Lectures de mai

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

14 Mai 2019 à 12H00

Série «Titres d'ici»

Un monde d'écrans

À une époque où les enfants ont une trace numérique avant même leur naissance, quel impact les technologies connectées ont-elles sur notre vie de famille? Que connaît-on vraiment des habitudes de nos enfants quant à l'utilisation des écrans et à la fréquentation des réseaux sociaux? Comment les usages numériques influencent-ils le développement des tout-petits? Les relations sociales, affectives et amoureuses des ados? Leur santé mentale? Parents dans un monde d'écrans: comment vous brancher à l'univers de vos enfants de 0 à 18 ans fait le tour des enjeux de notre univers connecté. De façon simple, concrète et accessible, la professeure invitée de l'École des médias Catalina Briceño et la journaliste Marie-Claude Ducas y expliquent tout ce qu'il faut faire (ou ne faut pas faire!) pour accompagner les jeunes dans un monde où l'écran est omniprésent. «À travers tout ça, nous invitons chacun à prendre un certain recul, à développer une perspective unique à sa famille, à réfléchir sur ses valeurs familiales, sur ses priorités, sur ses propres comportements comme adulte quant aux usages numériques. Il est essentiel aujourd'hui de s'éduquer face à ces nouvelles réalités; il en va de la responsabilité de chacun de s'informer constamment et de demeurer vigilant pour le bien-être des enfants», écrivent-elles. Publié aux Éditions de l'Homme.

Témoignages d’humanitaires

Comment reconstruire sa vie et s’émouvoir à nouveau du quotidien lorsqu’on a côtoyé les pires horreurs? Dix hommes et femmes, acteurs de l’humanitaire, répondent à ces questions dans l’ouvrage collectif Partir, revenir, mourir un peu, publié sous la direction de François Audet, professeur au Département de management et technologie de l'ESG UQAM et directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEM). Tous témoignent de leurs tentatives de retrouver une vie normale après avoir vécu des choses hors du commun. Certains ont réalisé des missions en Haïti, à Gaza et en Afrique de l’Est, d’autres, en Bosnie, en Amérique latine et en Afghanistan. De retour à la maison, la majorité d’entre eux décrivent un isolement social et des difficultés de réintégration. «Les acteurs humanitaires préfèrent généralement témoigner des situations inimaginables rencontrées par les personnes qu’ils assistent plutôt que de leur propre expérience, écrit dans la préface Nicolas Bergeron, président de Médecins du monde Canada. Pourtant, en nous racontant leur impuissance, leurs doutes, la rupture de leurs liens, ils portent aussi la voix des hommes, femmes et enfants survivants de conflits armés ou de catastrophes naturelles. C’est à nous de les écouter.» Paru aux éditions Les Malins. 

Un homme de culture

Georges-Émile Lapalme (1907-1985) a joué un rôle de tout premier plan dans l’histoire du Québec. Chef de l’opposition libérale, il fut un redoutable adversaire pour Maurice Duplessis avant de faire partie du gouvernement de Jean Lesage. On lui doit, entre autres, la Délégation du Québec à Paris et le ministère des Affaires culturelles, dont il fut le premier titulaire. René Lévesque voyait en lui rien de moins que le père de la Révolution tranquille. Après son départ de la politique, Georges-Émile Laplame a tenu un journal littéraire — encore inédit — qui révèle un lecteur attentif des œuvres de son temps. Il a aussi consacré plusieurs années à la rédaction de ses mémoires, unanimement salués pour leur intérêt historique et leur qualité littéraire. Après lui avoir consacré une fiction historique (Passion et désenchantement du ministre Lapalme) ainsi qu'une anthologie (Georges-Émile Lapalme: Discours et écrits politiques 1945-1981), l'ancien recteur et professeur au Département de science politique Claude Corbo signe Georges-Émile Lapalme: Lecture, littérature et écriture, qui nous fait découvrir l'homme de culture. L'ouvrage renferme des chroniques littéraires publiées par Lapalme dans Joliette Journal entre 1947 et 1950, ainsi que des extraits de son journal personnel littéraire, tenu entre février 1966 et août 1967. Paru chez Del Busso.

