Louise Richer, marraine de l'humour

La fondatrice de l'École nationale de l'humour forme depuis 30 ans la majorité des humoristes du Québec.

9 Juillet 2019 à 8H52

Série L'esprit UQAM
On les reconnaît à leur audace, à leur esprit d’innovation, à leur sens de l’engagement. Ils ont «l’esprit UQAM». À l’occasion du 50e, des diplômés qui ont fait leur marque dans toutes les sphères de la société évoquent leur parcours uqamien. Cette série a été créée pour le site web UQAM: 50 ans d'audace.


Depuis 30 ans, l'École nationale de l'humour (ÉNH) forme la grande majorité des humoristes et des auteurs qui font rire le Québec. Derrière ce succès phénoménal se trouve une femme, sa fondatrice et directrice générale, Louise Richer (B.Sp. psychologie, 1976). Celle que l'on surnomme «la marraine de l'humour» n'a pas perdu le feu sacré. Pour elle, un humoriste, cela se forme, et elle n'a de cesse de repenser et d'enrichir la formation de ses étudiants. «L'objectif est qu'ils acquièrent la meilleure efficacité comique, bien sûr, mais nous souhaitons également les outiller pour qu'ils comprennent le monde dans lequel ils évoluent», expliquait-elle à Actualités UQAM en 2010, alors que l'UQAM lui décernait un prix Reconnaissance.

Investie de l'Ordre du Canada en 2016 pour sa contribution à l’épanouissement des arts du spectacle en tant que directrice de l’ÉNH, Louise Richer lie son intérêt pour l'humour à son intérêt pour le comportement humain, qui l'avait poussée à étudier en psychologie au début des années 1970, avant de bifurquer vers le théâtre. «À la base, le rire fait partie de notre vie, de notre condition d'être humain, c'est un mécanisme d'intégration sociale», note celle qui a toujours poursuivi en parallèle sa carrière de comédienne au cinéma et à la télévision (Les Voisins, Cruising Bar, Un gars, une fille et Catherine, entre autres).

Louise Richer, qui a réuni praticiens et chercheurs à l'UQAM lors de deux colloques sur l'humour, en 2008 et en 2013, caresse un rêve: voir son alma mater créer une chaire de recherche sur le rire. Un mécène dans la salle?

Quel type d'étudiante étiez-vous?

Le mot qui me vient spontanément à l'esprit pour caractériser cette époque est «effervescence». Nous vivions les débuts de l'UQAM et j'embrassais cette ambiance stimulante. J'étais une étudiante engagée et studieuse, mais je faisais mes travaux à la dernière minute!

Que rêviez-vous de devenir?

Je voulais devenir psychologue. Après le bac, j'ai poursuivi à la maîtrise et je planchais sur un mémoire portant sur le renforcement de la motivation intrinsèque… mais la vie m'a amenée ailleurs!

Quelle idée, quel concept, quel buzzword était à la mode dans votre domaine à l'époque de vos études?

Psychanalyse, behaviorisme… En psychologie, il y avait de grands débats entre les différentes écoles de pensée.

Quel était l'endroit préféré des étudiants pour se réunir?

Sans l'ombre d'un doute LUDUCU, un bar situé en demi sous-sol dans le bâtiment du collège Sainte-Marie. C'est là qu'ont débuté Beau Dommage et Zachary Richard. J'y côtoyais Claude Meunier, Serge Thériault, Pierre Huet, Jacques Grisé, Michel Rivard. Il y avait une effervescence culturelle inspirante!

Pouvez-vous nommer un professeur, une phrase ou un cours qui vous a marquée?

Mon directeur de maîtrise Camil Bouchard, qui faisait preuve de sensibilité et qui a influencé ma façon de concevoir la pédagogie, en dosant exigence et bienveillance. À l'École nationale de l'humour, notre approche avec chaque étudiant est la suivante: nous accompagnons un artiste, certes, mais aussi un citoyen et un être humain.

Que souhaitez-vous à l'UQAM pour ses 50 ans?

Je lui souhaite que les perceptions négatives à son égard cessent, car l'UQAM est à l'avant-garde dans plusieurs disciplines. Et pourquoi pas… une chaire de recherche sur l'humour!

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