La nuit des idées, prise 2

La Galerie de l’UQAM et le Consulat général de France proposent une seconde édition québécoise de l’événement international.

21 Janvier 2019 à 15H01

Scène de l'édition 2018 de La Nuit des idées. Photo: Karine Gagné

La Galerie de l’UQAM et le Consulat général de France à Québec présentent, le 31 janvier prochain, une nouvelle édition de La nuit des idées en sol québécois. Sous le thème «Le présent suspendu», l’événement rassemblera six personnalités pour une soirée de réflexions et d'échanges, qui se déroulera à l'Agora du pavillon Judith-Jasmin (18 h 30 à 21 h 30).

Lancée par l’Institut français, à Paris, et soutenue par la Fondation de France, La nuit des idées a lieu une fois par an, à la même date sur les cinq continents, ralliant des milliers de personnes pour une nuit de débats interdisciplinaire et intergénérationnelle autour d’une thématique commune. L'an dernier, La nuit des idées avait réuni 200 00 participants dans 120 villes à travers le monde, dont 1 200 personnes à l'UQAM.

Cette année, les activités de La nuit des idées auront aussi lieu simultanément à la Place des arts, à Montréal, et à la Maison de la littérature, à Québec, ainsi qu'à l'Alliance française d'Ottawa (30 janvier) où Laurent Lepage, professeur associé à l'Institut des sciences de l'environnement, et Philippe Gachon, professeur au Département de géographie, discuteront des migrations climatiques. Selon les fuseaux horaires, les échos de cet événement international se répercuteront un peu partout via les réseaux sociaux.

Le présent suspendu

«Face au présent» est la thématique mondiale de l'édition 2019 de La nuit des idées, qui se déclinera différemment selon les endroits. À Montréal, la Galerie de l'UQAM propose des discussions autour du thème «Le présent suspendu», inspiré de l'exposition L'attente (voir encadré) qui occupe ses salles jusqu'au 23 février. 

Des millions d’êtres humains vivent dans un présent suspendu par l’attente: attendre ses papiers d’immigration, le téléchargement d’images, le retour des vacances, la fin de l’hiver, la naissance d'un enfant,  l’inspiration, le succès, l’ami…  Pour rompre avec le malaise de l’attente,  bien souvent nous nous agitons frénétiquement, conscients que le temps s’absente pour ne pas revenir.

Afin d’explorer les multiples avenues soulevées par ce thème, la Galerie de l’UQAM a invité six personnes engagées. Animée par la journaliste et écrivaine Marie-Andrée Lamontagne, la soirée sera organisée autour de deux discussions et d’une prise de parole.

L'exposition L’attente

L’exposition propose d’explorer le temps du travail, un aspect particulier de notre relation avec le temps, qui occupe une place centrale dans nos vies. Présentant des œuvres déjà existantes, des documents d’archives et de nouvelles créations, L’attente offre un lieu d’échange et de réflexion.

L'exposition réunit les artistes suivants: Jeremy Deller, K. Deepika, A. Kameshwaran, M. Sinduja, A. Thalamuthu et K. Padmapriya, Virginie Laganière (M.A. arts visuels, 2007), Antje Ehmann, Harun Farocki, Emmanuelle Léonard (M.A. arts visuels et médiatiques, 2002), Alain Parent et le chargé de cours à l'École de design Jean-Maxime Dufresne (M.A. communication, 2000).

La première conversation réunira Corinne Diserens, commissaire et historienne de l'art, Fabrizio Gallanti, commissaire de l’exposition L’attente, et Louise Déry, directrice de la Galerie. Elle mettra en relation le contexte de l’attente dans les œuvres de l’exposition et ouvrira sur les notions de pratique et de carrière dans un monde de l’art marqué par l’événementiel et les forces de l’instant présent.

La doctorante en histoire Camille Robert (M.A. histoire, 2017), l'une des lauréates 2018 de la bourse Vanier, parlera ensuite de l’ouvrage collectif qu'elle a codirigé: Travail invisible. Portraits d'une lutte féministe inachevée (Éditions du Remue-ménage). Celui-ci vise à sortir de l’ombre la contribution marquante des femmes à de multiples tâches: la charge mentale de l’organisation familiale et du travail ménager, les tâches au quotidien réalisées en tant que proche aidante ou aide familiale, le travail des étudiantes stagiaires et même celui effectué par les travailleuses du sexe.

La seconde conversation mettra en présence l'essayiste et journaliste française Laure Adler et la chroniqueuse Francine Pelletier pour dresser un état des lieux des pratiques des femmes dans les domaines sociaux, culturels et artistiques. En lien avec la question du présent suspendu, il sera question de ces chercheuses, auteures et artistes dont le travail de création demeure souvent dans les marges du temps, en attente d’un présent qui tarde à les reconnaître.

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