Meurtre en région éloignée

En avril 2012, Natascha Mackenzie et sa petite sœur Gina, deux adolescentes innues de la réserve de Maliotenam, sont retrouvées mortes dans un sentier de motoneige à Schefferville. Afin de retrouver les coupables, le célèbre inspecteur de la Sûreté du Québec Émile Morin est dépêché sur les lieux en compagnie de son ami, l’écrivain Giovanni Celani, un ancien résident du coin. Qui a tué les jeunes filles? Le petit ami jaloux? Les bonzes corrompus de la compagnie minière MétaldOr? Des membres de la communauté innue? Élucider le crime n’est pas tâche facile puisque Blancs comme Autochtones ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de la police. Après avoir séjourné à Schefferville, l’autrice et artiste multidisciplinaire Isabelle Lafortune (B.A. études littéraires, 1999) s’est promis d’écrire un roman se déroulant dans ce lieu coupé du monde. Terminal Grand Nord explore les beautés et les laideurs du Nord tout en abordant plusieurs problèmes reliés de près ou de loin aux régions éloignées tels que l’isolement, la distance, l’alcoolisme et la violence. «En hiver, la nuit dure toute la journée ou presque, c’est surréel. On dirait que le train arrive sur la lune, mais pour être exact, il arrive au beau milieu de nulle part. C’est tellement perdu, qu’à moins de voler ou de marcher pendant des jours pour voir des semblables, on est pris ici. Aucune route ne se rend à Schefferville», écrit l’autrice. Publié aux éditions XYZ.

Coups de théâtre féminins

Loin d’être nostalgique, l’ouvrage La scène québécoise au féminin, 12 coups de théâtre 1974-1988, signé par le journaliste et diplômé Olivier Dumas (B.A. communication/journalisme, 2006), rend compte de l’actualité du théâtre des femmes de cette époque effervescente. L’auteur a réalisé des entrevues avec 21 femmes de théâtre qui racontent l’histoire des 12 coups d’éclat que furent, notamment, les spectacles Môman travaille pas, a trop d’ouvrage!, La nef des sorcières, Les Fées ont soif, La saga des poules mouillées et Un réel ben beau ben triste. «De l’approche sociopoétique au désir révolutionnaire de combattre les violences sexuelles, en passant par le didactisme émouvant, l’humour provocateur et le vérisme (…), j’ai voulu réunir des voix différentes, mais qui me semblaient complémentaires», écrit Olivier Dumas dans son introduction. Des artistes comme Paule Baillargeon, Nicole Brossard, Denise Boucher, Pol Pelletier et Michelle Rossignol, pour ne citer qu’elles, soulignent l’intemporalité de ces 21 coups de théâtre dans l’histoire collective du Québec et éclairent le contexte sociopolitique dans lequel leurs prises de parole se sont inscrites. «Loin de l’acrimonie, ces voix ont résonné comme des éclairs contre l’inertie,», observe le diplômé. Paru aux éditions de la Pleine Lune.

Correspondance fraternelle

Jasmin Lavoie (B.A. science politique, 2012) est journaliste correspondant pour France 24 et pour la chaîne télé franco-allemande ARTE. Il vit à Islamabad, au Pakistan. Son frère Frédérick est aussi journaliste et écrivain. Il vit à Bombay, en Inde, le pays voisin et ennemi. Depuis la séparation douloureuse du Pakistan en 1947 suite à la partition des Indes, les deux pays ne se sont jamais réconciliés. Durant un an, les deux frères ont échangé des lettres pour se raconter leurs péripéties de correspondants à l’étranger tout en partageant leurs réflexions.  Les lecteurs prennent connaissance des difficultés au quotidien vécues par les Indiens et les Pakistanais. Frédérick Lavoie discute de la démonétisation du gouvernement de Narendra Modi. Censée combattre la corruption, la réforme a plutôt eu comme conséquence d’appauvrir davantage des millions d’Indiens vivant de petits salaires. De son côté, Jasmin Lavoie parle des dangers encourus par les voyageurs à la frontière entre les deux pays. «Les relations sont tendues à la ligne de contrôle. Il y a quelques jours, dix Pakistanais sont montés à bord du mauvais autobus et ont été tués par des tirs provenant du côté indien. L’incident a énervé l’armée pakistanaise qui a riposté», écrit-il. Frères amis, frères ennemis. Correspondances entre l’Inde et le Pakistan est publié aux éditions Somme Toute.

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