Une affaire de famille

Le CPE de l'UQAM, la deuxième plus ancienne garderie de l'Université, célèbre ses 40 ans.

27 Mai 2019 à 16H12

Série Cinquante ans d'histoire

Le CPE de l'UQAM célèbre ses 40 ans avec un brunch festif le 9 juin prochain.
Photo :Nathalie St-Pierre

Le Centre de la petite enfance (CPE) de l'UQAM célébrera son 40e anniversaire lors d'une grande fête familiale réunissant plusieurs générations le 9 juin prochain, à l'Agora Hydro-Québec du Cœur des sciences. «Les premiers enfants que nous avons accueillis ont aujourd'hui 42 ans et nous envoient leurs enfants», souligne Laurent Forget, qui dirige l'organisme à but non lucratif depuis 1989. Situé dans le pavillon Sherbrooke (SH), le CPE de l’UQAM était, lors de son ouverture en 1978, la deuxième garderie de l’UQAM, qui en compte aujourd’hui quatre.

Les deux fils du directeur, Alexis Forget (B.Ed. enseignement secondaire-français, 2012) et Antonin Forget (B.A. éducation préscolaire, 2018), ont fréquenté le CPE et sa petite-fille, Joséphine, est présentement dans le groupe des 3 ans et demi. Sa femme Suzanne est également éducatrice à la pouponnière! Une véritable affaire de famille qui englobe tout le personnel du CPE, car les 11 éducatrices et l'éducateur, la cuisinière, la directrice adjointe et le directeur forment une équipe stable depuis de nombreuses années. «C'est plutôt rare d'avoir une équipe aussi expérimentée pendant si longtemps. Je crois que ça tient à notre volonté commune de maintenir la meilleure ambiance de travail possible», note fièrement Laurent Forget.

Photo: CPE de l'UQAM, 1978.

«Quand j'ai laissé mon aîné pour la première fois dans cette garderie, j'ai senti que tous les membres du personnel prenaient le temps de faire sa connaissance. C'était pour lui une nouvelle famille, accueillante, attentive et stimulante», raconte Lory Zephyr (B.Sc. psychologie, 2014). Spécialisée en psychologie périnatale, la doctorante a eu l'occasion de visiter plusieurs CPE dans le cadre de ses recherches. «Le CPE de l'UQAM, c'est la Cadillac des CPE, notamment en raison de l'ambiance qui y règne et de la stabilité du personnel», note la chercheuse, dont l'autre garçon fréquente aussi l'établissement.

«Le CPE de l'UQAM est inclus dans les remerciements de ma thèse!», affirme pour sa part Valérie Michaud (Ph.D. administration, 2012), professeure du Département d'organisation et ressources humaines de l'ESG UQAM. Celle-ci était étudiante au doctorat et son fils avait un an lorsque le CPE l'a appelée pour lui offrir une place. «Sans cet appel, je ne suis pas certaine que j'aurais poursuivi mes études, dit-elle. Je pouvais aller à mes séminaires en sachant qu'il était entre bonnes mains, tout près, sur le campus de l'UQAM.» Sa fille aussi a fréquenté le CPE jusqu'à son entrée en maternelle en septembre dernier.

Photo: CPE de l'UQAM, 1981.

Ouvert de 7 h à 18 h, le CPE de l'UQAM accueillait cette année 57 enfants âgés de 10 mois à 5 ans, répartis en 7 groupes dans les locaux installés au deuxième étage du pavillon. «À l'origine, en 1978, nous étions de l'autre côté du pavillon, qui abritait à l'époque l'École de design, raconte Laurent Forget. Nous occupons nos locaux actuels depuis 1998.»

Le directeur nous fait visiter les lieux et la première chose qui saute aux yeux, ce sont les hauts plafonds des aires communes. «Nos locaux sont spacieux, les enfants peuvent y faire des exercices de motricité sans problème… et c'est très bien insonorisé, ce qui n'est pas négligeable dans notre métier», souligne-t-il.

Photo: CPE de l'UQAM, 1982.

Laurent Forget parle d'expérience, car il a intégré la Garderie de l'UQAM (comme on disait à l'époque) en 1982 à titre d'éducateur. «Nous étions alors des moniteurs ou des animateurs, se rappelle-t-il. Il y avait autant d'hommes que de femmes et à peu près personne n'était formé dans le domaine. Tous avaient à cœur le bien-être des enfants, mais il s'agissait souvent d'un emploi provisoire.»

La première responsable de la Garderie de l'UQAM fut Jasmine Deslauriers, qui a cédé sa place à Isabelle Léger. Lorsque celle-ci a quitté, en 1989, Laurent Forget lui a succédé. «Quand c'est devenu la norme d'obtenir une formation en éducation à la petite enfance, les hommes n'ont pas souhaité retourner sur les bancs d'école et l'équipe a pris une tangente féminine, explique-t-il. Plusieurs éducatrices de l'équipe actuelle sont entrées en poste à la fin des années 1980.» En 1997, la garderie de l'UQAM est devenue un centre de la petite enfance (CPE), dans la foulée de la création du réseau par la ministre de l'Éducation de l'époque, Pauline Marois.

Enfants heureux, parents rassurés

«C'est cliché, mais toujours aussi vrai: nous accueillons ce que les parents ont de plus précieux, rappelle Laurent Forget. Voilà pourquoi un CPE est un milieu unique façonné par les interactions entre les enfants, les éducatrices et les parents, où le lien de confiance est primordial.»

Photo: CPE de l'UQAM, 1999.

Les deux garçons de Manuel Vallée-Léger (M.G.P., 2011) fréquentent actuellement le CPE de l'UQAM et leur père n'a que de bons mots pour le travail des éducatrices. «On sent que c'est plus qu'un simple milieu de travail et je suis convaincu que mes enfants deviennent de meilleurs êtres humains au contact de ceux et celles qui en prennent soin», souligne-t-il. «J'y envoie mon fils les yeux fermés», renchérit l'agente d'information au SePSI Mariflore Beaudin-Véronneau (B.A. art dramatique/jeu, 2004; B.A. communication marketing, 2017), dont le garçon quittera le CPE pour la maternelle à la fin de l'été. «Il aura eu le temps de faire découvrir les lieux à sa petite sœur, qui y fera son entrée en juin», ajoute-t-elle.

Des menus alléchants

En plus de l'excellent travail des éducatrices, l'une des marques de commerce du CPE de l'UQAM est la nourriture servie aux enfants. La tradition a été établie par Monique Bélanger, qui a officié en cuisine de 1981 à 2018. «Je n'ai pas hésité à faire découvrir le couscous aux enfants à une époque où cela ne faisait pas partie de l'alimentation traditionnelle québécoise, puis à introduire des épices exotiques pour relever le goût de certains plats et à cuisiner le tofu avant l'heure. Et au cours des dernières années, nous avons pris un virage végétarien», raconte l’ex-cuisinière. 

«La nourriture de Monique a marqué les enfants… et les parents aussi», affirme avec le sourire Laurent Forget. Tous les parents interrogés dans le cadre de cet article ont une anecdote à raconter sur la générosité de la cuisinière, qui leur laissait parfois des restes à apporter à la maison. Plusieurs parents réclamaient les recettes et profitaient des découvertes gustatives de leurs enfants pour intégrer de nouveaux aliments dans le menu familial.

«Le CPE a été ma communauté pendant toutes ces années. Encore aujourd'hui, il ne se passe pas deux semaines sans que je rencontre des gens avec lesquels j'ai travaillé ou des enfants qui me reconnaissent – même si moi je ne les reconnais pas toujours, car ils ont vieilli!», dit en riant Monique Bélanger, qui assistera avec bonheur à la fête du 9 juin prochain.

Les enfants du CPE sont toujours aussi bien nourris, puisque Annabelle, la cuisinière qui a pris le relais, est aussi inventive aux chaudrons. Un aperçu du menu, sur le site web du CPE, donne l'eau à la bouche: soupe de lentilles corail, fèves de Lima à l'italienne, pâtes aux aubergines et champignons, crevettes sautées style Pad Thaï avec nouilles de riz, riz frit aux fèves noires à la Mexicaine avec tortillas de blé et guacamole.

Sentiment d'appartenance

Opérer un CPE en plein centre-ville de Montréal comporte son lot de défis, mais Laurent Forget estime que les avantages surpassent les inconvénients. «Nous avons la chance d'avoir une cour intérieure bien aménagée pour que les enfants puissent jouer en toute sécurité, précise-t-il. Cela dit, nous n'hésitons pas à explorer le quartier avec les enfants, qui fréquentent assidûment la Maison théâtre et le Musée d'art contemporain, en plus de profiter du Quartier des spectacles lors de saison estivale.»

De par sa présence sur le campus de l'UQAM, le CPE entretient des liens étroits avec des chercheurs en éducation, souligne Laurent Forget. «Plusieurs professeurs qui se spécialisent en petite enfance ou en orthophonie viennent nous voir avec leurs étudiants pour mener des projets de recherche auprès des enfants, avec l'accord des parents», précise-t-il. L'établissement accueille également des stagiaires du programme de technique d'éducation à l'enfance, provenant principalement du Cégep du Vieux-Montréal, tout proche.

Photo: CPE de l'UQAM, 1998.

Cet ancrage sur le campus de l'UQAM a une incidence insoupçonnée sur les parents des enfants. «Mes collègues du département s'étonnent que je connaisse autant de gens à l'UQAM, et ce, parmi tous les corps d'emploi. C'est parce que j'ai noué des liens d'amitié durables avec plusieurs parents, explique Valérie Michaud. En ce sens, le CPE de l'UQAM a renforcé mon sentiment d'appartenance envers l'Université.» Laurent Forget a conservé lui aussi de bons liens avec plusieurs parents et enfants qui sont passés par le CPE de l'UQAM. «J'espère revoir des visages connus et partager de bons souvenirs le 9 juin prochain», conclut-il.

Un brunch sera servi durant la fête, qui se déroulera de 10 h à 13 h, et les invités pourront profiter d’une performance de l'artiste percussionniste Kattam et ses Tam-Tams. On peut s'inscrire à l'événement ici.

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