Joseph Facal, intellectuel indépendantiste

Le chroniqueur, auteur, professeur et ancien ministre péquiste a toujours eu à cœur la souveraineté du Québec.

25 Juin 2019 à 9H33, mis à jour le 1 Août 2019 à 15H45

Série L'esprit UQAM
On les reconnaît à leur audace, à leur esprit d’innovation, à leur sens de l’engagement. Ils ont «l’esprit UQAM». À l’occasion du 50e, des diplômés qui ont fait leur marque dans toutes les sphères de la société évoquent leur parcours uqamien. Cette série a été créée pour le site web UQAM: 50 ans d'audace.

Né en Uruguay, Joseph Facal (B.A. science politique, 1983) est arrivé au Québec en 1970, à l’âge de 9 ans. Il a toujours éprouvé un amour profond pour sa terre d’adoption. «Lorsque j’étais étudiant, je voulais, d’une façon ou d’une autre, contribuer à faire l’indépendance du Québec», raconte-t-il.

Après avoir fait des études doctorales à l’Université Paris-Sorbonne, il tente de concrétiser son rêve en s’impliquant au sein du Parti québécois. Il y est candidat aux élections de 1989, élu en 1994 et réélu en 1998. Au sein des gouvernements de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, il est successivement ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, ministre d'État à l'Administration et à la Fonction publique et président du Conseil du trésor. Il quitte la vie politique en 2003 afin de consacrer davantage de temps à ses deux enfants, alors en bas âge.

Depuis, il enseigne le management et la sociologie à HEC Montréal. On peut lire ses chroniques – principalement sur la politique, mais aussi sur divers enjeux sociétaux – dans différents médias, dont le Journal de Montréal et le Journal de Québec. Régulièrement invité dans des émissions de radio et de télévision, il est aussi auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Déclin du fédéralisme canadien (2001), Volonté politique et pouvoir médical (2006), Quelque chose comme un grand peuple. Essai sur la condition québécoise (2010) et Une année en Espagne (2011). 

Quel type d'étudiant étiez-vous?

J’étais solitaire, chevelu, extrêmement maigre, lecteur boulimique, mais avec la mauvaise habitude d’attendre au dernier moment pour faire mes travaux en enchaînant les nuits blanches. Je dis à mes enfants de ne pas faire comme moi.

Que rêviez-vous de devenir?

Ce n’était pas clair du tout. Je voulais, d’une façon ou d’une autre, contribuer à faire l’indépendance du Québec et, sachant qu’il me faudrait aussi un gagne-pain, j’envisageais vaguement l’enseignement. Mais lors de mes années uqamiennes, donc au 1er cycle, il s’agissait d’abord d’avoir les notes pour être admis au 2e cycle. Avec le recul, ma trajectoire ultérieure est restée dans ces sillons: doctorat, député, ministre, professeur, auteur, chroniqueur.

Quelle idée, quel concept, quel buzzword était à la mode dans votre domaine à l'époque de vos études?

Au début des années 1980, au Département de science politique, j’avais le sentiment d’être un des rares étudiants qui n’était pas marxiste. Les buzzwords étaient donc, autour de moi, tous les mots liés à cette vision des choses: aliénation, lutte des classes, exploitation, etc.

Quel était l'endroit préféré des étudiants pour se réunir?

Pour moi et mes proches, c’était la cafétéria du pavillon Hubert-Aquin.

Pouvez-vous nommer un professeur, une phrase ou un cours qui vous a marqué?

Jacques Lévesque, immense spécialiste de l’URSS et de la Chine, fabuleux pédagogue, homme droit et intègre, reste inoubliable. Un jour, des étudiants lui demandent de se retirer pour qu’ils puissent délibérer entre eux de la charge de travail prévue au plan de cours. Il répond très calmement: «Je ne sors pas et la charge de travail ne se négocie pas». Fin de la discussion. À l’époque, c’était courageux.

Que souhaitez-vous à l'UQAM pour ses 50 ans?

Une consolidation sereine des acquis et une croissance lucide et maîtrisée.

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