Lectures de novembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

12 Novembre 2019 à 14H23

Série «Titres d'ici»

Folles, les femmes?

Réclamer fièrement et sans complexe sa folie, sa force et sa colère, c’est le point de départ de ce collectif. Le recueil de textes féministes Folles, frues, fortes est publié dans la nouvelle collection Tête dure, consacrée aux textes irrévérencieux, incisifs et délurés. Marie Demers (M.A. études littéraires, 2015), qui dirige la collection, y présente une situation «banale» dans laquelle une jeune femme se fait agresser par un ancien amant. La doctorante et chargée de cours en études littéraires Fanie Demeule met en scène une travailleuse de la construction dont l’efficacité fait l’envie de ses collègues masculins. Dans un texte où se mêle le récit et l’autofiction, la candidate à la maîtrise en études littéraires et psychiatre Katherine Raymond décrit comment une soirée à priori romantique tourne au vinaigre. Marie-Sissi Labrèche (B.A. études littéraires, 1997; M.A. études littéraires, 2000) raconte qu’une période de stress trop intense l’a amenée aux urgences. Dans le texte Romanesque, la professeure au Département d’études littéraires Martine Delvaux livre un commentaire bien senti sur l’affaire opposant le juge de la Cour suprême américaine Brett Kavanaugh, accusé de viol, à son ancienne camarade de classe et victime, Christine Blasey-Ford. Dans La prophétie paternelle, l’autrice queer et doctorante en études littéraires Maude Lafleur (M.A. études littéraires, 2015) raconte comment une petite fille victime des abus physiques répétés de son père éprouve des problèmes de santé mentale à l’âge adulte. Dans un texte signé par la doctorante en études littéraires Marie-Ève Sévigny, une Marquise de Merteuil (Les Liaisons dangereuses) en colère s’adresse aux (trop) nombreuses femmes victimes d’abus sexuels. Poignant. Publié aux éditions Tête première. 

Le grand Félix

Sous la direction du spécialiste en histoire de la musique québécoise Luc Bellemare, du chercheur et historien de musique et culture populaire Jean-Pierre Sévigny (B.A. études littéraires, 1990) et du musicologue et professeur au Département de musique Danick Trottier, Félix Leclerc: héritage et perspectives se présente comme l'ouvrage le plus complet à ce jour sur l'œuvre de celui qui est considéré comme le père du mouvement chansonnier au Québec. «On y relate en détail les débuts et la professionnalisation du chanteur, souligne Danick Trottier. On notera, par exemple, qu'il est faux de prétendre que les Français ont découvert Félix Leclerc. Il était déjà connu à Montréal avant sa consécration parisienne. Il s'agit d'un portrait complexe et nuancé qui revisite son œuvre multidisciplinaire et qui permet d'aller au-delà de l'image "encarcanée" du monument figé.» Une quinzaine d'auteurs, dont Danick Trottier et la professeure Lucie Robert (études littéraires), ont contribué à l’ouvrage, dans lequel on retrouve également une réédition de la seule entrevue qu'avait donnée Félix Leclerc à des chercheurs universitaires – Aurélien Boivin et André Gaulin – en 1979. L'auteur-compositeur Stéphane Venne et le compositeur François Dompierre témoignent également de leur collaboration avec Félix et de leur vision de son œuvre. Paru chez Septentrion.

Apprendre autrement

Pourquoi un enfant intelligent peut-il avoir autant de mal à apprendre? Ce qui caractérise les troubles d'apprentissage chez la plupart des enfants dont l’intelligence est normale, ce sont les anomalies que l'on observe dans les mécanismes d'apprentissage. Ces anomalies font en sorte que l’enfant n’apprend pas de la même manière que les autres, peut-on lire dans Ces enfants qui apprennent autrement. Cet ouvrage rédigé par la neuropsychologue et professeure au Département de psychologie Marie-Claude Guay dresse un inventaire complet des troubles neurodéveloppementaux les plus courants, tels que le trouble du langage (dysphasie), la dyslexie-dysorthographie et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH/TDA). Chaque chapitre décrit un trouble d’apprentissage spécifique tout en expliquant, dans un langage simple et accessible, les liens entre les anomalies dans le fonctionnement intellectuel des enfants et leurs défis au quotidien. Les propos sont illustrés d'exemples concrets et de vignettes cliniques. Les parents et les enseignants peuvent y trouver des pistes de solution et d'intervention. Malgré le fait que les troubles d’apprentissage continent de susciter des débats au sein de la communauté scientifique, un constat fait l’unanimité auprès des chercheurs: l’importance d’intervenir le plus tôt possible dans la vie de l’enfant. Publié aux éditions Trécarré.

