Lectures d'octobre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

15 Octobre 2019 à 15H12

Série «Titres d'ici»

Ré-imaginer le Canada

Les démocraties libérales contemporaines se caractérisent par une grande diversité, laquelle contribue à leur complexité. Selon le doctorant en science politique Félix Mathieu et le doctorant en droit de l’Université Laval et de l’Université catholique de Louvain Dave Guénette, codirecteurs de l’ouvrage collectif Ré-imaginer le Canada. Vers un État multinational?, la fédération canadienne est représentative des défis que pose la recherche actuelle d’un vivre-ensemble. Dans sa décision de 1998 au sujet du Renvoi relatif à la sécession du Québec – qui est au cœur des contributions réunies dans l’ouvrage –, la Cour suprême du Canada reconnaissait quatre principes sous-jacents à l’ordre politico-constitutionnel canadien: le fédéralisme, la démocratie, le constitutionnalisme et la protection des minorités. Ces principes, affirment les deux doctorants, représentent des postulats normatifs nécessaires pour penser l’aménagement de la diversité, non seulement au Canada mais aussi dans d’autres sociétés complexes. Les auteurs ayant collaboré à l’ouvrage proposent des pistes de réflexion sur la valeur de ces principes afin de ré-imaginer le Canada sur des bases plus hospitalières à l’égard de tous les partenaires de l’association politique. Paru aux Presses de l’Université Laval.

Les legs interculturels d'un chantier

Depuis 2009, la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, a été transformée en mégacomplexe hydroélectrique par Hydro-Québec. Au point culminant des travaux, plus de 2 000 personnes y ont œuvré : ils ont déboisé et construit une route, des campements, quatre barrages et autant de centrales et de réservoirs, pour un coût estimé à 6,5 milliards de dollars. Cet ambitieux projet, qui s'achèvera en 2021, se situe en plein cœur du Nitassinan, territoire ancestral des Innus, et de la municipalité régionale de comté de Minganie. S’agit-il d’une occasion pour les membres des différentes communautés innues et minganoises de se rapprocher, celles-ci partageant plusieurs enjeux communs de développement? Quelle est la place des Innus au sein de ce projet d’envergure? Comment se décline la vie quotidienne des travailleurs des mégachantiers nordiques d’aujourd’hui? Quels sens confèrent-ils à la mobilité, au travail et à leur espace social ? Voilà autant de questions explorées dans Des ponts interculturels à la rivière Romaine? Développement nordique et territorialités innues, de la professeure du Département de géographie Laurie Guimond et de la diplômée Alexia Desmeules (B.Sc. Urbanisme, 2014; M.Sc. Géographie, 2017), conseillère à la Direction des négociations et de la consultation du Secrétariat aux affaires autochtones. Leur ouvrage est le fruit de séjours intensifs sur le terrain et d'entrevues approfondies menées auprès de travailleurs non autochtones et autochtones du chantier et d'acteurs-clés régionaux. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

Le web raconté autrement

Saviez-vous qu’internet a vu le jour dans un tout petit local oublié de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN)? Que la création d’Airbnb a été financée par la vente de céréales? Que le LSD a contribué à plusieurs innovations majeures dans le secteur des technologies? Le web pullule d’histoires peu connues, souvent insolites, parfois incroyables, mais toujours passionnantes. Autant de trajectoires humaines, de rencontres improbables, d’idées farfelues qui ont construit le réseau informatique mondial universellement utilisé aujourd’hui.  De 4Chan à zettabyte, en passant par CaraMail, DNS, FoMO, ICQ, Steve Jobs, la nomophobie, le Turc mécanique d'Amazon et le verbe ubériser, le journaliste et animateur Matthieu Dugal (B.A. science politique, 2000) et le sociologue et chargé de cours au Département de communication sociale et publique Fabien Loszach (Ph.D. sociologie, 2014) nous entraînent dans une plongée fascinante au cœur des petites et grandes histoires du web avec WIKI, GIF & LSD – L'Encyclopédie anecdotique du Web. «Entre l'essai fouillé et les innombrables fiches Wikipédia  souvent les seuls accès du grand public à ce monde infini que constitue le numérique – cette encyclopédie sans prétention veut construire des ponts entre ce public et des concepts dont il est impératif qu'ils soient racontés», souligne Matthieu Dugal. Un ouvrage drôlement bien fouillé, à la fois ludique et informatif. Publié chez Cardinal.

