Nouvelles chaires stratégiques

Les professeurs Florent Barbecot, Janie Houle, Julien Martin et Lekha Sleno en sont les titulaires.

15 Janvier 2019 à 9H26, mis à jour le 18 Janvier 2019 à 15H00

Photo: Istock

Le Conseil d'administration de l'UQAM a approuvé la création, le 18 décembre dernier, de quatre nouvelles chaires stratégiques pour un mandat de trois ans. Leurs programmes de recherche portent sur l'hydrogéologie urbaine, les inégalités sociales en santé, l'impact local des firmes multinationales et la bioanalytique. Elles s'ajoutent aux 19 autres chaires stratégiques mises sur pied depuis 2014.

Lancé à l'automne 2013, le programme des chaires stratégiques de recherche vise à soutenir le développement de la recherche et de la création à l'UQAM, en particulier dans des domaines émergents, intersectoriels ou novateurs. Les chaires sont attribuées à un seul titulaire par voie de concours selon les critères suivants: le potentiel d'innovation des travaux proposés et de collaborations internes et externes, les retombées scientifiques, sociales et culturelles, ainsi que l'intégration et l'encadrement des étudiants.

Hydrogéologie urbaine

Florent Barbecot. Photo: Canal Savoir

Assurer la pérennité des ressources en eau en milieu urbain constitue l'un des défis les plus importants du 21e siècle en matière de développement. La Chaire de recherche en hydrogéologie urbaine et en adaptation du cycle hydrogéologique, dont le titulaire est le professeur Florent Barbecot (Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère), développera des outils de diagnostic et d'anticipation concernant les effets couplés du développement des structures urbaines et des forçages des flux d'eau, d'énergie et de solutés. Appuyée par le Centre de recherche en géochimie et géodynamique (Geotop), la chaire vise à fédérer les travaux d'une équipe interdisciplinaire de chercheurs – géochimistes, hydrogéologues, biologistes, géographes, économistes – portant sur les différents mécanismes de contrôle et de rétroaction du cycle de l'eau et des ressources en eaux souterraines dans les milieux urbains et péri-urbains. Constituant plus de 95 % des ressources en eau douce disponibles pour le développement des villes, les nappes d'eau souterraine jouent un rôle particulièrement important. Elles assurent la continuité du cycle hydrologique, soutiennent l'ensemble des eaux de surface (lacs et rivières) et alimentent les ressources d'eau potable. Avec l'expansion urbaine, leur contribution au renouvellement et à l'épuration des systèmes de surface se dégrade et des solutions favorisant leur préservation doivent être trouvées.

Inégalités sociales en santé

Janie Houle. Photo: Nathalie St-Pierre

La professeure du Département de psychologie Janie Houle est la titulaire de la Chaire de recherche sur la réduction des inégalités sociales en santé, dont l'objectif  est de favoriser le développement de la recherche dite interventionnelle en santé des populations, en collaboration avec des personnes de milieux socio-économiques défavorisés. La chaire vise à développer le pouvoir d'agir de ces personnes sur leur milieu de vie ainsi que leur capital social et socio-territorial (relations avec les voisins, les intervenants et les décideurs), à comprendre comment transformer leur environnement résidentiel et à identifier les changements à apporter aux services de première ligne en santé. Un environnement résidentiel sain (qualité de l'air, sécurité) est un déterminant social de la santé particulièrement puissant et une cible privilégiée des interventions visant à réduire les inégalités. Pour que les services de première ligne soient équitables, il est primordial de réduire la distance institutionnelle entre les personnes qui les élaborent et les dispensent et les populations vulnérables qui les reçoivent. L'un des aspects distinctifs de la chaire sera le pouvoir accordé aux personnes de milieux socio-économiques défavorisés. Celles-ci participeront aux prises de décision, à la collecte de données ainsi qu'à l'interprétation et à la diffusion des résultats des recherches.

Chaires prolongées

Le Conseil d'administration de l'UQAM a également accepté de prolonger le mandat de deux autres chaires stratégiques pour deux années supplémentaires:

- Chaire de recherche en psychologie politique de la solidarité sociale. Titulaire: Allison Harell (Département de science politique);

- Chaire de recherche sur la transition vers la durabilité des grandes cultures. Titulaire: Marc Lucotte (Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère).

Impact des firmes multinationales

Julien Martin. Photo: Émilie Tournevache

Présentes dans tous les secteurs de l'économie, les firmes multinationales posent des défis particuliers aux autorités publiques. Comment leurs activités à l'étranger affectent-elles l'économie des pays, des régions et des villes où elles opèrent? Quelle fiscalité faut-il adopter? Doit-on réguler les multinationales du numérique? Ces questions seront étudiées par la Chaire de recherche sur l'impact local des firmes multinationales, dont le titulaire est le professeur Julien Martin, du Département des sciences économiques. Le programme de recherche de sa chaire prendra la forme de trois chantiers. Le premier consiste à documenter la structure des réseaux internationaux des firmes multinationales et à évaluer leur rôle dans la transmission des chocs (modifications imprévues des conditions de production) dans l'économie. Le second analysera l'effet de l'évitement fiscal des firmes multinationales sur la concurrence et les comportements des entreprises locales.  Le troisième intégrera les géants du numérique dans l'étude des interactions entre les activités des multinationales et les économies locales. Les travaux seront menés en collaboration avec, notamment, la Chaire d'information financière et organisationnelle (CIFO), la Chaire de recherche du Canada sur les répercussions régionales de la mondialisation, le Centre d'étude sur l'intégration et la mondialisation (CEIM) et le Laboratoire de recherche sur les technologies du commerce électronique (LATECE).

Bioanalytique

Lekha Sleno. Photo: Émilie Tournevache

La professeure du Département de chimie Lekha Sleno est la titulaire de la Chaire de recherche en métabolomique et en protéomique, deux domaines scientifiques en émergence. Son objectif principal est de développer des méthodologies novatrices pour étudier des mécanismes biochimiques perturbés en lien avec la toxicité des xénobiotiques (molécules étrangères présentes dans le corps humain ou les tissus d'un organisme vivant) et les maladies. À l'aide d'une plateforme de pointe en spectrométrie de masse, la chaire analysera les métabolites endogènes et exogènes ainsi que les modifications de protéines. Elle s'intéressera notamment à la toxicité induite par des médicaments, dont les mécanismes impliqués sont encore mal compris, et à ses répercussions sur l'ensemble du corps humain. Par exemple, l’acétaminophène – un analgésique couramment employé pour combattre la fièvre – est la première cause de l'hépatotoxicité en Amérique du Nord, un problème de santé ayant une grande importance clinique. En plus des médicaments, il existe une grande quantité de molécules dans notre environnement ayant des effets potentiellement néfastes. La chaire travaillera ainsi sur le métabolisme d'herbicides, de bisphénols et d'écrans solaires. Sa création permettra de poursuivre et d'amorcer de nouvelles collaborations avec des chercheurs en santé, en toxicologie, en biomatériaux et en environnement.

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