Regards sur la mondialisation

La mondialisation est à la fois une notion théorique et une réalité, celle de l’après-guerre froide. Elle domine une grande partie des analyses en sciences sociales ainsi que les rapports économiques et politiques qui se tissent entre ses principaux acteurs: États, firmes multinationales et organisations internationales. Malgré cette domination, jamais la mondialisation n’a été aussi sévèrement critiquée, souvent par les pays riches, les mêmes qui, à priori, devaient en retirer le plus de bénéfices. Une réflexion s’impose sur ce phénomène, toujours difficile à cerner, qui a créé de vastes inégalités. L’ouvrage collectif Mondialisation et connectivité, publié sous la direction de Michèle Rioux et d’Éric Boulanger, professeure et chargé de cours au Département de science politique, ainsi que d’Éric Mottet, professeur au Département de géographie, rassemble les contributions de chercheurs du Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CÉIM) portant sur trois enjeux de la mondialisation: le commerce, l’investissement et le travail. Il se veut un bilan des recherches des auteurs et un outil visant à faciliter l’établissement de liens de complémentarité entre les études faites sur le sujet. Paru aux Presses de l’Université du Québec.

Une cause féministe

«La prostitution a été au cœur de débats récurrents au sein des mouvements féministes tout au long du 20e siècle et en est aujourd’hui encore une des principales lignes de fracture», écrit la professeure du Département d’histoire Yolande Cohen dans son ouvrage Prostitution et traite des femmes. Une cause féministe en France et au Canada au tournant du XXe siècle. La division actuelle entre abolitionnistes de la prostitution et militantes en faveur de la reconnaissance des travailleuses du sexe fait écho au débat ancien entre réglementaristes et abolitionnistes, qui animait les mouvements féministes en Europe et en Amérique du Nord au tournant du 20e siècle. «Questions centrales qui traduisent les conceptions féministes de la sexualité et des rapports entre les femmes et les hommes dans l’espace public, la prostitution et la traite humaine suscitent la mobilisation de groupes de femmes très divers, qui en font la cause des femmes», souligne Yolande Cohen. Cette cause revêt tantôt l’aspect d’un problème social, d’une question de morale ou de santé publique. La professeure rend compte de la complexité des revendications en analysant les discours et pratiques des différents groupes féministes. Paru chez Del Busso éditeur.

La diplomatie des nations minoritaires

Pourquoi le Québec est-il si actif sur la scène internationale ? Qu’adviendra-t-il de la diplomatie catalane après la répression du mouvement sécessionniste par Madrid ? Comment expliquer la normalisation de la diplomatie flamande ? Voilà quelques cas de figure auxquels s'intéressent les contributeurs de Paradiplomatie identitaire: nations minoritaires et politiques extérieures, paru sous la direction du professeur du Département de science politique Justin Massie et de la candidate à la maîtrise Marjolaine Lamontagne (B.A. relations internationales et droit international, 2017). L'ouvrage propose un portrait comparatif et actualisé de la diplomatie des nations dites «minoritaires», d'où l'appellation «paradiplomatie identitaire», en s'intéressant plus spécifiquement au nationalisme qui anime et structure les relations extérieures de ces nations non souveraines que sont l'Écosse, la Catalogne, la Flandre, la Wallonie, le Pays basque et le Québec. Des sociétés qui continuent de s'affirmer en tant que peuples distincts et de progresser sur la scène internationale en développant ce qui s'apparente à des «politiques étrangères» de plus en plus ambitieuses. «Les évolutions les plus récentes de la paradiplomatie sont autant, sinon davantage, le fruit d'une volonté de défendre une identité distincte au sein comme à l'extérieur d'un État multinational que des pressions exercées par la mondialisation», soulignent les auteurs. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

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