Journées allemandes

L’École de langues propose trois journées d’études pour souligner le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

5 Novembre 2019 à 14H50

Vue du Mur de Berlin. Photo: Getty/Image

À l’occasion du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, qui a symbolisé la fin de la Guerre froide, l’École de langues de l’UQAM organise trois journées d’études – du 11 au 13 novembre prochains – en collaboration avec le Consulat général d’Allemagne à Montréal, le ministère fédéral des Affaires étrangères allemand ainsi que d’autres partenaires universitaires et culturels, tels que le Goethe-Institut de Montréal et la Cinémathèque québécoise.

Les thèmes de la paix, de l’État de droit, de la démocratie, des droits de la personne et du multilatéralisme seront au cœur d‘un programme d’activités comprenant des conférences, des expositions, des films et autres événements culturels.

Spécialiste de la vie politique, sociale et culturelle de l’Allemagne aux 19e et 20e siècles, le professeur du Département d’histoire Anthony Steinhoff présentera le 11 novembre, à 13 h, la conférence «Les défis de l’unification: réflexions sur l’intégration de la RDA dans la RFA».

«Au moment de la chute du Mur, en novembre 1989, les citoyens de la République démocratique allemande (RDA), à l’Est, et ceux de la République fédérale (RFA), à l’Ouest, s’entendaient sur le fait que la dictature en RDA avait fait son temps», rappelle Anthony Steinhoff. Mais il fallait décider de la façon dont se ferait la réunification des deux Allemagnes. «Il y a eu réunification dans la mesure où l’ensemble du territoire allemand s’est retrouvé sous la juridiction d’un seul État, celui de la RFA, note le professeur. Mais sur le plan politique, l’État de la RDA et ses institutions ont été démantelés. C’est en ce sens que l’on doit parler d’une intégration de la RDA dans la RFA.»

Les Allemands de l’Est désiraient les libertés politiques et la prospérité économique, mais sans renoncer pour autant aux conquêtes sociales en matière de travail, de solidarité, de santé et d’éducation. «L’intégration a été globalement un succès, en particulier sur le plan économique, considérant que la situation en Allemagne de l’Est était devenue intenable, observe le professeur. Les Allemands de l’Est ont vu leurs conditions matérielles s’améliorer, mais on leur a refusé le doit de décider eux-mêmes quel serait leur destin. En l’espace de deux ans, tous les dispositifs de l’ancien système se sont effondrés, sans que des solutions de rechange ne soient mises en place dans des domaines comme le logement.» On a vu aussi les Allemands originaires de l’Ouest occuper progressivement les plus hautes fonctions politiques, économiques et culturelles du pays.

Aujourd’hui, l’Allemagne fait face à de nouveaux défis. Le parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne a obtenu cette année des scores supérieurs à 20 % dans plusieurs Länder (États fédérés d’Allemagne) de l’ex-RDA. «Ces résultats préoccupants témoignent d’un mécontentement à l’égard de la situation sociale et politique, dit Anthony Steinhoff. À l’instar d’autres mouvements populistes en Europe, l’extrême-droite dans l’ancienne RDA utilise l’immigration comme un épouvantail.»

Autres conférences

La professeure associée du Département de géographie Élisabeth Vallet, directrice scientifique à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, présentera, le 11 novembre, une conférence intitulée «La tentation du mur». La chercheuse est réputée pour ses travaux sur les murs frontaliers.

En après-midi, un panel regroupera la professeure de l’École des médias Katharina Niemeyer, le professeur du Département de sociologie Frédérick Guillaume Dufour et Anthony Steinhoff.  Katharina Niemeyer abordera le thème de la nostalgie 30 ans après la chute du mur de Berlin, alors que Frédérick Guillaume Dufour s’interrogera sur «ce qu’il reste de la vision habermasienne de l'Europe et de la République à l'ère des populismes».

Un second panel réunira le professeur du Département d’histoire Andrew Barros et le professeur émérite du Département de science politique Jacques Lévesque, qui parleront respectivement des États-Unis et de l’ex-URSS face à l’ouverture du mur de Berlin et à la réunification allemande.

Puis, le chargé de cours de l’École de langues Sebastian Döderlein prononcera la conférence «1989-2019: Quo vadis, Allemagne ?».

En soirée, Laurence McFalls, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal, fera une présentation sur la collection de films de famille tournés en RDA, la plus importante au monde.

Le mardi 12 novembre, Manuel Meune, professeur au Département de littératures et de langues du monde de l’Université de Montréal, se penchera sur la politique culturelle et diplomatique de la RDA au Canada dans les années 1980.

Toutes les conférences auront lieu au pavillon Judith-Jasmin (local J-1187).

Séances d’information

Une présentation des programmes d’allemand (programme court, concentration, certificat et majeure) offerts à l’UQAM aura lieu le mardi 12 novembre, à 15 h. Le lendemain, deux séances d’information porteront sur la prochaine École d’été de Berlin, en 2020, et les programmes d’échange Allemagne-Québec.

L’étudiant en journalisme Jean-Michel Clermont-Goulet présentera son récit de voyage «Les Allemands de moins de 30 ans et leur vision du mur», le 13 novembre, à 16 h, au J-1187. Il sera suivi, à 17 h, de Rosanna Schropp, étudiante à la maîtrise à l’École des sciences de la gestion, qui animera un atelier intitulé «Le jour de la chute du Mur de Berlin dans les médias à l’Est et à l’Ouest». Une projection du film Good Bye Lénine conclura la soirée.

À l’Agora

Du 11 au 13 novembre, l’Agora du pavillon Judith-Jasmin accueillera l’exposition «Plein Est» et une exposition de photos des étudiants ayant participé à l’École d’été de Berlin en 2019. Il sera aussi possible de participer à un quiz en lien avec la chute du Mur et à un méga-casse-tête représentant le Mur.

En marge des journées d’études, la Cinémathèque Québécoise présentera le film Entre mer et mur de Catherine Veaux-Logeat, tandis que le Goethe-Institut de Montréal proposera l’exposition «Le Mur - une frontière à travers l'Allemagne».

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