Lectures de janvier

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

21 Janvier 2019 à 16H01

Série «Titres d'ici»

Théâtre et éducation

Deux approches sont mises de l’avant en enseignement du théâtre: l’éducation à l’art, qui vise à développer le potentiel créateur de l’élève, et l’éducation par l’art, laquelle cherche à favoriser l’engagement citoyen dans une perspective d’émancipation et de mieux-être de l’élève tout en se servant du théâtre comme outil éducatif. L’ouvrage collectif Théâtre-éducation: Pluralité des trajectoires présente différentes pratiques et autres modèles d’enseignement du théâtre, développés tant au niveau national qu’international (Brésil, Chili, France, etc.). Publié par le Groupe de recherche en enseignement du théâtre (GRET) de l’UQAM, un collectif regroupant des professeurs de l’École supérieure de théâtre (ÉST), l’ouvrage fait suite à un premier colloque tenu en 2016. L’événement réunissait des chercheurs universitaires et des professionnels en milieu scolaire qui s’intéressent à la production et à l’avancement des connaissances en pédagogie du théâtre. Les chapitres du livre (formation, théories et fondements de l’enseignement du théâtre, théâtre social et médiation théâtrale) reprennent les différents axes de réflexion développés dans le cadre du colloque. Les professeures à l’ÉST Carole Marceau (M.A. art dramatique, 1993) et Maud Gendron-Langevin (B.A. art dramatique, 2007) ont mis sur pied un projet de théâtre social afin de permettre à des citoyens de prendre la parole par la création d’une pièce de théâtre dénonçant la pauvreté et l’exclusion. Le projet était organisé en collaboration avec le Service aux collectivités et l’organisme communautaire Paroles d’ExcluEs. Leur collègue Ney Wendell s’est intéressé quant à lui au concept de médiation théâtrale et à la formation de l’élève-spectateur en tant que cocréateur du travail théâtral. 

Communication et politique

Publié sous la direction de la professeure Anne-Marie Gingras (Département de science politique), Histoires de communication politique est le premier ouvrage en français qui utilise à la fois l'approche sociopolitique et la dimension communicationnelle pour comprendre des événements historiques constitutifs de rapports de pouvoir, du 19e siècle à nos jours. Les histoires politiques présentées ici traitent, notamment, de la recherche de soutien populaire en temps d'élection ou de guerre, de persuasion, de déséquilibre mondial de l'information, de l'intérêt pour les mégadonnées et de l'institutionnalisation des pratiques de communication. Les premiers chapitres portent sur les méthodes utilisées par les acteurs politiques – Roosevelt, Hitler, Duplessis, Kennedy, Obama, Trump – pour promouvoir leurs idées et leur image. Les analyses présentent les contextes sociaux, institutionnels et partisans définissant la manière dont se mettent en place les dispositifs de communication. Certains chapitres portent un regard sur des événements précis (la Trudeaumanie en 1968), alors que d'autres embrassent plusieurs décennies (les fuites en politique étrangère américaine). D'autres dressent l'état des savoirs dans divers domaines: opinion publique, communication interpersonnelle, marketing, représentation médiatique des femmes et des Autochtones au Canada, etc. Paru aux Presses de l'Université du Québec.

Le premier sociologue canadien

Autodidacte et sociologue dans ses «loisirs» (il était traducteur dans la fonction publique fédérale), Léon Gérin s'inscrit dans la lignée des premières générations d'intellectuels canadiens-français du XIXe siècle. Il a produit une œuvre imposante et diversifiée, écrivant des monographies sur des familles agricoles, des articles socio-historiques sur la colonisation et le peuplement du Canada, sur les techniques agricoles et les autochtones, ainsi que des articles biographiques, épistémologiques et méthodologiques. Dans Léon Gérin, devenir sociologue dans un monde en transition, le professeur du Département de sociologie Frédéric Parent nous montre le cheminement de ce «premier sociologue cana­dien», en même temps que celui d’une certaine société, comme une trame évolutive de l’individu et de la collectivité dans laquelle il s’active. «Les écrits de Léon Gérin sont régulièrement revisités par les sociologues, mais personne, même parmi ceux qui ont déjà consulté ses archives, n'a encore étudié sérieusement sa correspondance familiale, pourtant beaucoup plus volumineuse que sa correspondance professionnelle et donc potentiellement plus révélatrice des manières de vivre et de faire société», note l'auteur, qui a eu accès à près de 3000 lettres échangées depuis les années 1870 jusqu'à la fin des années 1940, un trésor d'informations qui couvre pratiquement toute la vie du sociologue depuis l'âge de 7 ans jusqu'à 86 ans. Publié aux Presses de l'Université de Montréal.

