Jean-Pierre Ménard, porte-voix des patients

L'avocat défend les droits des usagers du système de santé depuis plus de 30 ans.

1 Octobre 2019 à 11H49

Série L'esprit UQAM
On les reconnaît à leur audace, à leur esprit d’innovation, à leur sens de l’engagement. Ils ont «l’esprit UQAM». À l’occasion du 50e, des diplômés qui ont fait leur marque dans toutes les sphères de la société évoquent leur parcours uqamien. Cette série a été créée pour le site web UQAM: 50 ans d'audace.

 

Lauréat 2009 du prix Reconnaissance UQAM (Faculté de science politique et de droit), l'avocat Jean-Pierre Ménard (LL.B., 1978) est reconnu comme le défenseur des usagers du système de santé. Depuis 1985, il dirige un cabinet qui s'occupe de plus de la moitié des poursuites intentées en responsabilité médicale et hospitalière devant les tribunaux québécois. Personnes âgées, handicapées et psychiatrisées, le cabinet défend des clientèles vulnérables tout en faisant la promotion de l’accessibilité, de la qualité et de la sécurité des soins.

Jean-Pierre Ménard a reçu, en 2009, la distinction d'avocat émérite du Barreau du Québec. Il est aussi le colauréat 2018 de la Médaille de Saint-Yves, remise chaque année par Pro Bono Québec à un avocat ou un cabinet ayant offert de l'aide à des individus et des OBNL québécois n'ayant pas les ressources nécessaires pour accéder à des services juridiques. 

Le diplômé s'est fait connaître pour avoir défendu des causes à portée sociale, dont plusieurs recours collectifs (hôpital Saint-Charles-Borromée, hôpital Rivière-des-Prairies, enfants autistes, etc.). Il a aussi présidé le comité de juristes experts désigné par le gouvernement du Québec pour étudier la question des soins de fin de vie. Aujourd'hui, il défend les droits de malades qui réclament une aide médicale à mourir élargie.

Dans un article de 2016 paru dans Actualités UQAM, ce passionné offrait deux conseils aux jeunes avocats qui débutent: «Savoir ce que l'on aime faire et viser haut dans la défense du bien commun». Selon Jean-Pierre Ménard, «on n'est jamais trop ambitieux quand il s'agit d'améliorer le fonctionnement de la société».

Le diplômé a reçu récemment le Prix de la Justice du Québec 2018. Cette distinction reconnaît l’apport remarquable d’une personne qui, par son action, favorise un meilleur accès à la justice pour tous ou qui contribue à faire progresser le système de justice québécois au bénéfice de la société

Quel type d'étudiant étiez-vous?

J'étais un étudiant revendicateur dans un département rouge, donc lui aussi revendicateur, qui venait d'être créé. Quand on a 20 ans dans les années 1970, une époque marquée par l'engagement social, on aspire à changer la société au complet.

Que rêviez-vous de devenir?

J'aspirais devenir avocat avant même d'entrer à l'université. Mais je ne savais pas encore dans quel domaine me spécialiser. Après avoir hésité  entre la défense des droits des consommateurs et ceux des travailleurs, je me suis intéressé à la pratique du droit en santé. 

Quelle idée, quel concept, quel buzzword était à la mode dans votre domaine à l'époque de vos études?

Je me rappelle du slogan «Faisons payer les riches!» On était à la recherche de nouveaux usages du droit, différents des usages traditionnels. En d'autres termes, le droit ne devait pas être conçu comme une fin en soi, mais comme un moyen parmi d'autres pour changer des choses.

Quel était l'endroit préféré des étudiants pour se réunir?

Les cours se donnaient dans un édifice loué sur  la rue Bleury, à l'ouest du boulevard Saint-Laurent, que l'on partageait avec la Commission de la santé et de la sécurité au travail. On se réunissait dans les locaux de la bibliothèque.   

Pouvez-vous nommer un professeur, une phrase ou un cours qui vous a marqué?

J'ai beaucoup apprécié le professeur Pierre Mackay pour sa rigueur et son ouverture d'esprit ainsi que son collègue René Laperrière.

Que souhaitez-vous à l'UQAM pour ses 50 ans?

L'UQAM voulait former des juristes d'un type nouveau, capables de répondre à des besoins qui étaient négligés dans la société. C'est dans cet esprit que j'ai orienté ma pratique d'avocat. Je souhaite que l'UQAM poursuive dans cette voie et qu'elle rayonne encore davantage. 

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE