondre aux besoins réels des étudiants.»

Environnement, signes religieux et qualité des programmes

Plusieurs étudiantes au doctorat, à la maîtrise et au baccalauréat ont posé des questions au candidat. «Les étudiantes et étudiants en éducation ont voté une grève le 15 mars dernier pour manifester pour le climat. Que pensez-vous du mouvement "La planète s'invite à l'université", qui réclame que le gouvernement instaure un programme d'éducation relative à l'environnement? Présentement, il n'existe qu'un cours optionnel de 4e année dans la formation au préscolaire et en enseignement au primaire», souligne une doctorante. «Nous ne pouvons pas passer à côté de la lutte environnementale, d'autant plus que nous avons une expertise à ce sujet en éducation, répond Jean Bélanger. Cela dit, modifier un ou des programmes nécessite un travail de concertation entre différentes instances. Il faudra se pencher sur la question.»

Depuis son élection, la CAQ maintient le cap sur l'interdiction du port de signes religieux par les enseignantes et enseignants du secteur public, soulève une candidate à la maîtrise. «Sachant que cela toucherait directement plusieurs étudiantes qui seront bientôt diplômées, que peut faire la Faculté des sciences de l'éducation à cet égard?» «Voilà une excellente question pour le Conseil académique, répond Jean Bélanger. Il faut débattre de ces questions en toute collégialité afin de se positionner clairement sur la place publique.»

Une doctorante se dit préoccupée par la baisse des inscriptions dans les programmes de la Faculté. «Comment innover pour se démarquer et attirer à nouveau des étudiants?», demande-t-elle au candidat. «Est-ce que la rémunération des stages permettrait d'attirer plus d'étudiants?», renchérit une étudiante au baccalauréat en enseignement au secondaire. «La qualité de nos programmes est primordiale, souligne Jean Bélanger. Nous devons nous assurer qu'ils sont en phase avec les besoins du milieu et nous devons être prêts à revoir le contenu et les modalités d'enseignement, mais pas au détriment de la qualité. La rémunération des stages constituerait certainement une belle reconnaissance de la part du gouvernement, mais je crois que pour attirer davantage d'étudiants en éducation, il faut surtout travailler à modifier la reconnaissance sociale de la profession. Dans certains pays, les enseignants sont moins payés qu'ici et pourtant ils jouissent d'une reconnaissance sociale plus importante, ce qui incite les jeunes à envisager cette carrière.»

«Est-ce que le fait de faciliter la reconnaissance d'acquis pour les personnes immigrées pourraient aider à résorber la pénurie d'enseignantes?», demande une étudiante. «Nous avons présentement des discussions à cet effet avec une commission scolaire, qui envisage notamment d'aller recruter des enseignantes en France», révèle le candidat.

«Voyez-vous une utilité à intégrer davantage de cours de méthodologie de la recherche dans la formation des maîtres?», soulève la même étudiante. «Ce serait effectivement une bonne idée, répond Jean Bélanger. On nous demande souvent comme professeurs d'être réflexifs sur notre pratique. Or, pour être réflexif, il faut être en mesure de s'appuyer sur des résultats de recherche. Mieux comprendre les rouages de la recherche permet à cet égard de bonifier nos pratiques enseignantes.»

«Que comptez-vous faire pour améliorer globalement la condition des étudiantes et des étudiants de la Faculté des sciences de l'éducation?», poursuit l'étudiante. «Il faut qu'on leur offre non seulement des programmes de qualité, mais également qu'on s'assure de leur participation aux discussions facultaires, notamment au Conseil académique, pour trouver tous ensemble des solutions aux problématiques auxquelles nous faisons face», conclut Jean Bélanger. 

Période de scrutin

Le scrutin pour la désignation du doyen se déroulera à compter de 10 h, le 25 mars, jusqu'à 15 h, le 2 avril, par l'entremise du système Omnivox. Après l'examen des résultats de la consultation, le Comité de sélection du doyen, présidé par la vice-rectrice à la Vie académique par intérim Danielle Laberge, formulera sa recommandation au Conseil académique de la Faculté des sciences de l'éducation, lequel fera sa recommandation à la Commission des études. Celle-ci recommandera finalement la nomination de la personne au Conseil d'administration. L'entrée en fonction est prévue le 1er juin 2019.

On peut consulter la lettre de présentation et le curriculum vitæ de Jean Bélanger sur le site du Secrétariat des instances, sous l'onglet «Consultation en cours».

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