L'univers municipal

Pourquoi avons-nous besoin du palier municipal et comment ça marche? Voilà la question de départ posée par Pierre Prévost dans Le gouvernement municipal en questions. Économiste et consultant dans le milieu municipal depuis 25 ans, le chargé de cours au Département de science politique et au Département de management et technologie de l'ESG UQAM répond à sa propre question et fait bien plus: il brosse un portrait global du système municipal (sa définition et son fonctionnement, politique et administratif), en plus de fournir de nombreuses pistes de réflexion pour l'améliorer et lui permettre d’affronter les défis de la prochaine génération. «Qu’il soit dernier ou premier dans l’ordre des paliers publics, selon la façon de le percevoir, le système municipal de gouvernement est marqué par une très grande diversité et par une autonomie appréciable, souligne-t-il. Moins éclairé par l’action des médias qui s’y intéressent plutôt au cas par cas, il fait figure de parent pauvre de la recherche universitaire, car les données fiables ne sont pas faciles à compiler sur plusieurs aspects de son fonctionnement. D’où l’intérêt de mieux le faire connaître.» Paru chez JFD Éditions.

Entre littérature et géographie

Depuis la fin des années 1980, les échanges se sont intensifiés entre la littérature et la géographie, deux disciplines pourtant étrangères l'une à l'autre sur bien des points. Pour mieux comprendre les rapports entre l'espace du texte et l'espace réel, l'anthologie Littérature et géographie, dirigée par la professeure Rachel Bouvet (Département d'études littéraires), aborde plusieurs questions: de quelle manière la littérature entre-t-elle en relation avec les lieux? Comment l'espace y est-il représenté? Comment les outils de la géographie peuvent-ils être intégrés à une analyse textuelle? La première section de l'ouvrage retrace les différentes étapes du dialogue entre les deux domaines. La seconde est consacrée à la géopoétique, qui vise à développer le rapport sensible à la terre, ainsi qu'à la géocritique, approche comparatiste s'intéressant aux relations entre les espaces humains et la littérature. Trois autres thématiques sont explorées, soit celles du paysage (sensibilité au lieu, filtres esthétiques et culturels), de la carte (instrument de plus en plus mobilisé en études littéraires) et du langage (matériau qui médiatise le rapport entre le sujet et le monde). Paru aux Presses de l'Université du Québec.

Parler au nom du peuple?

«Prétendre parler au nom du peuple est depuis longtemps l'idéal politique à la fois le plus répandu et le plus galvaudé. C'est le fondement même de la démocratie occidentale. Mais c'est aussi la source de toutes les dérives populistes. Porter la parole du peuple, c'est se l'approprier. Qu'est-ce donc que ce peuple?» Le professeur émérite du Département d'histoire Michel Hébert tente de répondre à cette épineuse question en s'intéressant aux assemblées qui, sous diverses dénominations (parlements, états généraux, cortes ou diètes), apparaissent en Europe occidentale chrétienne aux derniers siècles du Moyen Âge. Dans La voix du peuple, une histoire des assemblées au Moyen Âge, il tente de saisir l'importance et l'originalité de ces assemblées, depuis les articles fondateurs inscrits dans la Grande Charte anglaise de 1215 jusqu'aux très grands rassemblements politiques que sont les états généraux des Pays-Bas de 1477, ceux du royaume de France de 1484 ou le Reichstag de Worms de 1495. Il s'intéresse à la fois aux idées des théologiens, des philosophes et des juristes, et aux pratiques de ces assemblées qui investissent les peuples d’une autorité nouvelle. Ces assemblées, note-t-il, sont le lieu d’expérimentation d’une représentation politique constitutive de l’État moderne, lointain ancêtre des régimes démocratiques contemporains. Publié aux Presses universitaires de France.

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