La fabrication du littéraire

Publié une première fois en 1989, l’ouvrage L’institution du littéraire au Québec, aujourd’hui réédité, marque un tournant. La grande nouveauté du travail de son auteure, la professeure du Département d’études littéraires Lucie Robert, résidait et réside encore dans le fait que personne, avant elle, n’avait mis au jour, en contexte canadien-français puis québécois, le mécanisme de fabrication du littéraire comme valeur indépendante du texte lui-même. Lire cet essai permet de parcourir toutes les étapes de la structuration du champ littéraire québécois, du milieu du 19e siècle à la crise de 1929, et la manière dont il a acquis son autonomie. Inscrivant sa pensée dans une perspective sociologique, Lucie Robert décrit les rapports entre le politique, l’économique et la littérature ainsi que leurs ramifications historiques et culturelles pour en dévoiler les incidences sur la formation d’une institution littéraire au Québec. Elle montre que les instances de légitimation de la littérature – associations, prix, professionnalisation de l’écriture –, qui permettent la formation sociale du littéraire, sont restées sensiblement les mêmes à toutes les époques, même si elles se présentent parfois sous de nouveaux habits et interagissent entre elles différemment. Paru aux presses de l’Université Laval.

Sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire représente l’un des plus vieux enjeux dans l’histoire de l’humanité. Dans plusieurs régions du globe, l’insécurité alimentaire est présente de manière quasi permanente, alors qu’elle surgit ailleurs de façon intermittente, parfois sous des formes extrêmes: crises alimentaires, famines, etc. Au Québec, à l’instar de la plupart des pays du Nord, ce type d’insécurité existe aussi, même si son ampleur est moins grande. Des individus, des groupes, des populations entières y font face, entre autres à cause de l’inaccessibilité physique des aliments, de la précarité financière et de la vulnérabilité socio-sanitaire des gens, ou de l’insalubrité et de la perte des ressources productives. L’ouvrage collectif Pour la sécurisation alimentaire au Québec, publié sous la direction des professeurs du Département de géographie Mélanie Doyon et Juan-Luis Klein, illustre les processus permettant de lutter contre cette insécurité. Divers auteurs mettent en lumière les dimensions territoriales de la sécurisation alimentaire au Québec, en portant une attention particulière aux dynamiques des acteurs et à la mobilisation des ressources. Ils présentent des cas issus des milieux urbains, ruraux et péri-urbains. Paru aux Presses de l’Université du Québec.

Un projet social, environnemental et artistique

Lancé par la doctorante en études et pratique des arts Anne Deslauriers (M.A. arts visuels et médiatiques/éducation, 2012), auparavant enseignante en arts plastiques au secondaire et chargée de cours à l’École des arts visuels et médiatiques, le projet artistique et écosociologique La grande migration s’est déroulé durant l’année scolaire 2018-2019 dans plusieurs classes du primaire, du secondaire et d’éducation aux adultes. Sous forme de récits poétiques et de créations autour du thème de la bernache du Canada, le projet avait pour objectif de sensibiliser les élèves aux enjeux environnementaux liés à la reproduction de ces oiseaux, à l’occupation du territoire et au phénomène des migrations, humaines et animales. La classe de l’enseignante a fabriqué des oiseaux en papier mâché recyclé de manière à composer une colonie qui s’est promenée de classe en classe au Québec. Chaque classe participante recevait les oiseaux et les élèves étaient libres d’en fabriquer de nouveaux, pour ajouter à la colonie, ou de réparer ceux qui étaient «blessés». L’ouvrage La grande migration: les arts plastiques pour un monde meilleur témoigne des différentes étapes de la réalisation du projet tout en présentant des poèmes et des textes des participants, des photos montrant les oiseaux de papier, un tracé de leur parcours migratoire et des portraits des enseignants participants. Publié aux éditions JFD.

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