Parkinson: révolutionner l’exercice

Des chercheurs testeront de nouveaux programmes d’activité physique adaptés aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

9 Décembre 2019 à 14H50

Les chercheurs connaissent déjà les effets bénéfiques de l’activité physique sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.  Photo: Getty Images

Les chercheurs connaissent déjà les effets bénéfiques de l’activité physique sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. «Une fois l’hiver arrivé, toutefois, les gens ont tendance à restreindre leurs sorties à l’extérieur de peur, par exemple, de chuter», fait remarquer le professeur du Département des sciences de l’activité physique Christian Duval, un spécialiste des maladies neurodégénératives.

Afin de motiver les personnes souffrant de la maladie de Parkinson à faire de l’activité physique, le professeur et son équipe ont conçu un programme d’entrainement à la fois simple et ludique, qu’il est possible de faire à la maison en utilisant une sorte de console de jeu et sa technologie. «L’environnement du programme ressemble quelque peu à celui que l’on retrouve dans un jeu vidéo. Par exemple, dans une scène, les participants doivent se pencher et se déplacer à répétition pour éviter un obstacle, donc travailler l’équilibre et la force des jambes», précise Christian Duval, également directeur du laboratoire d’évaluation des troubles du mouvement du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. «L’idée, c’est de donner de nouvelles options aux gens pour pratiquer une activité physique», poursuit le professeur, qui développe des méthodes afin d’améliorer le suivi des patients ayant la maladie de Parkinson. Une autre version du programme d’entraînement adapté, cette fois sans le recours à une console de jeu, a aussi été créée.

Participants recherchés

Pour les besoins de l’étude, l’équipe de chercheurs est à la recherche d’une quarantaine de personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Celles-ci doivent être âgées de 50 ans et plus, ne pas souffrir de problèmes orthopédiques majeurs, être capables de se déplacer sans aide, mais ne pas être très actives physiquement. Les participants devront être disponibles pour une durée d’environ quatre mois (16 semaines). Les personnes intéressées peuvent contacter Sarah Bogard, gestionnaire de projets du laboratoire d'évaluation des troubles du mouvement de Christian Duval, à l’adresse suivante: sarah.bogard.sb@gmail.com

Au cours de la prochaine année, les chercheurs procéderont à l’évaluation du programme d’exercices adaptés et en mesureront l’efficacité quant à la mobilité des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. La force musculaire, la vitesse de marche et la composition corporelle (le pourcentage de masse grasse et de masse maigre, la densité osseuse, etc.) des participants comptent parmi les données qui seront compilées avant et après avoir suivi le programme d’activité physique adaptée. Les chercheurs pourront également comparer l’efficacité des deux programmes d’activité physique, soit celui avec la technologie de console de jeu et celui sans cette technologie. Les données seront recueillies au laboratoire ainsi qu’à distance.

Dirigé par Christian Duval, le projet est mené en collaboration avec sa collègue du Département des sciences de l’activité physique, Mylène Aubertin-Leheudre, Patrick Boissy, chercheur au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l’Estrie – CHUS, Jean-François Daneault (B. Sc. kinésiologie, 2007; M. Sc. kinanthropologie, 2009), professeur au Département de réhabilitation et des sciences du mouvement de la Rutgers University, au New Jersey, et Philippe Huot, neurologue et chercheur de l’Université McGill.

La recherche est subventionnée par le Weston Brain Institute, un institut privé canadien axé sur les découvertes dans le traitement des maladies neurodégénératives liées à la vieillesse, comme les maladies d'Alzheimer et de Parkinson ainsi que la démence fronto-temporale. L’Institut finance les recherches novatrices et à haut risque en neurosciences, sans visée commerciale, menées par des neuroscientifiques canadiens. L’Institut fait partie intégrante de la W. Garfield Weston Foundation, qui soutient depuis 60 ans la recherche dans les domaines médical, de l’environnement et de l’éducation.

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